Tests PCR : pagaille des prix et marché noir

Publié le 29/12/2020 - 10:32
Mis à jour le 12/02/2021 - 17:39

Les fêtes de fin d’année sont synonyme de ruée vers les tests PCR, exigés par certains pays comme droit d’entrée, ou tout simplement parce que certains préfèrent se faire tester avant de revoir des proches. La pagaille sur les prix règne, au détriment des plus pauvres… et de la lutte contre la pandémie, selon les spécialistes consultés.

Ecouvillon © PXB  ©
Ecouvillon © PXB ©

Quand Fithrah Auliya Ansar, venue avec sa fille et son mari assister à un mariage sur l'île de Sulawesi en Indonésie, a voulu rentrer chez elle à Sumatra, une nouvelle réglementation exigeait un test PCR. Coût prévu pour son foyer: 170 dollars. La jeune femme a décidé de retarder son retour. "Je vais attendre jusqu'à ce que le gouvernement retire la nouvelle réglementation", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Autre continent, mais situation semblable : à Rosebank, une banlieue aisée de Johannesburg, en Afrique du Sud, le test PCR, réalisé sur le parking d'un laboratoire, coûte 850 rands, soit 48 euros.

"Qui peut payer une telle somme dans ce pays ?", s'interroge la Canadienne Lauren Gelfand, qui doit faire l'examen pour pouvoir retourner chez elle, à Nairobi. A titre de comparaison, un billet d'avion pour Harare, la capitale du Zimbabwe voisine, coûte autour de 1.500 rands.

Et ce n'est pas le prix le plus élevé dans le monde, loin de là. Selon une étude du courtier en assurances April, un test PCR peut ainsi aller, en moyenne, de 54 euros en moyenne en France à 153 euros aux Etats-Unis, 250 euros au Royaume-Uni, et même 347 euros au Japon.

"Ces différences correspondent à la réalité médicale du pays. Dans certains pays, se faire soigner implique d'aller dans le privé, et cela donne des soins extrêmement chers", précise Isabelle Moins, directrice générale d'April International.

Un sésame pour voyager

Or ces tests deviennent souvent un sésame indispensable pour voyager: en novembre, l'Organisation mondiale du tourisme avait recensé 126 pays exigeant des tests PCR aux touristes internationaux.

En France, le test, remboursé directement aux laboratoires par la sécurité sociale, est gratuit quelles que soient les circonstances. Mais beaucoup de pays ne remboursent que les patients symptomatiques et, dans la meilleure des configurations, les cas contacts. De nombreux voyageurs doivent donc y mettre de leur poche.

C'est le cas au Royaume-Uni, où les tests PCR sont gratuits pour les personnes présentant des symptômes ou habitant des zones soumises au niveau de restrictions le plus élevé. Pour les autres, il faut se tourner vers des laboratoires privés. Boots, une des principales chaînes de pharmacie, propose un test à 120 livres sterling (près de 132 euros). Il coûte 249 livres à Harley Street Clinic, une clinique privée de Londres.

En Corée du Sud, en dehors de Séoul et sa périphérie, sans symptômes il en coûte 120.000 won (108 dollars).

En Espagne, le coût du test est pris en charge s'il est prescrit par un médecin. Les personnes décidant d'elles-mêmes de faire un test doivent se tourner vers le secteur privé, où il est facturé entre 115 et 180 euros, selon l'organisation de consommateurs OCU. Voire plus: une journaliste de l'AFP s'est ainsi vu proposer des tests à 250 euros en Andalousie.

Même chose en Allemagne, un pays qui table désormais sur un ciblage précis pour ses tests gratuits. Dans cet Etat fédéral, les prix diffèrent d'une région à l'autre : dès 59 euros à l'aéroport de Francfort, mais jusqu'à 190 euros dans le Bade-Wurtemberg.

Ils varient aussi en Italie, de 60 euros en moyenne dans le Latium à 105 euros en Emilie-Romagne.

Coût réel ?

