"La souveraineté sanitaire se construit par des décisions industrielles concrètes. La relocalisation de la production de la colchicine en France en est une illustration forte", a déclaré le ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin, en inaugurant la nouvelle chaîne de production à Auxerre.
Cette relocalisation "permet de sécuriser durablement l'accès à un médicament essentiel, de réduire notre dépendance aux chaînes d'approvisionnement étrangères et de renforcer notre indépendance stratégique", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.
La colchicine, dont Mayoly est l'unique fabricant-distributeur en France, permet le traitement de 600.000 patients pour la goutte dans l'Hexagone. Elle était jusqu'à peu produite en Europe de l'Est mais le sous-traitant a décidé de cesser cette fabrication.
"Une relocalisation, qui est dans notre ADN"
"Nous avons donc fait le choix stratégique de la relocalisation, qui est dans notre ADN", a expliqué à l'AFP Alexandre Nique, directeur général pour la France de Mayoly, une entreprise familiale de 2.200 personnes qui dispose de cinq sites industriels, dont quatre en France. "On produit 85% de nos médicaments en France. Le Made in France nous tient à coeur", a-t-il assuré.
Mayoly a confié la production à Galien, sous-traitant pharmaceutique spécialisé dans les produits hautement actifs. Mayoly investit 2,5 millions dans le projet et Galien 500.000 euros, afin d'atteindre une capacité de production d'environ trois millions de boîtes par an, "à terme", destinées au marché français et à l'export, a indiqué Mayoly dans un communiqué.
La colchicine est reconnue comme médicament "essentiel", selon un classement établi en 2023 par les autorités afin de renforcer les chaînes de production et de distribution, et éviter les pénuries de ces traitements. Le directeur a souligné que produire la colchicine en France revenait "à peu près deux fois plus cher". "Défendre le souveraineté a forcément un coût", a-t-il estimé, mais elle a "une conséquence sur la balance commerciale" à laquelle Mayoly contribue à hauteur de "400 millions d'euros", selon lui.
"Des discussions vont être menées" avec les autorités chargées de fixer les prix des médicaments remboursables, a-t-il averti. Le prix actuel de la boîte de Colchicine rend en effet sa fabrication difficilement rentable, surtout en France. Les premières ventes ne devraient pas intervenir avant mi-2027.
(Source AFP)


