Éric Alauzet n’aurait pas voté la Loi travail mais ne votera pas la motion de censure

Publié le 11/05/2016 - 09:41
Mis à jour le 25/05/2016 - 10:43

Dans une tribune de ce mardi 10 mai 2016, le député EELV du Doubs Eric Alauzet explique ce qu’aurait été son vote si l’examen à l’Assemblée nationale sur la loi Travail avait été mené à son terme et si les parlementaires avait été appelés à voter mardi prochain…

 ©
©

Tribune

Décidé samedi dernier, son vote aurait été négatif et sa position a été mûrement réfléchie après les débats au niveau national ces derniers mois mais aussi ses consultations au niveau local des représentants syndicaux de salariés et de chefs d’entreprise ou encore des organisations de jeunesse. 

Pour Éric Alauzet, une des raisons principales qui a primée dans sa position est l’article 2 et l’inversion de la hiérarchie des normes, « Le principal danger », toujours présente dans la dernière version du texte. Il considère que « Cet article 2 du projet de loi est en effet susceptible d’entraîner une concurrence déloyale entre les entreprises, notamment entre les PME mais aussi entre les PME et les grandes entreprises ». Et de poursuivre :  « Cette disposition irait également à l’encontre de la bataille première que je mène depuis le début de mon mandat avec d’autres en France et en Europe - loi bancaire, loi contre la fraude et la grande délinquance financière, programme BEPS anti-évasion fiscale de l’Union européenne. ». Il liste également d’autres risques possibles : « les questions du temps de travail, de rémunération des heures supplémentaires et des conditions de licenciements ». 

Dans cette tribune, le député relève aussi : « des mesures qui peuvent constituer des avancées mais sans équilibrer d’autres articles (...)  en rappelant : « le Compte personnel d’activité (CPA) ou encore l’extension du plan jeunesse : dispositif d’aide à la recherche du premier emploi, meilleure rémunération des apprentis et généralisation de la Garantie Jeunes ». 

Enfin, il explique qu’il a pris position au même moment contre la motion de censure après la procédure engagée du 49.3 par le gouvernement.

Pour lui, même si « la sortie n’est pas glorieuse et s’apparente pour beaucoup à un déni de démocratie », il lui est impossible de soutenir une motion où sont  « associés dans un même vote de rejet, des élus qui s’opposent à cette loi pour des raisons diamétralement opposées ». Il prône une révision de la constitution pour des « règles de motion de censure constructive qui s’appliquent par exemple en Allemagne et qui imposent, pour remettre en cause le Chancelier fédéral, de trouver au Bundestag une majorité alternative pour choisir son remplaçant ». 

Et de conclure que de son côté qu’il poursuivra son action comme depuis le début de son mandat parlementaire « pour tenter d’agir à la racine, pour favoriser l’émergence d’une économie réelle, locale, proche des besoins essentiels et durables tout en agissant pour une Europe qui pèse sur la régulation du Monde, la finance débridée, la fraude et l’évasion fiscale ».

Il se projette déjà sur la prochaine étape : « la Loi Sapin qui traitera de la protection des lanceurs d’alerte et qui doit être l’occasion de progresser encore sur les sujets du « reporting financier » des entreprises (Luxleaks) et la transparence des trusts (Panama Papers). Il ne faut pas s’y tromper ces questions sont cruciales pour l’emploi ». 

Pourquoi j’ai décidé samedi dernier de ne pas voter la loi modifiant le Code du Travail ainsi que la motion de censure qui suivrait en cas d’adoption de cette loi par le Gouvernement avec la procédure du 49.3. 

Après de multiples débats et échanges, le « projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », appelé « Loi Travail », était depuis une semaine en examen en séance dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. 

Ecouter, échanger avant de décider 

Contrairement à nombre de mes collègues, je ne me prononce le plus souvent sur un texte difficile et controversé qu’à l’issue des débats, une fois le texte stabilisé, ce qui explique que je n’ai pas pris position avant et pendant l’examen, notamment en commission des affaires sociales et en séance dans l’hémicycle.