Comprendre comment est fixé le prix du fameux test PCR tient du casse-tête. Avec ou sans ordonnance, dans le privé ou le public... difficile de s'y retrouver dans cette foire aux prix et aux réglementations.

Les laboratoires de biologie et les fabricants demeurent discrets sur leurs politiques tarifaires et le coût de revient réel des tests.

Selon une étude datant de juillet 2020 de l'organisation Epicentre, qui soutient les activités épidémiologiques de l'ONG Médecins sans frontières, "le coût d'un test PCR se situe entre 15 et 25 euros en fonction des méthodes et des volumes, uniquement le prix des réactifs et des consommables, sans le matériel de prélèvement type écouvillons", et sans tenir compte des salaires du personnel qui les administre, des masques et charlottes, des installations..

Le tarif de base de la sécurité sociale française, qui est de 43,20 euros payés aux laboratoires par l'Etat, avec des majorations en cas de résultats rapides, est un indicateur intéressant.

"Le prix est en général fixé par les assurances santé nationales de chaque pays", indique le groupe français d'analyses Eurofins, qui réalise plus de deux millions de tests PCR par mois.

Au-delà des voyages, l'enjeu sanitaire est considérable. Quand les tarifs sont élevés, certains peuvent renoncer à se faire tester, voire se tourner vers un marché noir de faux tests négatifs.

Beaucoup de personnes préfèrent "ne pas se faire tester faute de moyens", constate Ayman Sabae, en charge de la santé pour l'ONG l'Initiative égyptienne pour les droits personnels. En Egypte, le privé facture en moyenne 2.000 livres (environ 104 euros)... soit le salaire moyen d'un fonctionnaire local.

Faux tests

Au Mozambique, les autorités ont détecté dès le mois d'octobre un trafic de faux tests négatifs dans une zone frontalière avec l'Afrique du sud. La plupart des examens au Mozambique sont réalisés dans des cliniques privées et ils peuvent y coûter l'équivalent du salaire minimum.

Au Gabon, où un test négatif est exigé pour passer d'une province à l'autre dans les transports en commun, une jeune étudiante de Libreville qui doit voyager en bus pour voir sa famille, témoigne, sous couvert de l'anonymat: "Je paye 10.000 FCFA (environ 15 euros), c'est vite fait, ils scannent le tampon d'un labo et il me donnent un faux résultat, ça ressemble vraiment. Le contrôleur du bus n'a pas le temps ni les moyens de vérifier".

Faute de tests à des prix abordables, "les chiffres actuels (des contaminations) ne reflètent rien" de la réalité, regrette le chercheur égyptien Ayman Sabae.

Contactée, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît que les tests PCR nécessitent des ressources et infrastructures considérables, ce qui peut poser des difficultés. Elle a mis en place un mécanisme appelé ACT-Accelerator notamment pour mettre à disposition des pays en développement 500 millions de tests de diagnostic en 2021.

"Testez, testez, testez", c'était le mantra de son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dès le mois de mars.

(AFP)

Coronavirus COVID-19

Covid-19 : le repli de l’épidémie se confirme selon l’agence régionale de santé

Avec un taux d’incidence en population générale désormais sous la barre des 400 cas pour 100/000 habitants, l’épidémie confirme son repli en Bourgogne-Franche-Comté selon les derniers chiffres de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Le taux de positivité des tests perd 5 points mais reste cependant élevé à près de 25%.
 

Covid-19 : le nombre de patients testés a doublé en un mois en Bourgogne-Franche-Comté  

Le nombre de tests a "de nouveau franchi" la barre des trois millions en une semaine, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, sur fond de septième vague de l'épidémie de Covid-19. En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 77.000 personnes ont réalisé un test antigénique ou PCR entre le 27 juin et le 3 juillet 2022 contre 54.000 la semaine précédente et 33.000 début juin.

