L'information judiciaire s'intéresse au rôle qu'aurait joué l'ancien secrétaire d'État de Nicolas Sarkozy auprès de collectivités territoriales pour faciliter l'obtention de contrats par la société lyonnaise CJ Trade, spécialisée dans l'importation de masques. D'après Mediapart, Yves Jégo, via sa société de conseil Anthemius, était rémunéré en tant qu'apporteur d'affaires et devait percevoir une commission de 7,5 % sur les commandes obtenues.
Parmi les marchés examinés figure notamment un contrat de 2,6 millions d'euros conclu en avril 2020 avec Bordeaux Métropole pour la fourniture d'un million de masques. Toujours selon Mediapart, plusieurs collectivités d'Île-de-France, de Bourgogne-Franche-Comté et de Gironde sont concernées par les investigations.
Mis en examen en décembre 2024, Yves Jégo a été placé sous contrôle judiciaire avec une caution de 300 000 euros. Par la voix de son avocat, il conteste les faits qui lui sont reprochés. Il reconnaît avoir mis en relation les différentes parties, mais affirme avoir agi de bonne foi, sans intention frauduleuse, et entend démontrer qu'aucune infraction n'a été commise.
Mediapart souligne également que certains masques livrés à Bordeaux auraient présenté des non-conformités. Une expertise judiciaire, citée par le média, a conclu que les caractéristiques techniques des produits ne correspondaient pas aux spécifications prévues au contrat.
Cette affaire intervient alors que l'ancien président de l'UDI, connu notamment pour avoir créé le label "Origine France Garantie", s'était vu confier en 2024 une mission gouvernementale sur la valorisation des produits français. L'enquête judiciaire se poursuit et Yves Jégo, comme les autres personnes mises en examen dans ce dossier, bénéficie de la présomption d'innocence.


