Ils se l'étaient promis, ils ont vaincu le Mont-Blanc

Publié le 19/06/2018 - 12:08
Mis à jour le 21/06/2018 - 10:34

Frédéric Parise, ancien footballeur Bisontin, s’était lancé le défi de gravir le Mont Blanc pour l’association « Bout de Vie », venant en aide aux personnes amputées. Homme de parole, il a gravi ce lundi 18 juin 2018 les 4810 mètres le séparant du sommet. Et récolté par la même 11 000€ de dons. Accompagné dans cette rude épreuve par son ami Lionel Colombani et le guide Philippe Cabe, il raconte son périple…

[Journal de bord]

Jour 1 – Dimanche 17 juin : Grand départ et premières difficultés

"C'est le grand jour. Départ de Le Fayet à 8h30, à la fois excités et un peu stressés. On prend le tramway du Mont Blanc jusqu'au Nid d'aigle. Pas de chance, à 800 mètres de notre destination, on est obligés d'en descendre : il est en réparation. Ca nous rajoute un peu de marche, on se dit en rigolant que ça commence bien.

Tramway mont blanc

Premiers pas

Le guide nous rejoint là-bas, et on marche avec lui jusqu'au prochain refuge, situé à 3800 mètres d'altitude. Le parcours pour l'atteindre annonce la couleur. On passe par le couloir du Goudet, qui est un vrai enfer pour nous parce qu'on n'est pas alpinistes.

Ca ressemble plus à de l'escalade qu'à de la randonnée. C'est très technique, et dans des conditions extrêmes : c'est super pentu, il n'y a que des prises sur des roches très pointues… Avec de la neige qui fond un peu partout. Il ne fait pas très froid mais le Goudet, c'est le terrain des neiges éternelles. Il a beau faire 0, on ressent du -20°. Ca nous met dans l'ambiance… On se sécurise par des câbles et on suit le guide.

Terrain

Une nuit agitée

On arrive à 17h au refuge. Une première étape, qu'on honore par un repas et un repos bien mérités. On se couche à 19h, il faudra repartir tôt le lendemain. Dans exactement 7 heures même.

Malheureusement, impossible de s'endormir. On ne ferme pas l'œil de la nuit. C'est à cause de l'altitude, on n'est pas acclimatés. On fait une nuit presque blanche. Le "réveil" à 2h est pourtant pas si compliqué, notamment à cause de l'excitation…

2e jour – Lundi 18 juin : Arrivée au sommet

On se lève à 2h du matin pour attaquer l'ascension. On stresse un peu, pas tant pour la montée mais plus pour la descente. On déjeune, on prépare les sacs et à 3h, on attaque l'ascension.

Les trois quarts de la montée se font en cordée avec le guide. On n'avait jamais fait de haute-montagne, et les sensations sont très bizarres et pas rassurantes : quand on marche, les gens sont au-dessus de vous, pas à côté. Ca fait flipper pour nous qui faisons de la randonnée, et pas de l'alpinisme ! Mais on continue de bon train.

Cordée

Le sommet

On arrive enfin au sommet à 8h30. On est fatigués mais c'est un moment d'émotion très intense.  On se congratule, on est tous super émus. Je m'accroupis et embrasse le Mont Blanc. C'est un réflexe, c'est instinctif, un hommage à la montagne j'imagine. Je lâche quelques larmes. Il faut me comprendre : j'ai atteint mon but, pour lequel je travaille depuis un an, à chercher des partenaires, des sponsors, à me préparer physiquement… Tout retombe d'un coup.

Et devant le plus beau des panoramas. On a vu une vue à 360°, on est sur le toit de l'Europe. On voit tout. En plus, on a un super beau temps, tout est dégagé. C'est magnifique, le temps s'arrête un moment.

Mont blanc vue

La descente

Mais il fait froid, -20° avec un vent cinglant. On prend quelques photos puis on repart, un peu avant 9h. Là, les ennuis commencent… La descente est beaucoup plus compliquée. C'est vraiment très dur, on descend presque à la verticale, les muscles tirent énormément. C'est très long. On part du sommet à 9h, pour arriver au Fayet à 18h30, notre point de départ.

Soirée repos

Là, on se rend compte que l'aventure est finie. On s'était promis une bonne pizza et on se la tape, accompagnée de quatre bières. On se pose devant le match de l'Angleterre (football) et c'est super. On se couche à 22h et on dort comme des pierres.

On part le mardi matin, en voiture pour rejoindre notre beau département du Doubs vers midi. A travers la vitre, on regarde le Mont Blanc, en disant qu'on était là-haut. C'est assez hallucinant. Ça a l'air si près à vol d'oiseau, mais dans les faits... Il faut en manger des kilomètres à pieds !

Bilan

Globalement, on s'en sort bien : des courbatures, et j'ai quelques ongles qui sont devenus bleus. J'ai pris rendez-vous chez un podologue. Mais c'était vraiment dur. On n'a pas envie de remonter, on l'a fait une fois, ça va (rires). Lionel dit même que s'il avait su que c'était aussi dur, il ne l'aurait peut-être pas fait.

Pour des novices comme nous, ça nous rend vraiment fiers d'avoir réalisé cette épreuve. C'était une expédition géniale. On a eu énormément d'émotions. D'abord parce que c'était pour l'assoc' : on a récolté 11 000€, c'est pas banal. Et parce que tout s'est bien passé, aussi. Tout s'est réuni : l'argent, l'assoc', le défi… On est super fiers."

team

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