Cinéma : Covid-19, inflation… le public bisontin est-il revenu dans les salles ?

Publié le 21/10/2022 - 18:01
Mis à jour le 21/10/2022 - 20:05

Crise sanitaire, confinement, fermeture des commerces "non-essentiels"… les épreuves se sont enchaînées pour l'industrie du cinéma ces dernières années. En 2020, les salles obscures sont restées fermées 162 jours ; 138 jours en 2021. Même si la situation semble s'améliorer, qu'en est-il en France et à Besançon, où l'inflation est montée en flèche ? Pour tenter d'y répondre, nous sommes allés à votre rencontre.

En préambule de cet article, nous vous proposons de revenir quelques années en arrière, avant le Covid-19 et la crise sanitaire : nous sommes alors en 2019, année très prolifique pour l'industrie cinématographique. Avengers : Endgame bat des records au box-office mondial, le live-action du Roi Lion joue avec nos émotions et la saga Star Wars trouve enfin sa conclusion avec l'épisode IX, 42 ans après la sortie de l'épisode IV (le premier dans l'ordre de diffusion). Les spectateurs n'ont pas boudé leur plaisir, puisque selon le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), 213,02 millions d'entrées ont été vendues cette année-là (deuxième niveau le plus haut observé depuis cinq ans).

Nous sommes désormais en 2021, où "seulement" 95,5 millions de spectateurs se sont rendus dans les salles obscures. Et ce malgré plusieurs temps forts, comme les sorties très attendues de Spider-Man : No Way Home, Mourir peut attendre (repoussé d'un an et demi à cause de la pandémie) ou encore Dune, réadapté sur grand écran par Denis Villeneuve après la version de 1984.

Tout récemment, en septembre 2022, le constat était encore plus alarmant : les établissements français n'ayant enregistré que 7,38 millions d'entrées, soit le niveau le plus bas depuis la réouverture des salles, le 18 mai 2021. Perte d'habitude, prix du ticket, démocratisation des plateformes de streaming, ... Pour vous, les raisons sont multiples.

Des plateformes de streaming qui détournent l'attention

Pour Maxime, 23 ans, le cinéma reste occasionnel : "Sauf si j'ai vraiment envie de voir un film, je préfère attendre qu'il soit disponible sur les plateformes de streaming". Ce soir-là, le Bisontin a profité d'une sortie entre amis pour aller voir Black Adam, le nouveau long-métrage de l'univers cinématographique DC, au Megarama Beaux-Arts. Clara et Valentine, 22 ans, sont aussi des occasionnelles.

"J'allais souvent au cinéma avec mon père, mais avec les études, c'est difficile de dégager du temps. J'ai complètement perdu l'habitude d'aller voir des films. Déjà que je n'arrive pas à suivre toutes mes séries sur Netflix, je préfère rattraper ce retard-là quand j'en ai l'occasion" – Clara, 22 ans, Besançon

La préférence pour d'autres supports est effectivement une des raisons de ce décrochage selon le CNC. D'après leurs statistiques, 26 % des spectateurs déclarant aller moins souvent ou plus du tout au cinéma font ce choix. Parmi eux, 35 % sont abonnés à des offres de vidéo à la demande. Chez les 15-34 ans (la tranche d'âge de Maxime, Clara et Valentine), cela représente 36 % des cas.

Malheureusement pour les salles obscures, il s'agit de l'une des conséquences indirectes des différents confinements, avec 10,5 millions de Français abonnés à Netflix fin 2021, contre 5,9 millions au début de l'année 2019.

Une perte d'habitude, oui, mais pas pour tout le monde

Selon le CNC, 33 % des 35-59 ans ont indiqué avoir perdu l'habitude d'aller au cinéma. Heureusement pour Isabelle, 54 ans, cela n'influe pas du tout sur son quotidien ! Celle qui habite Pouilley-les-Vignes fait régulièrement halte au centre-ville de Besançon "pour rencontrer des amis, faire les magasins et voir un film de temps en temps. Je me rends plutôt au cinéma Victor Hugo, rue Gambetta. Je préfère les films d'auteur. Mais ce soir, j'avais envie de changer un peu".

Spectatrice régulière, Isabelle n'a pas remarqué de réel changement de fréquentation dans les salles obscures : "Il y a toujours autant de monde, ou peu, selon les heures de diffusion. Je ne travaille pas, donc je préfère y aller aux heures creuses. Mais ce soir par exemple, vous voyez, il y a des gens !"

Du côté des 15-34 ans, 31 % d'entre eux ont indiqué avoir perdu l'habitude de se rendre au cinéma. Un chiffre bien plus élevé chez les seniors, avec 51 % des spectateurs interrogés.

Le prix du ticket augmente, le budget se resserre

Pour Cyril, 29 ans, ce qui pose problème, c'est le prix des places : "À Besançon, il n'y a pas de carte d'abonnement. On est obligé de payer une entrée à l'unité, ou une carte de cinq à dix places, ce qui implique une grosse dépense d'un coup. On ne s'autorise pas à sortir souvent, c'est un peu décourageant."

