Venue à Besançon de Salah Hamouri : le tribunal administratif suspend l’arrêté du préfet

Publié le 04/06/2026 - 14:52
Mis à jour le 04/06/2026 - 17:47

+ Réactions • Le Franco-Palestinien Salah Hamouri avait été invité à animer une conférence-débat ce 4 juin 2026 à 18h00 au Centre Nelson Mandela de Besançon mais le préfet du Doubs avait pris un arrêté pour annuler son intervention. Une décision qui a été retoquée ce jeudi par le tribunal administratif.

Le tribunal administratif de Besançon © Alexane Alfaro
Le tribunal administratif de Besançon © Alexane Alfaro

"L’exercice de la liberté d’expression est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés", écrit dans un communiqué le tribunal administratif.

Il rapporte que le juge des référés a estimé que le préfet "n’apportait pas la preuve de propos antisémites précis imputables à M. Hamouri" et que "les incidents ayant eu lieu à l’occasion des précédentes conférences données par M. Hamouri sont restés limités et résultaient d’opposants à ses idées, et non directement de ses propos".

Le tribunal revient également sur le fait que "l’émoi suscité localement par la venue de M. Hamouri, les incidents qui ont eu lieu lors de la venue d’un écrivain au salon du livre à Besançon en septembre 2025 en raison de ses positions sur le conflit israélo-palestinien, ainsi que les altercations qui interviendraient régulièrement entre le collectif d’extrême droite Némésis et les sympathisants de la gauche et de l’extrême gauche et des collectifs dit antifascistes à Besançon, ne pouvaient suffire à justifier l’interdiction de la conférence-débat précitée faute pour le préfet du Doubs de justifier que les forces de l’ordre ne seraient pas en mesure d’en assurer la sécurisation".

En somme, l’arrêté est suspendu et Salah Hamouri est autorisé à intervenir ce soir lors de la conférence-débat dans le cadre de l’événement Besac Antifa Fest.

L'AFP rappelle que la semaine dernière, les autorités israéliennes ont accusé l'avocat franco-palestinien d'avoir dirigé depuis l'Europe une "cellule terroriste" de Palestiniens de Jérusalem-Est, démantelée fin 2025. "Ce sont des mensonges",
avait assuré, auprès de l'AFP, M. Hamouri, évoquant une "intimidation".

Réactions suite à la décision du tribunal administratif

Les avocats de Salah Hamouri

La décision du tribunal constitue "un désaveu complet pour la préfecture" et "le triomphe de la liberté d'expression, à un moment où elle est considérablement malmenée, en particulier sur ces questions", ont déclaré à
l'AFP les avocats Vincent Brengarth et William Bourdon qui défendent M. Hamouri.

Séverine Véziès, membre de l'opposition municipale bisontine pour La France Insoumise 

"Le préfet du Doubs débouté et avec lui toutes celles et ceux qui reprennent en boucle la propagande d’Israël. Ainsi cette décision n’est pas un camouflet uniquement pour le préfet mais aussi pour M. Fagaut, son adjoint F. Monneur et le député Croizier qui ont passé leur temps à insulter et diffamer Salah Hamouri.
Lors du précédent conseil municipal le conseiller Monneur levait les yeux au ciel quand je dénonçais le génocide des palestiniens. L’histoire jugera ces soutiens inconditionnels de l extrême droite israélienne. Il faut savoir également que la ville sans même attendre la décision du tribunal avait annulé la réservation de la salle. C’est scandaleux. Cette victoire n’est pas une petite victoire. C’est une grande victoire sur laquelle les défenseurs des droits des palestiniens pourront s’appuyer".

Anne Vignot pour le groupe Les Ecologistes, GénérationS et Société Civile

"Le groupe Les Ecologistes, GénérationS et Société Civile est satisfait de voir levée la décision d'interdiction de la tenue de la conférence de Salah Hamouri, défenseur des droits humains. C'est une juste application de la liberté d'expression que notre pays défend. Témoigner de la détresse des peuples est une exigence démocratique à laquelle nous sommes tous attachés.