Cette période m’a permis, en parallèle au débat national, de rencontrer en circonscription dès février l’ensemble des acteurs sociaux et économiques qui ont bien voulu répondre à mon invitation, qu’il s’agisse des représentants syndicaux, des salariés et des chefs d’entreprises, des syndicats étudiants, lycéens et organisations de jeunesse.

Entre l’indispensable protection des salariés et la nécessaire recherche d’outils pour permettre un emploi pour toutes et tous, le texte de loi  affiche de grands écarts entre ce que l’on pourrait appeler des avancées – mêmes perfectibles – et des reculs – corrigés ou pas. Je me suis principalement interrogé sur les risques ou régressions possibles que pourrait entrainer cette loi : les questions du temps de travail, de rémunération des heures supplémentaires et des conditions de licenciements, sujets sur lesquels le texte devait encore pouvoir évoluer. 

Un des articles les plus problématiques et contestés, l’article 2 concernant l’inversion de la hiérarchie des normes (loi/accord de branche/accord d’entreprise), n’a pas été pas modifié ou supprimé par le gouvernement en vue de la séance qui était programmée ce mardi. Le gouvernement a dans le même temps décidé de mener la procédure du 49.3 pour ce projet de loi.

Cette perspective m’a conduit à prendre position contre ce texte dès le samedi 7 mai, avant la fin de l’examen parlementaire dans la mesure où l’article 2 proposant l’inversion de la hiérarchie des normes ne semblait plus pouvoir évoluer. C’était pour moi le point crucial de ce projet de loi.

Le principal danger de l’inversion de la hiérarchie des normes

Cet article 2 du projet de loi est en effet susceptible d’entraîner une concurrence déloyale entre les entreprises, notamment entre les PME mais aussi entre les PME et les grandes entreprises qui disposent de plus en plus de possibilités pour négocier des accords d’entreprises,  à la différence des plus petites entreprises avec, par exemple, des compensations sur le temps de travail ou les rémunérations. On pourrait ainsi assister à une logique de moins disant social préjudiciable aux PME/TPE et à leurs salariées. Pourtant, il est nécessaire de donner aux TPE/PME/ETI les moyens de s’adapter aux forces à l’œuvre dans ce nouveau siècle ainsi qu’à la mondialisation et au libéralisme débridé.

Cette disposition irait également à l’encontre de la bataille première que je mène depuis le début de mon mandat avec d’autres en France et en Europe - loi bancaire, loi contre la fraude et la grande délinquance financière, programme BEPS de l’Union européenne, etc. – et qui produit des résultats pour réduire l’évasion fiscale, restaurer plus de justice sociale et fiscale, assainir l’économie en faveur de l’emploi. Je suis en effet très investi pour préparer la prochaine loi Sapin qui traitera de la protection des lanceurs d’alerte et qui doit être l’occasion de progresser encore sur les sujets du « reporting financier » des entreprises (Luxleaks) et la transparence des trusts (Panama Papers). Il ne faut pas s’y tromper ces questions sont cruciales pour l’emploi.

Des mesures peuvent constituer des avancées mais sans équilibrer d’autres articles.

Il faut toutefois reconnaître les apports de cette loi au bénéfice des salariés comme le Compte personnel d’activité (CPA) qui représente un début de sécurisation professionnelle associant le compte de formation et le compte de pénibilité constituant les briques d’un rempart indispensable à la précarité de l’emploi ; ou encore l’extension du plan jeunesse  avec le dispositif d’aide à la recherche du premier emploi, la meilleure rémunération des apprentis et la généralisation de la Garantie Jeunes qui apportera à chacun d’entre eux, âgé de 18 à 25 ans, n’ayant ni emploi, ni qualification, une formation assortie d’un revenu mensuel de 461,72 euros pour éviter la grande précarité. J’ai pu en évaluer la pertinence en rencontrant les responsables et les jeunes concernés à la Mission Locale en charge de l’accompagnement. Il aurait été possible, sur ces dispositions, d’avoir une majorité pour les voter.

