"Marche avec les loups" tourné dans le Jura : un documentaire qui crispe les éleveurs

Publié le 12/01/2020 - 18:05
Mis à jour le 11/01/2020 - 08:21

Le cinéaste Jean-Michel Bertrand retrace le voyage des loups des Alpes vers de nouveaux territoires du Jura dans « Marche avec les loups », en salle mercredi 15 janvier 2020, un film qui fait grincer des dents certains éleveurs, reprochant à leur auteur d’être « pro-loup ».

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Dans cette aventure "brute" selon son auteur, documentaire à la frontière de la fiction, le réalisateur témoigne de la reconquête progressive des massifs du Jura par les jeunes loups, où cet animal avait été chassé au siècle dernier.

Le film prolonge la quête débutée par Jean-Michel Bertrand avec "La vallée des loups", sorti en 2016 et qui avait fait près de 200.000 entrées. Il y relatait sa recherche du mythique loup gris pendant trois ans dans une vallée.

Après deux ans d'immersion pour retracer le voyage des jeunes individus, qui quittent la meute une fois devenu adultes, le réalisateur utilise dans "Marche avec les loups" des caméras camouflées qui se déclenchent sur leur passage, gardant toujours une distance respectueuse avec ces animaux sauvages.

"Ce film montre la fabuleuse résilience d'une nature bafouée qui se reconstitue"

Jean-Michel Bertrand partage l'intimité de son quotidien avec le spectateur, au gré du changement des saisons et des rencontres inattendues, s'interrogeant sur l'impact de l'homme sur son environnement.

"Ce film montre la fabuleuse résilience d'une nature bafouée qui se reconstitue", se réjouit le réalisateur, originaire des Hautes-Alpes, qui a parcouru le monde pendant trente ans pour réaliser des documentaires et travaillé aussi sur le retour de l'aigle royal dans les Alpes en 2011.

Mais la sortie du film a suscité la colère de certains éleveurs, pour qui le loup est un sujet sensible face à la recrudescence d'attaques de troupeaux dans les alpages.

"Trois menaces de mort" envoyées au réalisateur

Accusé d'être "pro-loup", Jean-Michel Bertrand a indiqué avoir même reçu "trois menaces de mort" avant la sortie de son film. "Il faut aller vers un dialogue (...) et ne pas entretenir les fractures, regrette-t-il, car le retour du loup est une évidence".

La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) des Hautes-Alpes avait appelé à une mobilisation contre le film en fin de semaine dernière à Gap (Hautes-Alpes), avant de finalement l'annuler face à des protestations d'internautes.

Infos +

Avec 530 individus estimés, la population de loups en France dépasse 500, nombre considéré par le plan loup adopté en 2018 comme le "seuil de viabilité démographique".

Depuis juin 2018, ce plan fixe des quotas d'abattage pour ramener à 500 le nombre d'individus sur le territoire, une mesure décriée par les associations de protection qui estiment qu'elle n'est pas compatible avec le statut menacé de l'espèce.

(AFP)

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