Mythes et légendes de Franche-Comté : « Colbus »

Publié le 31/10/2013 - 14:37
Mis à jour le 31/10/2013 - 15:05

Cette semaine, à l'occasion de la fête d'Halloween, nous vous proposons une histoire, une légende, ou un mythe de Franche-Comté chaque jour. Ce jeudi, voici Colbus, une histoire mystèrieuse qui se déroule dans la forêt de Chailluz dans le Grand Besançon...

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« Près de Besançon, au cœur de la forêt de Chailluz existe entre autres lieux mal famés, une vallée sans issue qui s’appelait autrefois « la Combe de l’Ermite » et qui, par de diaboliques circonstances se nomme aujourd’hui « la Combe de l’Homme Mort ».

Il y a 400 ans, un vieil homme décide de se retirer du monde pour vivre en ermite dans la solitude et le recueillement de la forêt. Nul ne sait comment il parvient à survivre et à se nourrir. Le bruit se répand vite que le Foletot, roi des Esprits des grottes, une riche Dame-Blanche et la Vouivre elle-même le visitent fréquemment pour ses sages conseils, le couvrant en retour de mille trésors. Le fait devient si répandu, qu’un jeune homme envieux et toujours en quête de fortunes, nommé Colbus décide de s’emparer du trésor de l’ermite que l’on dit colossal. Il se rend un soir dans la grotte du vieillard, l’égorge sans pitié puis fouille et retourne sens dessus-dessous les maigres affaires de l’ermite. Il ne trouve pour solde de son crime qu’une petite bourse contenant des médailles pieuses en cuivre, et la perte de son âme qui revient, suite au meurtre, dans les griffes du Diable.

Un pacte infernal est signé. Méphisto se montre bon prince des ténèbres avec le pauvre Colbus qui mène pendant cinquante ans une vie de richesse et de luxure. Ce qui était, somme toute, la contre-partie de son âme perdue. On ne parle de lui que comme d’un grand seigneur ami des plaisirs, superbe, oisif adoré de toutes les femmes, jalousé de tous les maris.

Pourtant, un soir de terrible orage, voilà que notre richissime criminel se trouve perdu dans la tourmente, au milieu des éclairs sous une pluie torrentielle. Abandonné par son cheval qui s’est précipité dans un ravin, Colbus est accueilli dans une petite chaumière de bûcheron isolée, sise un milieu de « la Combe de l’Ermite ». Il raconte son aventure à ses hôtes lorsqu’on frappe de nouveau à la porte. Entre alors un singulier personnage, pauvrement vêtu, petit et osseux, le corps frêle mais avec un visage fascinant au milieu d’une blanche chevelure tourmentée et réhaussée par des yeux où flamboye une étrange lueur. Tous s’installent autour du feu et racontent de vieilles histoires de veillée. Alors le petit vieux demande à la bûcheronne si elle connaît la légende du pauvre ermite assassiné. L’hôtesse rapporte cette sombre affaire et Colbus reste silencieux, pâle et torturé au souvenir de son horrible crime et de son pacte avec le Diable qu’il avait depuis longtemps oublié.

Le vieillard remarque son malaise et éclate d’un rire sardonique. Il lui dit d’une voix grinçante : « Hé bien, jeune homme, il semblerait que la légende du pauvre ermite ne vous plaise guère. L’auriez-vous connu par hasard ? » Saisi tout à coup de panique, ne supportant plus l’odeur de souffre qui émane du petit homme, Colbus sort de la chaumière précipitamment et, sans répondre, se sauve dans la tempête. Quelques instants passent et le petit vieux, les yeux étincelants, dit aux bûcherons : « Je vais aller à la recherche de ce jeune homme, il m’avait l’air effrayé et je crains pour sa santé par ce violent orage ». Puis il sort, laissant derrière lui une traînée sulfureuse.

Le lendemain, on retrouva au milieu du bois, près de la petite grotte où avait vécu l’ermite, le cadavre calciné de Colbus, recroquevillé sur lui-même, tordu, comme martelé par les flammes de l’Enfer. C’est depuis ce temps, dit-on, que « la Combe de l’Ermite » s’appelle « la Combe de l’Homme mort ».

(Source : Bestiaire Fantastique du pays de Comté, Jean-Louis Thouard, éditions Marie-Noëlle-


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