49.3 et motion de censure

Le Gouvernement a décidé de recourir à la procédure 49.3 face à la résistance prévisible d’une majorité de parlementaires. La sortie n’est pas glorieuse et s’apparente pour beaucoup à un déni de démocratie. Alors, le groupe d’opposition « Les Républicains » déposera une motion de censure.  Et, ce mardi, il n’est pas certain que des députés de gauche s’organisent pour faire de même autour du groupe GDR - Gauche Démocrate Républicaine. Quoiqu’il en soit, je ne voterai pas une telle motion, pas tant parce qu’elle émanerait du groupe LR ou GDR mais parce qu’elle devrait pour faire tomber le Gouvernement et la loi, associer, dans le même vote de rejet, des élus qui s’opposent à cette loi pour des raisons diamétralement opposées. Pas glorieux non plus. Le rassemblement de ceux qui disent « non » n’a jamais débouché sur une proposition alternative.

Je fais mienne les règles de motion de censure constructive qui s’appliquent par exemple en Allemagne et qui imposent, pour remettre en cause le Chancelier fédéral, de trouver au Bundestag une majorité alternative pour choisir son remplaçant. Cette perspective est illusoire dans le cas présent. En conséquence, le vote d’une motion de censure procéderait également d’un déni démocratique auquel il m’est impossible de m’associer.

Le chantier qui se révèle devant nous est immense tant au plan démocratique que pour inventer la société de demain. Et là, personne, n’a la clé tant ce sont encore les modèles d’hier qui s’affrontent.

Je poursuivrai donc mon action, comme depuis le début de mon mandat parlementaire pour tenter d’agir à la racine , pour favoriser l’émergence d’une économie réelle, locale, proche des besoins essentiels et durables, tout en agissant pour une Europe qui pèse sur la régulation du Monde, la finance débridée, la fraude et l’évasion fiscale. Je continuerai ainsi jusqu’à la fin du mandat sur ces sujets cruciaux qui sont en lien direct avec l’enjeu du travail et de l’emploi.

loi travail

Loi travail : manifestation et votation à Besançon

Alors que François Hollande reste inflexible en déclarant  ce jeudi matin que le gouvernement irait « jusqu’au bout » de la loi travail, les manifestations demandant le retrait du texte se poursuivent partout en France pour une journée d’action nationale. À Besançon, 440 manifestants selon la police ont déambulé en fin de matinée et une votation citoyenne se tient place Pasteur jusqu’à 16h.

Myriam El Khomri : “Ce n’est pas de l’obstination, c’est de la conviction”

« Je ne suis ni sourde ni aveugle ! » Juste avant l’inauguration ce vendredi 27 mai 2016 de l’école « Cuisine Mode d’emploi(s) », la ministre du Travail a rencontré à Besançon des représentants de syndicats durant près d’une heure alors que 300 personnes étaient rassemblées à distance du site de l’ancienne usine Lip.

Myriam El Khomri – Besançon 27 mai 2016 from maCommune.info on Vimeo.

Mobilisation contre la loi travail : c’est reparti pour un tour…

« Ni amendable, ni négociable : retrait de la loi travail ! ». Entre 150 et 200 manifestants ont défilé ce jeudi matin boulevard Kennedy à Besançon avant le rassemblement devant le Medef à 11h.  La mobilisation a provoqué de nombreux ralentissements dans le secteur.

Politique

Sécheresse : la Coordination rurale du Doubs reçue par la préfecture

Face à la sécheresse et aux épisodes de canicule qui frappent le Doubs depuis plusieurs semaines, la Coordination rurale du Doubs et du Territoire de Belfort a été reçue ce vendredi 31 juillet à la préfecture afin d'évoquer les difficultés croissantes des agriculteurs. Le syndicat demande la mise en place de mesures d'urgence pour soutenir les éleveurs.

Dannemarie-sur-Crête : La Poste réactive une tournée après la grève des facteurs

Confrontés à des conditions de travail rendues difficiles par les fortes chaleurs, plusieurs facteurs du site de Danemarie-sur-Crête ont exercé leur droit de grève, ce jeudi 30 juillet 2026.  À l'issue d'une réunion avec les organisations syndicales, la direction a annoncé une mesure destinée à améliorer l'organisation des tournées.