Le chaos dans lequel on plonge les populations au Moyen-Orient comme en Ukraine ou en d'autres lieux de la Planète doit être connu par tous et ces conférences doivent être à la hauteur de notre ambition de défendre l'Etat de Paix. Tous les peuples tournent leur regard du côté des traités internationaux qui sont bafoués tous les jours, entendent que les mots se vident de leur sens lorsque les hommes d'Etat claironnent des cessez-le-feu en même temps qu'ils écrasent sous les bombes les familles civiles. Il est urgent de restaurer la confiance en nos institutions.

Merci encore pour cette juste mesure ce soir, à Besançon. Pour autant, cette décision tardive ne permettra pas à Salah Hamouri d'être présent ce soir. Il est beaucoup trop respectueux de l'état de droit pour avoir envisager d'outre passer la décision qui avait été prise. Nous espérons que nous pourrons avoir un autre temps d'échange avec lui, ici à Besançon, la Ville des Utopies".

Hasni Alem pour les élus, communistes de la ville de Besançon

"-Atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression"- : c’est par ces mots que le tribunal administratif a annulé l’arrêté du préfet du Doubs. Une décision forte, un soulagement, et surtout un rappel essentiel : le droit doit primer.

Mais cette victoire juridique arrive trop tard. Prévenu seulement deux heures avant, Salah Hamouri n’a pas pu se déplacer. En théorie, il pouvait intervenir. En réalité, il a été empêché de s’exprimer à Besançon.

Il aura été bâillonné pendant des heures sur la base de calomnies et d’un acte d’autorité illégal. Et pendant ce temps, la municipalité, nouvellement à droite, a choisi de suivre docilement la décision préfectorale en annulant immédiatement la réservation de la salle.

Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas défendu la liberté de réunion sur son propre territoire ? Pourquoi n’a-t-elle pas résisté à une décision manifestement arbitraire ? Pourquoi ce renoncement ? Cette affaire est révélatrice. Là où aurait dû se dresser une défense claire du débat démocratique, nous avons assisté à une soumission sans réserve à un ordre préfectoral injustifié.

Oui, le tribunal a rétabli le droit. Mais dans les faits, la censure a produit ses effets : malgré l’illégalité reconnue, la parole n’a pas pu être portée.

Cette victoire est celle du droit. Elle n’efface ni le silence imposé, ni la responsabilité de ceux qui ont choisi de s’y plier".

Hasni Alem précise que la salle Nelson Mandela a été récupérée.

Fédération du parti communiste du Doubs

"La fédération du Parti communiste du Doubs se félicite de cette décision de justice qui constitue un rappel salutaire des principes démocratiques et de l’État de droit. Face à une mesure liberticide visant à empêcher la tenue d’un débat public, le Tribunal administratif a réaffirmé que la liberté d’expression et la liberté de réunion demeurent des droits fondamentaux dans notre République.

Si cette décision intervient malheureusement trop tard pour permettre la venue de Salah Hamouri à Besançon, celui-ci ayant été contraint d’annuler son déplacement, elle désavoue clairement la position de la préfecture du Doubs. Cette décision préfectorale, aussi arbitraire qu’injustifiée, avait pourtant été soutenue par la nouvelle majorité municipale bisontine conduite par Ludovic Fagaut. Le combat pour les libertés publiques continue. C’est pourquoi la conférence est maintenue ce soir à 18 heures au Centre Nelson Mandela. Ce rendez-vous sera l’occasion d’échanger sur la situation en Palestine, mais aussi de réaffirmer notre attachement indéfectible aux libertés démocratiques et au droit de chacune et chacun à faire entendre sa voix".

Société

“Avec nos blessés” : Ludovic Fagaut et Rémi Bastille courent aux côtés de 1.500 militaires du Doubs

VIDÉO • Comme chaque année depuis une décennie, les unités militaires du Doubs ont organisé ce samedi 5 juin une journée de cohésion et de solidarité en faveur des blessés de l’armée de Terre dans le centre-ville de Besançon. À cette occasion, près de 1.500 participants ont pris part à une course de 5 kilomètres reliant La Rodia à la place de la Révolution. Parmi eux figuraient notamment Rémi Bastille, préfet du Doubs, et Ludovic Fagaut, maire de Besançon, venus soutenir l’initiative.