Santé

Don d’organes : le CHU Besançon Franche-Comté multiplie les actions de sensibilisation auprès du public

À l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs le 22 juin 2026, le CHU Besançon Franche-Comté organise plusieurs événements destinés à informer et sensibiliser le grand public. L’établissement met l’accent sur un message central : connaître la réglementation, exprimer sa position sur le don d’organes et de tissus et, surtout, en parler à ses proches.

Des collectes de don du sang dans toute la région en prévision de la période estivale

À l'approche de l'été, l’Établissement français du sang Bourgogne-Franche-Comté alerte sur “un défi récurrent, continuer à collecter du sang“. Les donneurs se faisant plus rares en période estivale, plusieurs collectes de don de sang, de plasma et de plaquettes seront organisées  du 12 au 20 juin en Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre de la journée mondiale des donneurs de sang (14 juin). 

Juin Jaune 2026 à Besançon : “Un gamin qui fume c’est choquant, un gamin torse-nu au soleil, ça me choque autant“

VIDÉO • La campagne de sensibilisation 2026 de Juin Jaune s’est élancée en Franche-Comté ce vendredi 5 juin, après une période de fortes chaleurs. À l’initiative des docteurs Hervé Van Landuyt et Caroline Biver Dalle, tous les deux dermatologues, cette opération vise à sensibiliser les jeunes aux risques encourus lors d’une exposition au soleil et aux comportements à adopter pour se protéger.

Cadmium : Dominique Voynet, seule députée franc-comtoise présente lors du vote à l’Assemblée

Les députés étaient appelés à se prononcer mercredi dernier sur une proposition de loi portée par les écologistes visant à réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Le texte prévoit un abaissement progressif du seuil autorisé à 40 mg/kg dès 2027 puis à 20 mg/kg à partir de 2030, contre 90 mg/kg actuellement. Cette trajectoire est plus ambitieuse que celle envisagée par le gouvernement, qui prévoyait d’atteindre ces objectifs seulement en 2038.

Le CHU de Besançon Franche-Comté organise une journée de sensibilisation à la maladie de Parkinson

Mardi 2 juin 2026, à l’occasion de la journée mondiale de la maladie de Parkinson, le CHU Besançon Franche-Comté et France Parkinson proposeront au grand public, aux patients et à leurs proches une journée d’information et de sensibilisation autour du thème : "Le mouvement dans tous ses états !". 

Bourgogne – Franche-Comté : les pollens de graminées maintiennent un risque allergique élevé

Les pollens de graminées restent actuellement majoritaires dans l’air en Bourgogne - Franche-Comté, selon le dernier bulletin publié lundi 1er juin 2026 par Atmo Bourgogne Franche-Comté. Leurs concentrations importantes continuent d’entraîner un risque allergique élevé à l’échelle régionale.

Grandes Heures Nature revient du 11 au 14 juin à Besançon !

PUBLI-INFO • Du jeudi 11 au dimanche 14 juin 2026 à Besançon, le Festival Grandes Heures Nature revient pour une 7ème édition ! En plus des épreuves sportives emblématiques, un village d’animations gratuit et deux shows spectaculaires sont au programme. 

La qualité de l’air se dégrade en Bourgogne-Franche-Comté

Le dôme de chaleur qui touche actuellement la France n'épargne pas la Bourgogne-Franche-Comté. La hausse des températures favorise la concentration d'ozone dans l'air et renforce les concentrations de pollens. Selon le dernier bulletin publié le 26 mai 2026 par Atmo Bourgogne Franche-Comté, la qualité de l'air sera mauvaise mardi et mercredi et le risque pollinique restera élevé.

L’ARS renforce la vigilance contre le moustique-tigre en Bourgogne-Franche-Comté

L’agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté rappelle qu’elle a fait de la lutte contre le moustique-tigre l’un de ses enjeux de santé publique dans la région. Ce « potentiel vecteur des virus de la dengue, du chikungunya ou du zika » est désormais implanté dans les huit départements de la région depuis 2024.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 8.77
nuageux
le 11/06 à 00h00
Vent
1.39 m/s
Pression
1023 hPa
Humidité
91 %

Sondage