Suisse : un responsable d'une association d'aide au suicide condamné

Publié le 01/05/2020 - 17:25
Mis à jour le 01/05/2020 - 17:25

Un responsable d’une organisation suisse d’aide au suicide, Exit Suisse romande, a été condamné en appel pour avoir aidé une femme âgée, en pleine santé, à mourir avec son mari malade, a annoncé vendredi 1er mai 2020 ce responsable, indiquant vouloir déposer un recours.

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Dans un arrêt du 20 avril, la Chambre pénale d'appel de la Cour de justice genevoise a confirmé la condamnation de première instance, à savoir 120 jours-amendes avec sursis. Pierre Beck, vice-président d'Exit Suisse romande et médecin de profession, a indiqué vendredi à l'AFP qu'il entendait déposer "un recours devant le Tribunal fédéral suisse".

Les faits incriminés ont eu lieu en avril 2017, lorsque M. Beck a assisté le suicide d'un couple d'octogénaires dont le mari était gravement malade. Le responsable d'Exit a été condamné pour avoir prescrit du pentobarbital à cette dame, en pleine santé, qui souhaitait mourir en même temps que son mari. En décembre 2015, l'épouse avait dit devant notaire qu'elle ne souhaitait pas survivre à son époux, selon la télévision suisse publique RTS, qui qualifie le couple de fusionnel.

Lors du procès en appel en mars, M. Beck avait expliqué que l'épouse avait conclu un pacte avec son mari et qu'elle était déterminée à mourir, manifestant une grande souffrance à l'idée de lui survivre.

"Elle m'a dit de manière claire et irrévocable qu'elle se suiciderait", avait-il expliqué à la Cour, a rapporté l'agence suisse ATS.

A l'époque, le critère fixé par Exit pour assister un suicide est une grande souffrance provenant d'une maladie. L'organisation a depuis élargi ces critères, incluant les personnes souffrant de polypathologies invalidantes liées à l'âge.

En Suisse, la pratique de l'assistance au suicide est encadrée par les codes de déontologie médicale et les organisations telles qu'Exit qui ont édicté leurs propres garde-fous (âge, maladies etc.), plus restrictifs que le Code pénal.

La loi stipule uniquement "que seul celui qui, +poussé par un mobile égoïste+, prête assistance au suicide de quelqu'un, est punissable"

(AFP)

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