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La CEDH valide l'interdiction du voile intégral en France

Publié le 01/07/2014 - 11:25
Mis à jour le 01/07/2014 - 11:47

La Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a validé l'interdiction du voile intégral en France ce mardi 1er juillet à 11h. Une loi qui interdit de "dissimuler son visage" dans l'espace public en France, notamment avec un voile islamiste intégral. 

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Cette loi votée en 2010  stipule que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage", sous peine de 150 euros d'amende et/ou d'un stage de citoyenneté, ce que contestait une jeune Française adepte de la burqa et du niqab. A cette fin, la jeune femme avait saisi la CEDH.

La juridiction du Conseil de l'Europe a estimé que la loi française n'outrepassait pas la marge d'interprétation accordée aux Etats dans la mise en œuvre de la Convention européenne des droits de l'Homme.

'"Parfaite citoyenne française d'un niveau d'éducation universitaire"

Le cabinet d'avocats de Birmingham (Royaume-Uni) qui défendait les intérêts de la jeune femme avait invoqué pas moins de six articles de la Convention européenne des droits de l'Homme dans cette affaire (interdiction de traitements inhumains ou dégradants, droit au respect de la vie privée et familiale, à la liberté de pensée, de conscience et de religion, liberté d'expression, et interdiction de la discrimination).

"Parfaite citoyenne française d'un niveau d'éducation universitaire", elle "parle de sa République avec passion. C'est une patriote", avait assuré un de ses défenseurs, Me Tony Muman, à l'audience où elle était elle-même absente, fin novembre 2013. Dans sa requête elle affirmait ne subir "aucune pression" familiale, accepter les contrôles d'identité, tout en voulant rester libre de porter le voile à sa guise.

Un rejet pur et simple de la requête

Le gouvernement français avait demandé le rejet pur et simple de sa requête. Ses représentants avaient souligné que la loi française ne visait pas spécifiquement le port du voile intégral, mais la dissimulation du visage par quelque moyen que ce soit dans l'espace public, et donc aussi à l'aide d'une cagoule ou d'un casque de moto.

Dans le même temps, ils avaient relevé le caractère extrêmement minoritaire de la pratique du voile intégral en France. Alors que le nombre de musulmans vivant dans le pays est estimé à plus de 5 millions, seules "1 900 femmes environ étaient concernées fin 2009", selon une mission d'information de l'Assemblée nationale. Et dans ses observations présentées à la Cour de Strasbourg, le gouvernement français s'était félicité que ce chiffre ait chuté de pratiquement 50 % depuis 2010, "grâce à un important travail d'information du public mené à l'époque".

Jurisprudence

Dans sa jurisprudence passée, la Cour a déjà accordé à la France une marge d'appréciation pour interdire au nom de la laïcité le foulard dans les établissements scolaires. Elle a aussi validé l'obligation de retirer foulards et turbans aux contrôles de sécurité. Mais, en 2010, elle a condamné la Turquie en disant que porter un vêtement religieux ne constituait pas en soi une menace à l'ordre public ou du prosélytisme.

L'arrêt de la CEDH intervient quelques jours après la confirmation par la Cour de cassation française du licenciement pour faute grave d'une salariée voilée de la crèche Baby-Loup, qui envisage elle aussi de se pourvoir à Strasbourg.

La décision des juges de Strasbourg coïncide aussi avec celle de la cour d'appel de Versailles à l'encontre d'un jeune homme condamné en première instance à trois mois de prison avec sursis pour s'être violemment interposé lors du contrôle d'identité de sa femme portant le niqab, en juillet 2013 à Trappes, en banlieue parisienne.

L'affaire avait provoqué une flambée de violences urbaines. Son épouse, condamnée à un mois de prison avec sursis pour outrage et rébellion, et à 150 euros d'amende pour le port d'un niqab, doit être jugée en appel en octobre.

(Avec AFP)

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