"Soutien aux violeurs étrangers" : la porte-parole de Némésis condamnée après une plainte d'Anne Vignot

Publié le 03/07/2026 - 10:40
Mis à jour le 03/07/2026 - 17:23

La porte-parole du collectif d'extrême droite Némésis, Yona Faedda, a été reconnue coupable de diffamation par la justice à la suite d'une plainte déposée par Anne Vignot, ancienne maire de Besançon, a-t-on appris vendredi 3 juillet 2026. il s'agit de la première condamnation pénale de ce collectif Némésis.

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Anne Vignot et Anthony Poulin, ancien adjoint, estiment que cette décision "rappelle que la liberté d’expression ne permet pas de tenir des propos accusatoires sans aucun fondement, d’autant plus à l’égard d’une Maire, représentante de la République".

Pour rappel, une peine de travail d'intérêt général avait été requise mercredi 27 mai à Besançon à l'encontre de la militante du collectif d'extrême droite, jugée pour diffamation contre une personne dépositaire de l'autorité publique, soit l'ancienne maire écologiste Anne Vignot. Le 8 janvier 2025, des militantes de Némésis s'étaient introduites dans le bâtiment où Mme Vignot présentait ses voeux. Elles avaient déployé une banderole "violeurs étrangers bienvenus", en scandant "Vignot complice", puis jeté des tracts présentant une photo de l'élue portant l'inscription "Soutien aux violeurs étrangers".

La militante du collectif d'extrême droite Némésis a été condamnée vendredi à une peine de 2.000 euros d'amende avec sursis et 500 euros de préjudice moral pour diffamation envers l'ancienne maire écologiste de Besançon.

"Cette bataille pour les valeurs de la République est essentiel"

Dans leur communiqué, Anne Vignot et Anthony Poulin considèrent que cette décision judiciaire revêt une portée plus large. Ils dénoncent ce qu'ils qualifient de détournement de la liberté d'expression par l'extrême droite.

"La liberté d’expression est aujourd’hui détournée par l’extrême droite pour tenter de justifier toutes les haines, toutes les outrances, toutes les désinformations, et pour délégitimer les règles juridiques qui l’encadrent et en font une véritable garantie démocratique", écrivent-ils. Ils ajoutent : "Nous continuerons à dénoncer les dérives du débat public. Cette bataille pour les valeurs de la République est essentiel."

Enfin, Anne Vignot et Anthony Poulin estiment que cette décision illustre le rôle de l'institution judiciaire dans le fonctionnement démocratique. "En rappelant le cadre de la liberté d’expression, la justice démontre son rôle dans la robustesse de notre démocratie. Elle doit être soutenue et accompagnée", concluent-ils.

Yona Faedda a annoncé faire appel de cette condamnation. "C'est un peu n'importe quoi d'être condamnée pour ça, parce que ce n'est pas de la diffamation, on a encore le droit de dire ce qu'on pense", a-t-elle déclaré devant la presse. La jeune femme de 21 ans s'est dite soulagée de ne pas avoir été condamnée à une peine de travail d'intérêt général, comme l'avait requise le parquet lors de l'audience du 27 mai.

"C'est la première fois (en France) que ce collectif qui se présente comme féministe, est condamné pour l'une de ses actions", a souligné auprès de l'AFP l'avocat d'Anne Vignot, Tewfik Bouzenoune, saluant une décision "historique". "Les limites admissibles à la liberté d'expression, y compris pour un collectif qui revendique des actions politiques, ont été posées par cette décision et j'espère que cela aura un effet prophylactique sur leurs prochaines actions", a-t-il poursuivi.

L'ancienne maire s'est également félicitée des "limites" posées par la justice. "On ne peut pas se permettre, pour des coups d'éclat, de dire que la maire est complice de violeurs, sous couvert en plus d'une fausse cause féministe", a tancé l'ancienne édile, "satisfaite" de la décision du tribunal.

(avec AFP)

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