Une militante de Némésis jugée pour diffamation contre l'ancienne maire de Besançon

Publié le 28/05/2026 - 08:20
Mis à jour le 28/05/2026 - 08:20

Une peine de travail d'intérêt général a été requise mercredi 27 mai 2026 à Besançon à l'encontre d'une militante du collectif d'extrême droite Némésis, jugée pour diffamation envers l'ancienne maire écologiste Anne Vignot. Le tribunal correctionnel de Besançon rendra sa décision le 3 juillet.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Poursuivie pour diffamation contre une personne dépositaire de l'autorité publique, Yona Faedda a salué ironiquement à son arrivée au tribunal la centaine de personnes venues soutenir l'ancienne édile Anne Vignot.

Le 8 janvier 2025, des militantes de Némésis s'étaient introduites dans le bâtiment où Mme Vignot présentait ses voeux. Elles avaient déployé une banderole "violeurs étrangers bienvenus", en scandant "Vignot complice", puis jeté des tracts présentant une photo de l'élue portant l'inscription "Soutien aux violeurs étrangers".

"La teneur des messages prête à Anne Vignot une position de soutien aux violeurs étrangers", ce sont des "propos diffamatoires", a estimé la procureure Solène Nonnier. L'ancienne maire est désignée comme "complice de viol", "cette allégation porte atteinte à son honneur", a-t-elle ajouté.

"Pour le collectif Némésis, un étranger est un violeur", a déploré Tewfik Bouzenoune, avocat de Mme Vignot, fustigeant "la lubie d'un collectif qui a décidé que madame Vignot devait être la cible d'attaques récurrentes".

Plusieurs actions au cours du mandat d'Anne Vignot

Le groupuscule a réalisé plusieurs actions qui ont donné suite à des dépôts de plainte au cours du mandat de l'écologiste (2020-2026).

"On ne dit pas que tous les étrangers sont des violeurs, on dit que des étrangers commettent des viols", s'est défendue Yona Faedda à la barre. La jeune femme de 21 ans, au casier judiciaire vierge, a expliqué avoir mené cette action en réponse à l'opposition d'Anne Vignot à la loi Immigration prévoyant notamment de faciliter l'expulsion des criminels étrangers.

Les "jeunes femmes qui ont rejoint le collectif Némésis ont toutes eu des histoires personnelles particulièrement éprouvantes" et sont "traumatisées par les affaires de viols" qui alimentent l'actualité, a souligné son avocat, Frédéric Pichon, qui a rejeté le caractère diffamatoire des propos incriminés. "Aucun élément ne montre que madame Vignot a été visée en qualité de maire", a-t-il soutenu, avant de plaider la relaxe.

"Némésis s'est donné pour mission de semer une forme de paranoïa dans la société (...), en disant qu'une femme ne peut plus circuler dans aucune rue sans risquer une agression", a déploré Mme Vignot devant la presse, dénonçant une "manipulation sociétale" qui, "malheureusement", trouve "parfois un certain écho".

(AFP)

Justice

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