Saône-et-Loire : un religieux admet un viol puis le nie

Publié le 23/05/2015 - 09:07
Mis à jour le 23/05/2015 - 09:40

Un religieux de la communauté controversée de Saint-Jean a tenu en haleine vendredi la cour d’assises de Saône-et-Loire, en admettant puis niant tour à tour le viol d’une fillette roumaine dans les années 1990.

Au tribunal

Pressé de questions par l'avocat général puis par le président de la cour, Jean-Dominique Lefèvre, 66 ans, se balance sur une jambe, puis sur l'autre, avant d'admettre avoir commis une pénétration "avec les doigts". Tandis qu'il se bornait à admettre depuis le début du procès jeudi des attouchements sexuels, cet acte de pénétration est pénalement constitutif d'un viol aggravé, la victime étant mineure, et passible d'une peine de vingt ans de réclusion.

Mais quelques minutes après, stupeur: le religieux se rétracte, affirmant "n'avoir jamais commis de viol". Puis hésite, et reconnaît à nouveau. La défense obtient une courte suspension d'audience. De retour dans la salle, M. Lefèvre déclare : "Je ne sais plus où j'en suis" et il nie. Le sexagénaire sera réentendu à la reprise du procès mardi à la demande de son avocat, Me Pierre Mathieu, qui a estimé que celui-ci n'était "pas en état de répondre de manière correcte à la cour".

En marge de l'audience, Me Mathieu a souligné que cet homme, centralien, qualifié d'"érudit", avait agi "manifestement à cause d'une atteinte psychiatrique grave qui relève de la pédophilie". M. Lefèvre comparaît devant les assises pour des agressions sexuelles commises entre 1991 et 1999 sur cinq fillettes, en France et en Roumanie, ainsi que pour viols de l'une d'elle, Roumaine, et d'une jeune femme de 33 ans, en situation fragile et qui s'est suicidée.

En France et en Roumanie

Après plusieurs cas d'attouchements de fillettes en France, M. Lefèvre avait été envoyé entre 1992 et 1996 en mission en Roumanie. Vendredi après-midi, lors de son témoignage à la barre, la première victime à avoir déposé plainte en 2006, de nationalité roumaine, a raconté que la première année où elle a connu M. Lefèvre, au début des années 1990, elle était "joyeuse de le voir". Issue d'une famille pauvre, battue par un père alcoolique, la fillette, âgée alors d'une dizaine d'années, vivait dans la rue. Elle avait trouvé refuge dans une association, qui partageait ses locaux avec la communauté de
Saint-Jean.

"Le premier viol, c'était avec Jean-Dominique", a assuré la jeune femme, entre colère et sanglots, et les faits auraient eu lieu à de multiples reprises, durant plusieurs années. Elle a dit avoir également été témoin de pénétrations digitales par le religieux sur "24 ou 25" jeunes enfants dans un hôpital de Bucarest. L'accusé a de son côté admis des caresses sur "cinq autres enfants" en Roumanie. Selon l'avocat de la victime roumaine, Me Jean-Luc Sériot, M. Lefèvre "a su diaboliquement profiter d'une situation pour assouvir ses pulsions". Le verdict est attendu vendredi 29 mai, mais pourrait intervenir dès jeudi 28.

(Source : AFP)

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