Quitter le salariat pour entreprendre : une reconversion qui séduit aussi à Besançon

Publié le 21/01/2026 - 10:55
Mis à jour le 25/01/2026 - 11:11

La reconversion professionnelle vers un projet entrepreneurial occupe une place croissante dans le paysage économique et social français. De plus en plus d’actifs choisissent de quitter le salariat pour créer leur propre emploi, souvent dans une recherche de sens, d’autonomie et d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Un constat partagé par la coopérative d’activités et d’emplois (CAE) Coopilote à Besançon, qui met en lumière plusieurs parcours d’entrepreneurs ayant fait le choix de l’entrepreneuriat comme voie de reconversion.

Fabien Rouvery, Christine Abt et Emile Ollivier © DR
Fabien Rouvery, Christine Abt et Emile Ollivier © DR

Coopilote accompagne des porteurs de projets entrepreneuriaux en leur proposant un cadre sécurisé et progressif. La coopérative permet de tester et de développer une activité tout en conservant une protection sociale, grâce à un accompagnement individualisé et collectif. L’approche repose sur la montée en compétences, le suivi individuel, les ateliers collectifs et l’appui d’un réseau d’entrepreneurs, afin de limiter les risques liés au lancement d’une activité indépendante.

Fabien Rouvery : changer de métier sans rupture brutale

Après près de 20 ans passés dans l’industrie, dont 10 en tant que cadre en supply chain et production, Fabien Rouvery a décidé d’opérer une reconversion radicale. Installé à Besançon, il exerce aujourd’hui comme artisan électricien et se déplace exclusivement en vélo-cargo, inscrivant son activité dans une démarche locale et cohérente avec ses valeurs. Sa reconversion, longtemps différée, s’est accompagnée de craintes partagées par de nombreux entrepreneurs en transition. ”Cette reconversion était un projet de longue date, longtemps mis de côté au profit de la stabilité du salariat et des contraintes familiales", dit-il.

Pour sécuriser son lancement, Fabien a choisi d’intégrer un cadre coopératif, lui permettant de déléguer certaines contraintes. ”J’avais besoin de déléguer la partie administrative, un peu effrayante, pour pouvoir me concentrer sur mon activité.”

Christine Abt : se reconvertir pour travailler autrement

Après plusieurs années dans l’enseignement puis dans la médiation nature, Christine Abt a ressenti la nécessité de faire évoluer son cadre professionnel. Les contraintes de déplacement et de rythme ont progressivement rendu son activité difficilement compatible avec son mode de vie. Elle se tourne alors vers l’écriture et devient biographe et rédactrice de récits collectifs, tout en animant des ateliers d’écriture, notamment autour de la nature. Cette transition s’accompagne cependant de doutes récurrents liés à l’activité indépendante.

Dans ce contexte, l’intégration de Coopilote lui a permis de "prendre le temps de construire mon activité sans être directement prise à la gorge financièrement", assure-t-elle.

Émile Ollivier : donner du sens à son activité par l’artisanat

Ancien chargé de missions humanitaires, Émile Ollivier a choisi de se reconvertir vers un métier artisanal, la boulangerie au levain. Une orientation motivée par le besoin d’un travail plus concret et ancré localement. Comme beaucoup de profils en reconversion, il a été confronté aux interrogations liées à la structuration d’un projet entrepreneurial et à la gestion administrative. L’intégration d’une coopérative lui a permis de se concentrer sur son cœur de métier tout en bénéficiant d’un cadre collectif. ”J’avais envie d’un métier qui ait du sens, qui soit manuel, qui crée quelque chose et qui m’ancre dans un territoire", raconte-t-il.

Aujourd’hui, Émile développe son activité dans le Jura, au sein d’un micro-fournil à taille humaine.

Une autre manière d’aborder la reconversion entrepreneuriale

À travers ces trois trajectoires, Coopilote met en lumière une approche de l’entrepreneuriat fondée sur la sécurisation des parcours et le collectif. La coopérative rappelle que "changer de métier ne se limite pas à acquérir de nouvelles compétences, mais implique aussi de comprendre les règles de l’entrepreneuriat et de franchir le cap sans s’exposer à des risques excessifs."

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