À l'issue du procès qui s'est tenu à huis clos, la cour d'assises du Doubs n'a pas retenu la préméditation, qui aurait entraîné une condamnation pour assassinat passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Elle a également retenu l'excuse de minorité, qui atténue les peines encourues, contre l'avis de l'avocat général qui avait requis une peine de 20 ans.
"Il n'y avait pas assez de matière dans le dossier pour caractériser la préméditation", a regretté l'avocat des proches de la victime, Baptiste Monnot. En revanche, le jeune homme a été déclaré entièrement redevable des indemnités à verser aux parties civiles, s'est félicité l'avocat, la cour ayant exclu "la responsabilité de cette personne (la victime) dans la survenance de sa propre mort".
Coup de couteau mortel
Les faits s'étaient produits en juin 2023 à Besançon, dans le quartier prioritaire de Planoise, alors en proie à une guerre des gangs pour le contrôle du trafic de stupéfiants. L'accusé, alors âgé de 17 ans, avait porté un coup de couteau mortel au niveau du coeur à la victime, un Bosniaque établi en France qui avait un casier judiciaire pour trafic de stupéfiants. L'auteur du coup mortel avait également à son actif plusieurs condamnations pour vols avec violences, et a été condamné depuis pour trafic de stupéfiants.
Mais les débats n'ont pas permis d'accréditer la thèse défendue par l'avocat général d'une vengeance liée à la drogue, selon l'avocat de l'accusé, Christophe Bernard. Selon lui, les deux protagonistes "ne se connaissaient pas" et se sont retrouvés dans un "face-à-face qui tourne mal". "Ce n'est pas parce qu'il a été condamné pour (trafic de stupéfiants), et que la victime était elle-même une personne toxicomane, sous l'influence de cannabis, cocaïne et benzodiazépine, (...) que c'est forcément un face-à-face lié aux stupéfiants", a affirmé le défenseur.
Le parquet a indiqué à l'AFP ne pas avoir l'intention de faire appel du verdict, tandis que le condamné "s'interroge sur un appel", selon son avocat.
(AFP)