Loue Lison : un contrat de plus de 11 millions d’euros pour préserver l’eau

Réunis à Chenecey-Buillon, ce jeudi 30 juillet 2026, la Communauté de communes Loue Lison, l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse, les syndicats d'eau potable et la commune d'Arc-et-Senans ont signé le Contrat Eau et Climat. Ce partenariat, qui prévoit de plus de 11 millions d'euros d'investissements sur trois ans, vise à moderniser les infrastructures, améliorer la qualité de l'eau et répondre aux défis du changement climatique.

Les maires de Haute Saône s’unissent pour protéger le massif du Mont de Vannes

Après le violent incendie qui a détruit une habitation et parcouru plus de trois hectares de végétation à Mélisey en début de semaine, les maires de douze communes de Haute-Saône renforcent les mesures de prévention. L'accès au massif du Mont de Vannes est désormais interdit jusqu'à nouvel ordre.

À Dijon, un médecin gériatrique alerte la maire sur la chaleur dans l’écoquartier des Maraîchers et appelle à davantage de végétalisation

Le Dr Jean-Louis Gross, médecin gériatrique à Dijon, a adressé le 16 juillet 2026 une lettre ouverte à Nathalie Koenders, maire de Dijon, et qui nous a été communiquée le 29 juillet, afin d’alerter sur la situation des habitants de l’écoquartier des Maraîchers face aux épisodes de fortes chaleurs.

Incendies de forêt : Matthieu Bloch dépose une proposition de loi pour durcir les sanctions contre les incendiaires

Le député du Doubs, Matthieu Bloch, a annoncé, mardi 28 juillet 2026, avoir déposé une proposition de loi visant à renforcer la réponse pénale contre les auteurs d'incendies volontaires commis lors de périodes de risque exceptionnel de propagation des feux de forêt. Selon le communiqué diffusé par le parlementaire, cette initiative intervient ”face à la multiplication des incendies de forêt et à leurs conséquences humaines, environnementales et économiques”.

Citadelle de Besançon : le nouvel éclairage se déploie progressivement jusqu’à fin novembre

Le remplacement du système d'éclairage de la Citadelle de Besançon se poursuit. Engagé dans le cadre d'un projet préparé lors du précédent mandat municipal sous Anne Vignot, le chantier avance par étapes et entraîne plusieurs périodes d'extinction partielle du monument depuis ce mois de juillet 2026. Explications avec Christine Werthe, adjointe adjointe à la Ville de Besançon en charge de la Citadelle, du patrimoine Unesco et Vauban.

Incendies : l’association A gauche citoyens annonce un don de 1 000 euros au Secours populaire et critique la politique gouvernementale

L’association A gauche citoyens ! annonce, dans un communiqué du lundi 27 juillet 2026, répondre à l’appel du Secours populaire en faveur des victimes des incendies. Dans un communiqué, elle indique apporter une aide financière de 1 000 euros à l’association.

Le PCF se mobilise pour dénoncer la gestion de l’eau de la Ville de Besançon

Des élus et militants du Parti communiste français ont mené une action symbolique ce samedi matin à Besançon pour dénoncer la politique de gestion de l'eau de la municipalité. Ils reprochent notamment à la Ville de poursuivre l'arrosage de ses nouveaux massifs de fleurs malgré la sécheresse et les restrictions. 

Territoire de Belfort : Cédric Perrin demande l’autorisation de remplir les mares pour protéger la faune sauvage

Face aux effets de la sécheresse qui touche actuellement le Territoire de Belfort, le sénateur Cédric Perrin a adressé, ce vendredi 24 juillet, un courrier au préfet afin de demander une adaptation de l’arrêté préfectoral encadrant les restrictions d’usage de l’eau.

L’avion militaire A400M bientôt mobilisé pour renforcer la lutte contre les feux de forêt en France

Le ministère de l'Intérieur et le ministère des Armées et des Anciens combattants ont annoncé dans un communiqué commun du 23 juillet 2026 la mise en place d'une expérimentation visant à renforcer les moyens nationaux de lutte contre les feux de forêt grâce à un avion de transport militaire A400M équipé d'un kit de largage de retardant.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 22.1
nuageux
le 01/08 à 23h00
Vent
2.26 m/s
Pression
1016 hPa
Humidité
71 %

Sondage