Pierre Moscovici appelle à trouver "un budget dans les temps", malgré une Assemblée fragmentée

Publié le 31/08/2025 - 17:32
Mis à jour le 31/08/2025 - 17:32

"La France a besoin d'un budget dans les temps", face à une situation financière qui n'est "pas critique, mais tout de même préoccupante", a estimé dimanche 31 août 2025 le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, sur LCI.

Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes © CC2 Cour des comptes
Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes © CC2 Cour des comptes

"Je rappelle qu'il y a une contrainte prévue par la Constitution et par les lois organiques de finances selon laquelle le Parlement doit disposer de 70 jours de débats, ce qui veut dire que nous avons jusqu'au 15 octobre pour avoir un budget", a-t-il détaillé, à une semaine du vote de confiance du 8 septembre lors duquel le gouvernement jouera sa survie.

La situation est "toujours grave, un peu plus grave qu'elle l'était il y a un an", selon lui. Or, face à une Assemblée nationale fragmentée, il faut "nécessairement fabriquer un compromis ou une majorité de non censure", a-t-il poursuivi, qualifiant d'"audacieux" le choix de François Bayrou d'avoir recours à ce vote de confiance.

La dette publique française représente près de 114% du PIB

Dans ce contexte, "cela ne peut pas être le budget dont rêve la droite, ça ne peut pas être le budget dont rêve la gauche, ça ne peut pas être le budget dont rêvent les autres", a insisté M. Moscovici. L'enjeu du budget défendu par François Bayou est d'obtenir 44 milliards d'euros d'économies en guise de première étape pour réduire le déficit public à moins de 3% du PIB en 2029, seuil à partir duquel la dette n'augmenterait plus selon le Premier ministre.

Aujourd'hui, la dette publique française représente près de 114% du PIB, la troisième plus importante de la zone euro derrière la Grèce et l'Italie.

Toutefois, pas de scénario catastrophe selon M. Moscovici, "parce que nous gérons bien notre dette, que nous appartenons la zone euro et que nous avons des impôts qui rentrent. (...) Mais alors, le vrai problème, c'est le coût de notre dette", qui "interpelle les marchés".

La charge de la dette, à savoir les intérêts payés chaque année aux créanciers, est susceptible de devenir le premier poste de dépenses budgétaires, devant l'éducation nationale et la défense. "Notre dette, contrairement à d'autres, notamment la dette italienne ou japonaise, est détenue majoritairement par des étrangers, à 53 ou 55%. (...) S'ils estiment que le pays n'est pas géré, ils renchérissent le coût de la dette", a-t-il expliqué.

"Les conséquences pour les Français, c'est qu'on ne peut pas faire le reste. Si vous remboursez 100 milliards d'euros par an (...) l'action publique se trouve étranglée", a-t-il poursuivi.

(Source AFP)

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