À bout touchant : "J'ai cru mourir moi aussi"

Publié le 04/06/2016 - 10:30
Mis à jour le 04/06/2016 - 10:30

Carole Rognon a vécu l’indicible. Christophe et Hélène, ses deux enfants de 11 et 12 ans, ont été abattus « à bout touchant » par leur père dans leur sommeil  la nuit du Réveillon le 1er janvier 1996 à Ornex dans l’Ain près de la frontière suisse. « Le jour du drame, mon cœur s’est brisé, mais il a continué à battre » raconte-t-elle dans ce livre qu’elle a écrit, notamment pour terminer son travail de deuil. Carole Rognon sera en dédicaces ce samedi 21 mars 2015 à partir de 15h à la Librairie Forum de Besançon.

Témoignage

"Je ne suis pas "écrivain, mais j’ai juste décidé d’écrire mon histoire afin de rendre un hommage à mes deux enfants" explique humblement Carole Rognon dont la vie à basculé dans la nuit du Réveillon du 31 décembre 1995 au 1er janvier 1996. peu après minuit son ex-mari tuait leurs deux enfants dans le sommeil. Hélène, 11 ans, est morte sur le coup. Christophe, 12 ans, décéda à l'hôpital de Genève. "A l’époque, nous vivions tous les trois à Lure en Haute-Saône. C’était la première fois que Christophe et Hélène retournaient le temps d’une semaine de vacances scolaires auprès de leur père, dans la maison familiale". Malgré s'être retourné l'arme contre lui en se tirant trois balles dans la tête, le père survivra. Il sera condamné en 1998 à 30 ans de réclusion par a cour d'Assises de l'Ain. 

Cette mère explique que l'empathie autour du drame fut immense, mais de courte durée. "La violence de cette tragédie s’est répandue comme un poison et a eu raison de beaucoup d'esprits bienveillants.Dans les semaines et les mois qui ont suivi l’assassinat de mes enfants, j’ai cru mourir moi aussi". Cette mère qui avoue avoir côtoyé l'enfer a tenté de se reconstruire loin des préjugés et du jugement des autres. Après avoir décidé de survivre en conservant le sourire et en se fondant à nouveau dans l'anonymat, elle nous a expliqué pourquoi elle a souhaité raconter son histoire. Voici son témoignage. 

"En 2001, l’envie de raconter, une envie très forte s’imposa à moi comme une évidence. J’avais tellement de choses à dire. Oui, ce drame que j’ai vécu, je voulais le partager avec le plus grand nombre, pour évacuer cette peine trop longtemps contenue en essayant de dire l’indicible. A cette époque, la procédure civile venait à peine de se terminer.

"Le temps de la justice n'est pas celui de la douleur, de l'émotion ou de la colère"

En effet, il a fallu faire face à cette justice qui se hâte avec une lenteur désespérante. Mais le temps de la justice n'est pas celui de la douleur, de l'émotion ou de la colère. Il est celui de la raison et de l'objectivité. Mais ce temps fut extrêmement long pour moi et ma famille qui subissions ce drame et attendions des réponses.

Également, n’ayant aucune expérience en la matière et ne voulant pas non plus réaliser une énumération longue et indigeste des faits, j’ai alors fait appel à Marc, écrivain pour inconnu.

Mais ma blessure était trop vive, la colère trop forte et les cinq années de procédure ont eu raison de mon choix. C’est à contrecœur que je me décidais à renoncer.Si je voulais vivre, il fallait que je commence par tourner la page en me consacrant à des projets de vie, les projets communs que Jean-Pierre, mon compagnon et moi-même avions envisagés.

"Tout ce temps pour retrouver le goût, et j’ose dire, la joie de vivre" 

"Au printemps 2011, me sentant à nouveau prête, j’ai décidé de rappeler Marc qui d’emblée a accepté de collaborer à nouveau au projet. Il m’a donc fallu tout ce temps pour me reconstruire, atteindre la lucidité, le détachement qui permettent de dire les choses telles qu’elles se sont passées, sans fard, sans excès, sans injustice. Tout ce temps aussi pour atteindre, approcher devrais-je dire, la vérité. Vérité que j’estime devoir, par-delà la mort, à Hélène, à Christophe, à moi-même.

Tout ce temps pour retrouver le goût, et j’ose dire, la joie de vivre ; celle qui donne l’énergie d’écrire. Pour retrouver aussi cette tranquillité, cette paix de l’esprit, sans laquelle seule la colère parle, transformant la réalité des faits et des circonstances en un cri.Il fallait aussi que j’écrive pour tourner la page de ces années de galère. Parce que je ne voulais pas seulement me soigner, je voulais guérir !

J’avais tellement de choses à dire.Et pour être sûre de tenir à distance la passion, j’ai décidé d’écrire à la troisième personne. Ce sera  "Carole, elle" plutôt que « moi, je ». Hélas, au bout de quelques mois et pour des raisons professionnelles, Marc a cessé toute collaboration.

"Même si le temps a atténué mes blessures, l’absence est toujours aussi douloureuse"

Alors, j’ai décidé de continuer avec la seule aide et les encouragements de mon mari. Si j’ai voulu mener à terme ce projet, c’était également pour terminer le travail de deuil. Même si le temps a atténué mes blessures, l’absence est toujours aussi douloureuse.Aujourd’hui, dix-neuf années se sont écoulées et mon livre est enfin publié !"

