Le groupe DSES pointe en premier lieu une baisse significative des moyens consacrés à l’eau potable et à l’assainissement. Selon ses élus, ”les subventions au bloc communal pour les réseaux d’eau potable ou d’assainissement ont été divisées par trois”, alors même que ”les études scientifiques soulignent sur la nécessité d’augmenter les investissements pour améliorer la qualité des cours d’eau”.
Le communiqué met également en avant l’évolution des accords avec l’Agence de l’eau. Le nouvel accord-cadre prévoit ”une enveloppe départementale de 3,2 M€ par an, dont 2 M€ pour l’eau potable et l’assainissement, jusqu’en 2030”, contre ”7 M€ par an, dont 6 M€ pour l’eau potable et l’assainissement” sur la période précédente.
Pour l’opposition, cette évolution constitue ”un désengagement flagrant”.
Des données jugées "trompeuses" sur la qualité de l’eau
Au-delà des financements, le groupe critique la présentation des données environnementales. Il évoque ”un réseau de mesure de la qualité de l’eau en déclin”, affirmant que ”entre 2024 et 2025, de nombreuses stations de mesure ont disparu du site départemental de l’eau”. Conséquence, selon le communiqué : ”la carte censé refléter l’état écologique des rivières, affiche 70,83 % de points verts en 2025, contre 30,59 % en 2024”, une évolution qualifiée de ”présentation biaisée qui masque une réalité alarmante”.
Le groupe remet également en question certains classements : ”Une rivière déclarée en bon état sur le papier, ne l’est pas forcément en réalité”. Il cite notamment un exemple local : ”le Cusancin est classé en bon état écologique sur le site départemental de l’eau. Qui oserait affirmer que c’est bien le cas ?”
Enfin, les élus rappellent que ”la France a été rappelée à l’ordre en mars 2026 pour son interprétation trop laxiste du “bon état écologique””.
Fort Griffon : un dossier "emblématique" des difficultés
Autre sujet soulevé : la gestion du Fort Griffon à Besançon. Le groupe DSES dénonce ”un patrimoine délaissé”, rappelant que la majorité départementale avait annulé en 2015 ”une ligne de 3 M€ prévue pour la réfection des remparts”.
Depuis, ”seulement 141 000 € de dépenses d’entretien entre 2018 et 2023” auraient été engagés, alors que le site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les conséquences financières sont mises en avant : ”La réfection des remparts est maintenant estimée à 9.7 M€, alors que le Département l’estimait à 6.2 M€ en 2018”. À cela s’ajoutent ”13 M€” pour la remise en état du site, et une réhabilitation globale évaluée à ”35 M€ en 2019”. Face à ces montants, plusieurs interrogations sont formulées : ”Qui paiera ?”, ”Qui bénéficiera de la plus-value ?”.
Un appel à manifestation d’intérêt est annoncé pour 2026 afin de trouver un repreneur, possiblement dans le cadre d’un partenariat public-privé. Le groupe demande néanmoins ”que l’accès public aux remparts, aux tours de garde et aux terrasses soit garanti”.
Une stratégie logement jugée incohérente
Enfin, le communiqué évoque la volonté du Département de devenir Autorité Organisatrice de l’Habitat (AOH). Une démarche qui surprend l’opposition, car elle n’inclut pas ”les deux plus grandes agglomérations du territoire”. Le groupe s’interroge : ”Quel sens donner à cette demande sans vision départementale ?”
Il estime que cette initiative relève davantage d’”un rapport de force visant à faire pression sur le Gouvernement”, dans un contexte où ”l’innovation du Département en matière de logement s’est limitée à l’implantation de quelques Tiny Houses”.
Une critique globale de la gestion départementale
À travers ces trois dossiers, le groupe DSES décrit une collectivité ”en difficulté”, marquée selon lui par des arbitrages budgétaires contestés, un manque de transparence et une absence de stratégie globale. Le communiqué conclut en appelant à davantage de clarté, notamment sur des projets structurants comme celui du Fort Griffon, et sur des enjeux environnementaux jugés prioritaires.