Inclusion bancaire : le Crédit Agricole Franche-Comté célèbre les 20 ans du dispositif Passerelle

Le Crédit Agricole Franche-Comté a célébré jeudi 4 juin 2026 à Besançon les 20 ans du dispositif Passerelle, une initiative dédiée à l’accompagnement des personnes confrontées à des difficultés financières et sociales. Créé dans la continuité du modèle mutualiste de la banque régionale, ce dispositif vise à favoriser l’inclusion bancaire et sociale sur le territoire.

En Bourgogne-Franche-Comté, le mariage a perdu la moitié de ses adeptes en 50 ans

En Bourgogne-Franche-Comté, le mariage continue de reculer. Selon une étude de l’Insee Bourgogne-Franche-Comté signée Valentine Staal et Guillaume Volmers, publiée jeudi 4 juin 2026, en pleine saison des mariages, le nombre d’unions célébrées a été divisé par deux en un demi-siècle, tandis que l’âge des mariés n’a cessé de progresser. Les couples qui se marient aujourd’hui sont également plus souvent pacsés, déjà parents ou engagés dans une nouvelle union après un divorce.

Venue à Besançon de Salah Hamouri : le tribunal administratif suspend l’arrêté du préfet

+ Réactions • Le Franco-Palestinien Salah Hamouri avait été invité à animer une conférence-débat ce 4 juin 2026 à 18h00 au Centre Nelson Mandela de Besançon mais le préfet du Doubs avait pris un arrêté pour annuler son intervention. Une décision qui a été retoquée ce jeudi par le tribunal administratif.

Le Numérique : le futur totem de la tech’ bisontine prend forme à Planoise

Débuté en novembre 2025, les travaux du bâtiment Le Numérique à Planoise vont bon train. L’équipement, porté par Grand Besançon Métropole en partenariat avec sa société publique locale Territoire 25, a pour ambition d’accueillir entreprises, étudiants, habitants, associations et structures de formation dès l’automne 2027. Une visite de chantier a été organisée mardi 2 juin 2026 pour constater l’évolution des travaux.

Le préfet du Doubs interdit l’intervention de Salah Hamouri à Besançon

MISE À JOUR LE 3 JUIN • Dans le cadre de l’événement Besac Antifa Fest, Salah Hamouri avait été invité à animer une conférence-débat ce jeudi 4 juin 2026 à 18h00 au Centre Nelson Mandela de Besançon. Rémi Bastille, le préfet du Doubs, a souhaité "’éviter la survenue de troubles à l’ordre public" et a interdit son intervention.

À Besançon, des difficultés d’accès piéton dénoncées autour de l’école Paul Bert en plein chantier

À Besançon, un père de famille alerte sur les conditions d’accès à l’école élémentaire Paul Bert, située rue Lanchy, dans le contexte des travaux de réhabilitation de l’établissement. Selon lui, les aménagements temporaires mis en place durant le chantier posent des problèmes de sécurité pour les piétons, en particulier aux heures d’entrée et de sortie des classes.

La nouvelle préfète de région, Violaine Démaret, en visite de terrain pour la première fois dans le Doubs

Pour sa première visite officielle dans le Doubs, ce lundi 1er juin 2026, la nouvelle préfète de Bourgogne-Franche-Comté et préfète de Côte-d’Or, Violaine Démaret, s’est rendue à Besançon, notamment à la Citadelle, afin de rencontrer les acteurs institutionnels du territoire mais aussi la presse locale. L’objectif : prendre connaissance des dossiers locaux, échanger avec le préfet du Doubs Rémi Bastille, les élus locaux et les parlementaires.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 17.81
couvert
le 07/06 à 00h00
Vent
1.98 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
92 %

Sondage