Info + 

"À bout touchant"  roman autobiographique publié aux éditions du Net - 17 € en version papier - 11,20 € en version numérique. 296 pages


Société

On a testé pour vous les trois nouvelles infusions de la Maison laGrange à Marnay

Depuis mars 2026, la maison laGrange enrichit sa gamme avec trois nouvelles infusions bio aux fèves de cacao : Au goûter de Louis, L’Orangette et Îles Bounty. Curieuses de découvrir ces nouvelles créations, nos trois journalistes amatrices de thés et d’infusions, Élodie, Hélène et Alexane, les ont testées pour vous.

Enedis et le SDIS 25 s’exercent au sauvetage en milieu confiné sous le tramway à Besançon

Enedis et le Service départemental d’incendie et de secours du Doubs (SDIS 25) ont organisé, le 11 juin 2026, un exercice conjoint de sauvetage en milieu confiné dans une chambre souterraine du réseau électrique située sous les voies du tramway, rue Tristan-Bernard à Besançon. Cette opération visait à préparer les intervenants à une éventuelle intervention réelle et à renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés.

À Ornans, le futur éco-centre du Sybert prend forme

Le chantier du futur éco-centre d’Ornans se poursuit sur le chemin du Gradion à Ornans, à proximité de la zone d’activités ”Au Malade”. Ce nouvel équipement du Sybert remplacera l’ancienne déchetterie, fermée depuis 2021 et provisoirement remplacée par un site installé rue des Épenottes.

À Besançon, la fresque de Nacle en hommage à Lyhanna reste en place… pour l’instant

Dimanche 14 juin 2026, le graffeur bisontin Nacle a dévoilé sa nouvelle fresque située niveau du boulevard Diderot à Besançon en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée assassinée dans le Gers au début du mois. Réalisée sans autorisation, il a été question de son nettoyage. Dans l’attente d’un compromis, la Ville de Besançon a souhaité réagir ce lundi dans un communiqué.

Il revenait de Suisse avec une tonne de ferraille à Morteau : son camion saisi par les douanes, 10 ans de prison encourus…

La direction régionale des Douanes de Besançon lance une campagne d’information sur les règles encadrant le transport transfrontalier de déchets entre la Suisse et la France. À cette occasion, elle met en avant une saisie réalisée fin mai 2026 par la brigade de Morteau, présentée comme une illustration d’un phénomène régulièrement constaté sur la frontière franco-suisse.

Sondage – La Fête de la musique est-elle encore un événement incontournable pour vous ?

Depuis plus de 40 ans, la Fête de la musique marque le début de l'été et rassemble chaque année des milliers de personnes dans les rues, les places et les bars. Entre concerts amateurs, artistes confirmés et ambiance festive, l'événement conserve une place particulière dans le calendrier culturel. À quelques jours de l'édition 2026, nous souhaitons connaître votre avis : la Fête de la musique est-elle encore un événement incontournable ? C'est notre sondage de la semaine.

Loi intégrale contre les violences sexuelles : nouveau rassemblement ce lundi à Besançon

À la suite de l’affaire Lyhanna, l’intersyndicale féministe du Doubs Solidaires FSU-CGT Éducation appelle à un nouveau rassemblement ce lundi 15 juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Besançon afin d’exiger une loi cadre intégrale contre les violences sexuelles.

Un exercice de sécurité civile à Deluz pour tester le dispositif FR-Alert

Le mercredi 24 juin 2026, la préfecture du Doubs organise un exercice de sécurité civile "risque industriel" dans la commune de Deluz dès 8h30. Cet exercice permettra aux services de l’État de tester le dispositif FR-Alert, prévient la préfecture du Doubs dans son communiqué.  

Concours régional “Tous à table !” : les professionnels de la restauration scolaire à l’honneur

La cérémonie de remise des prix du 3ª concours régional "Tous à table!", destiné aux équipes de cuisine des établissements de Bourgogne Franche-Comté, a eu lieu mercredi 10 juin 2026 au lycée François Mitterrand à Château-Chinon (Nièvre).

Symbole “d’une décarbonation réussie”, la cheminée de Planoise disparaît

VIDÉO • La cheminée de la chaufferie de Planoise, témoin de l’ère du fioul et du charbon, est aujourd’hui devenue obsolète. Sa déconstruction a débuté ce mercredi 10 juin 2026 à Besançon en présence des représentants de Grand Besançon métropole et de l’exploitant du réseau de chaleur urbain ENGIE lors d’une visite de chantier ouverte à la presse.

En Bourgogne-Franche-Comté, des maraîchers cultivent l’autonomie alimentaire

Un collectif de fermes et de maraîchers de Bourgogne-Franche-Comté, est réunie autour du projet “Populations évolutives et pré-sélectionnées“ (PEPs). Objectif : atteindre l’autonomie alimentaire par la création variétale de légumes d’ici 2027. Sébastien Desgeorges, maraîcher et membre du collectif nous en parle...

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 28.07
partiellement nuageux
le 17/06 à 12h00
Vent
2.59 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
53 %

Sondage