Triple infanticide : "J'arrive toujours pas à comprendre", dit la mère

Publié le 24/11/2015 - 08:51
Mis à jour le 15/04/2019 - 12:02

Au premier jour de son procès lundi 23 novembre 2015, Céline Rubey, jugée par les assises de Saône-et-Loire pour le meurtre de ses trois fils, a mis en avant la religion, la solitude, sans pour autant pouvoir s'expliquer précisément sur son geste.

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©Alexane Alfaro
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Le 1er novembre 2013, le début de journée se déroule normalement dans le pavillon de Gergy, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Chalon-sur-Saône, où Céline Rubey vit seule avec ses trois enfants.

Après le déjeuner, elle tue ses jumeaux de 18 mois avec des sacs plastiques et donne une grosse dose de valium à son aîné de six ans. Elle tentera ensuite de mettre fin à ses jours, avant que sa mère arrive. Cette dernière découvre alors les trois garçons morts bordés dans leurs lits et sa fille sous l’emprise de médicaments et de l’alcool.

Longs cheveux châtains, emmitouflée dans un gilet, traits tirés, l’accusée répond posément, à la barre, aux questions très précises du président de la cour. Jusqu’au moment où sont évoqués les meurtres. Elle se jette alors par terre en sanglots, implorant « Ah mes enfants », nécessitant une interruption de l’audience pendant quelques dizaines de minutes.

« Je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu aller jusque-là »

Ce 1er novembre, « pour moi, c’était le dernier jour » et « je me suis dit qu’ils allaient souffrir de mon absence et j’ai décidé de les emmener avec moi », détaille la jeune femme. Mais « le geste, je n’arrive toujours pas à comprendre comment j’ai pu aller jusque-là », lâche-t-elle. La cour l’a longuement interrogée, lundi, sur son parcours de mère et de
femme avant le drame. Il en ressort notamment sa « dépression », ses « manques de repères » et sa conversion à l’islam – qu’elle pratique de manière radicale – dont elle dit aujourd’hui avoir pris ses distances.

Il y a aussi ce premier signe, fin juin 2013, où, prise d’une « bouffée délirante » lors d’un spectacle d’enfants récitant le Coran, elle dit avoir voulu mourir en martyr avec les siens. Internée pendant quelques jours, elle récupérera finalement ses enfants à sa sortie de l’hôpital. Sur le banc des parties civiles, le père des jumeaux, qui ne l’avait pas revue depuis les faits, est parti au milieu de l’audience en claquant la porte. Le père de l’aîné, présent également, a décidé lundi seulement de se
constituer lui aussi partie civile. Céline Rubey s’était séparée d’eux enceinte et ils ont très peu connu leurs enfants. Tous deux doivent être entendus mardi par la cour.

(Source : AFP)
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