Pompiers volontaires et numéro unique d'urgence: l'Assemblée adopte une proposition de loi

Publié le 27/05/2021 - 18:20
Mis à jour le 27/05/2021 - 17:15

L’Assemblée nationale a adopté jeudi 27 mai 2021  à l’unanimité, en première lecture, une proposition de loi pour mieux valoriser les sapeurs-pompiers volontaires et expérimenter un numéro unique d’appels d’urgence.

 © D Poirier
© D Poirier

Ce texte consensuel est désormais attendu au Sénat. Préparé par le député LREM Fabien Matras, il entend consolider le modèle de sécurité civile français qui repose largement sur ces volontaires, représentant 80% des 250.000 pompiers.

Cet engagement volontaire  a tendance à s'étioler, alors que le système est plus que jamais sous tension, avec une intervention toutes les 6,5 secondes environ et 85% des opérations des sapeurs-pompiers qui concernent le secours aux personnes. Sans compter la hausse exponentielle des agressions dont sont victimes les soldats du feu.

Le gouvernement a en outre profité du texte pour faire voter par amendement la création d'un statut de "Mort pour le service de la République" pour les agents publics décédés "dans des circonstances exceptionnelles". Il concernera notamment les soignants décédés pendant la pandémie du Covid-19, avec un statut de pupilles de la République pour leurs enfants.

Les votes unanimes se sont succédé durant les débats. Les députés ont martelé leur attachement à l'engagement citoyen des "sapeurs pompiers volontaires", s'inquiétant de la "jurisprudence européenne", qui tend à considérer ces pompiers comme des travailleurs.

Pour créer des vocations et fidéliser les volontaires, le texte prévoit des bonifications financières plus avantageuses, un accès facilité au logement social, une gestion plus souple des carences ambulancières pour le transport de patients.

Pour lutter contre les agressions, la proposition de loi prévoit de généraliser les caméras piétons et de muscler la réponse pénale lorsque des pompiers sont insultés.

Numéro unique des urgences : des expérimentations

L'Assemblée a aussi voté à l'unanimité des expérimentations d'un numéro unique pour les appels d'urgence, testant trois modalités: un rapprochement de "l'ensemble des services" (numéro 15, 17 et 18), un rassemblement sans "police-secours" (15 et 18), ou un simple "regroupement" du Samu et des médecins de garde en lien avec les autres services d'urgence (15 et permanence des soins).

"On ne supprime aucun numéro d'urgence" mais "on essaye d'avancer pour simplifier la vie" des Français, a souligné Fabien Matras, alors que le sujet fait débat chez les soignants.

Son principe est vivement combattu par certains médecins, comme le syndicat Samu-Urgences de France qui estime que l'instauration d'un futur "112" (l'équivalent français du "911" nord-américain) rime avec "perte de chance" pour le patient et "désorganisation de toute la chaîne hospitalière".

(AFP)

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