Qui plus est, le prix du ticket est en constante augmentation en France, inflation oblige. Si les exploitants de salles font leur possible pour proposer des tarifs réduits attractifs, à l'image du cinéma Megarama Beaux-Arts et du cinéma Victor Hugo, l'entrée reste inévitablement plus chère. À titre d'exemple, dans le premier établissement, le plein tarif est désormais plafonné à 10,90 €. Pour un enfant de moins de 16 ans, il faut débourser 5,90 €. Les titulaires d'une Carte avantages jeunes paient quant à eux 7,50 € depuis la rentrée, contre 6.90 € l'année dernière.

Le CNC indique qu'en avril 2021, le prix moyen d'une place de cinéma était de 6,69 €, un tarif qui peut varier du simple au triple selon la ville, les prestations proposées et les réductions appliquées. En 2020, la moyenne était quant à elle de 6,63 €. Sur les dix dernières années, on note une augmentation de 4,7 %.

"Selon moi, ce n'est pas forcément la place de cinéma qui est chère, c'est plutôt le budget de chaque famille qui se resserre. Si vous avez des enfants, un film vous coûtera forcément plus d'argent que si vous êtes seul(e). Si en plus il faut prendre la voiture, mettre de l'essence et payer le stationnement, ça peut taper vite !" – Isabelle, 53 ans, Pouilley-les-Vignes

Les chiffres donnent raison à Isabelle, puisque d'après le CNC, pour 36 % des spectateurs déclarant aller moins souvent au cinéma, c'est bien le budget qui pèse le plus lourd dans la balance. En majorité chez les 35-60 ans. Un sentiment toutefois moins présent en région parisienne (33 % contre 37 % dans les autres régions), où la diversité des offres est un peu plus présente.

En ces temps incertains, pour l'industrie cinématographique comme pour les autres, difficile de dire de quoi demain sera fait. Le public bisontin, quant à lui, semble rester à l'affût des sorties majeures. Une donnée encourageante pour les établissements du centre-ville.

Le cinéma Megarama Beaux-Arts et le cinéma Victor Hugo n'ont pas souhaité donner suite à nos sollicitations.

Culture

" C’était dingue ! " – Une famille bisontine a vécu le premier concert de Céline Dion à Paris

Ce samedi 12 septembre, Pauline, une Bisontine, a assisté au premier des 26 concerts de Céline Dion à la Plénitude Arena, à Paris. Elle y était accompagnée de sa maman Catherine, de son beau-père Pascal et de sa petite sœur Léna. Un rendez-vous familial offert à sa maman pour son anniversaire, grande admiratrice de la chanteuse québécoise...

Visite naturalistes, bar à sons en forêt… Le Pôle Courbet fête les journées du patrimoine à Ornans

En écho à l’exposition Réalisme animal, le week-end des 19 et 20 septembre 2026 invite le public à une exploration sensorielle unique : visites naturalistes avec le Muséum de Besançon, bar à sons de la forêt et concert sur instruments historiques dans l’intimité de l’atelier du maître.

Une expertise judiciaire conclut à l’authenticité d’un tableau inédit de Gustave Courbet

Refusé en 2023 par le Comité Courbet, Deux chevreuils au repos dans un paysage de neige, une œuvre datée de 1866 et redécouverte par le galeriste parisien Johann Naldi*, est aujourd’hui considérée comme authentique par un expert judiciaire, Gilles Perrault. Son rapport s’appuie notamment sur des analyses scientifiques, stylistiques, historiques et documentaires. Cette conclusion intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire faisant suite à la vente du tableau aux enchères, en 2022, à Fontainebleau.

Le Nouveau Théâtre de Besançon ouvre sa saison et dévoile ses nouvelles créations

Portes ouvertes, lecture avec Véronique Ovaldé, répétitions publiques et nouvelles créations : le Nouveau Théâtre de Besançon lance sa saison 2026-2027 sous le signe de la rencontre et de la création. Dès le 19 septembre, le public est invité à découvrir les coulisses du théâtre, son nouveau programme et les artistes qui feront vivre la scène bisontine cette année, parmi lesquels Tommy Milliot, artiste directeur du NTB et Juliette Mouteau, artiste bisontine associée.

82e anniversaire de la Libération de Besançon : de la résistance à la bataille armée

En images • La ville de Besançon a été libérée de l’occupation nazie le 8 septembre 1944. Une cérémonie s’est tenue ce mardi en fin d’après-midi avec des véhicules militaires d’époque. Le tout était précédé d’une visite guidée au musée de la Résistance et de la Déportation à la Citadelle sur le thème "Résister, libérer et reconstruire la France".

" Bienvenue aux Étudiants " à l’Université Marie et Louis Pasteur : le programme complet en Franche-Comté

À partir du 10 septembre 2026, l’Université Marie et Louis Pasteur (UMLP) organise une nouvelle édition de son festival "Bienvenue aux Étudiants". Ce rendez-vous de rentrée doit permettre aux étudiantes et étudiants de découvrir leur environnement universitaire, de s’informer et de faciliter leur intégration.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 22.05
nuageux
le 13/09 à 14h00
Vent
1.87 m/s
Pression
1025 hPa
Humidité
54 %

Sondage