La lettre est signée par Défense Animale Belfort (D.A.B.), Les Écologistes Nord Franche-Comté, Marianne Ecoffet, adjointe au maire d'Héricourt, René Schmitt, ainsi que Les Écologistes de Haute-Saône.
Dans leur courrier, les auteurs indiquent avoir assisté à une course landaise organisée l'année précédente. Ils décrivent le déroulement de l'animation et affirment avoir constaté que les vachettes étaient déplacées sous contrainte avant leur passage dans l'arène.
Ils écrivent notamment : ”Les vachettes, encordées, sont treuillées de force, par un cordier, chacune leur tour de leur box jusqu’à l'autre extrémité de l' "arène" (pré-aménagé pour la circonstance). Relâchées, elles se précipitent vers leur abri. Sur cet axe sont positionnés des hommes (sauteurs et écarteurs) qui, au passage de la vache, se jettent en l'air et sautent par-dessus l'animal ou l'esquivent.”
Les signataires décrivent également une seconde séquence de l'animation : ”Seconde manche, le public est invité à se rendre dans l' "arène" et à lancer des anneaux, cônes et ballons sur la face et les cornes de l'animal.”
Une demande adressée aux élus
La lettre est destinée aux élus des communes de Champagney, Clairegoutte, Échavanne, Frahier, Frédéric-Fontaine, Plancher-Bas et Plancher-les-Mines. Les auteurs indiquent : ”Nous ne pouvons croire que la maltraitance animale érigée en spectacle recueille l’unanimité parmi vous.”
Ils interrogent également la pertinence de programmer une course landaise dans le cadre des animations communautaires, estimant qu'il existe d'autres formes de divertissement.
Les signataires appuient leur demande sur plusieurs dispositions du Code rural et de la pêche maritime. Ils citent notamment l'article R214-85, selon lequel : ”La participation à des jeux et attractions pouvant donner lieu à mauvais traitements dans les foires, fêtes foraines, et autres lieux ouverts au public, est interdite [...]” Ils estiment également que les conditions de transport et de participation des animaux contreviennent à l'article L214-1 du même code, relatif aux obligations du détenteur envers l'animal.
Des arguments éthiques et environnementaux
Au-delà de la question juridique, les auteurs évoquent les conséquences qu'ils attribuent à cette pratique sur le bien-être animal. Ils écrivent : ”La course landaise est une pratique tauromachique qui participe à la banalisation de la violence et de la cruauté envers les animaux.” Et d'ajouter : ”Même s’il n’y a pas de mise à mort, contrairement à la corrida, les animaux sont soumis à un stress important, une souffrance psychologique, un état d’épuisement et des risques de blessures graves.”
La lettre soulève également des questions environnementales, en évoquant les déplacements nécessaires au transport des animaux et des installations, ainsi que les conditions climatiques susceptibles d'accompagner ces manifestations.
Une demande d'annulation
Les signataires demandent aux élus de renoncer à l'organisation de cette animation et de la remplacer par une fête sans animaux.
Ils concluent : ”Nous vous prions de vous désolidariser de cet évènement dont nous demandons une fois encore l’annulation ; et de le remplacer par la programmation d’une fête s’alignant sur les choix de nombreuses communes privilégiant les animations sans la participation d’animaux.”
Infos +
La course landaise est une discipline sportive pratiquée principalement dans les départements des Landes et du Gers. Reconnue par le ministère des Sports, elle est encadrée par la Fédération française de la course landaise. Cette pratique constitue également une tradition tauromachique faisant partie du patrimoine culturel immatériel gascon. Depuis 2020, la course landaise est inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel français.


