Globalement, la situation épidémique dans notre région continue à se détériorer, mais Pierre Pribile parle plutôt d'une "marée montante" plutôt que d'une deuxième vague. Selon lui, "il suffirait d'un petit effort individuel de chacun pour inverser la tendance".
Côté chiffres, en Bourgogne Franche-Comté, l'ARS compte 60 cas positifs pour 100.000 habitants.
L'indicateur des hospitalisations continue d'augmenter : les hôpitaux de la région accueillent 10 hospitalisations et 3 entrées en réanimation par jour. Actuellement, 150 personnes sont hospitalisées dans la région dont 28 en réanimation. Il y a 6 mois, on comptait 300 hospitalisations. Pierre Pribile note que "notre région était très marquée par la première vague, mais il est difficile de comparer les deux périodes" le port du masque étant entré dans les habitudes de la population ainsi que les gestes barrières.
Pour rappel :
La décision de répartition des territoires entre les différents niveaux d’alerte s’appuie sur l’appréciation du profil épidémiologique de chaque territoire suite à l’analyse de 3 indicateurs produits par Santé publique France :
- Le taux d’incidence : le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur 7 jours glissants.
- Le taux d’incidence chez les personnes âgées : le nombre de cas pour 100 000 habitants chez les plus de 65 ans, sur 7 jours glissants.
- La part des patients COVID dans les réanimations : le nombre de patients COVID+ sur le nombre total de lits occupés en réanimation.
La situation département par département
Le département de Côte-d'Or est celui qui est le plus touché par cette nouvelle "marée montante" de la propagation de la covid-19 puisqu'elle est au-delà de 100 nouveaux cas pour 100.000 habitants avec plus de 7% de positivité. L'incidence est très élevée chez les personnes de plus de 65 ans.
La métropole de Dijon compte aujourd'hui 150 nouveaux cas pour 100.000 habitants, dont 70 cas chez les plus de 65 ans pour 100.000 habitants.
La Saône-et-Loire compte 90 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur 7 jours. Sur les 150 personnes hospitalisées dans la région, 50 sont en Saône-et-Loire.
Dans l'Yonne, le taux d'incidence est de plus de 80 nouveaux cas pour 100.000 habitants.
Dans le Doubs, ce taux est de 50 nouveaux cas pour 100.000 habitants, dont 5% positifs.
Quatre départements n'ont pas encore dépassé le seul d'alerte :
Le Jura s'approche du seuil d'alerte de 50 nouveaux cas pour 100.000 habitants avec 5% de positivité.
La Nièvre compte moins de 30 cas pour 100.000 habitants, autour de 3% de positivité. 6 personnes sont hospitalisées dont 2 en réanimation. "Ce département est en bonne voie pour sortir de la zone d'alerte", selon le directeur de l'ARS BFC.
Dans le Territoire de Belfort, on compte 40 cas pour 100.000 habitants avec 4% de positivité. 9 patients sont hospitalisés dont 3 en réanimation.
Le département le moins touché est la Haute-Saône. Le nombre de cas pour 100.000 habitants s'approche des 30, avec 3% de positivité.
Évolution du Covid-19 en Bourgogne-Franche-Comté
Sources : data.gouv.fr
CODIV-19 dans le Doubs
Sources : data.gouv.fr
Vers une déprogrammation des opérations non urgentes dans les hôpitaux ?
L'une des principales préoccupations de l'ARS Bourgogne Franche-Comté est de devoir déprogrammer des opérations non urgentes comme ça avait été le cas au printemps dernier. "Notre stratégie aujourd'hui avec les hôpitaux est de repousser le plus possible la déprogrammation des opérations", souligne Pierre Pribile. Mais "dès que l'on aura 40 patients en réanimation dans la région, on sera en tension et on devra ajuster."
Des "situations complexes" et "des clusters dans tous les domaines"
L'ARS Bourgogne Franche-Comté travaille sur "500 à 600 situations complexes". Comprendre par "situation complexe" non pas des clusters, mais des situations où le nombre de cas contact qui ne sont pas forcément des cas positifs sont nombreux.
Dans le milieu professionnel, l'ARS BFC compte un grand nombre de cas avec une cinquantaine de signaux au niveau régional.
60 signalements en cours sont issus de la sphère privée et de la sphère sportive. 35 signalements de situations complexes sont observés dans les EHPAD. "Il semblerait qu'il y ait relâchement des gestes barrière de la part des visiteurs dans ces établissements", indique Pierre Pribile.
Les clusters existent toujours et "dans tous les domaines", précise le directeur de l'ARS BFC puisqu'il en existe une vingtaine actuellement dans notre région.
Les conseils du directeur de l'ARS Bourgogne Franche-Comté
Selon lui, "la situation exige un sursaut de responsabilité individuelle y compris dans la sphère privée : il est important et nécessaire de respecter les gestes barrières parce qu'il n'y pas d'autres remèdes. On peut générer un sentiment de lassitude, mais je vous garantis que les gestes barrières, ça marche. Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder la dynamique de l'augmentation de la fréquentation des hôpitaux. Avant, elle allait à une vitesse fulgurante. Oui, la situation se détériore, mais beaucoup moins vite qu'en janvier, février, mars où la menace était abstraite pour la population. Il faut un petit effort supplémentaire pour que l'effet boule de neige ne puisse pas continuer à se produire."
De plus, Pierre Pribile affirme que "les jeunes sont les personnes les moins à risque, mais ils sont un maillon dans la transmission du virus à des personnes plus fragiles."


