Affaire Dieterich : 20 ans de réclusion criminelle pour Christophe Blind

Publié le 18/01/2019 - 17:34
Mis à jour le 18/01/2019 - 17:35

Mise à jour à 17h33 • La cour d’assises du Territoire de Belfort, siégeant à Vesoul, a condamné ce vendredi 18 janvier 2019 Christophe Blind, 49 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat, un quart de siècle plus tôt, de Stéphane Dieterich, un étudiant belfortain.

L'avocat général Frédéric Lutz avait exhorté les jurés : "Pendant 20 ans, il (Christophe Blind) a vécu sa vie. Il a bénéficié d'une forme d'impunité totale alors qu'il a assassiné un homme. C'est cette impunité que je vous demande de briser".

Puis il avait requis 20 ans de réclusion criminelle à son encontre, la peine prononcée après un peu moins de quatre heures de délibérations. "Stéphane va pouvoir s'envoler et reposer en paix, enfin", a réagi son frère Sylvain devant la presse à l'issue du procès.

"l'absence de sincérité de l'accusé"

Dénonçant "l'absence de sincérité de l'accusé", Claire Doubliez l'avocate de la mère et du frère de la victime, parties civiles, a regretté à l'audience que Christophe Blind n'ait "pas eu un mot (...) à (leur) endroit" tout au long de ce procès qui s'était ouvert lundi.

L'avocat de l'accusé, Julien Dami Le Coz, a contesté la préméditation retenue par le ministère public. "De 1990 au 4 juillet 1994, jusqu'à quelques secondes avant les faits, Sylvain Dieterich a imposé à Christophe Blind des actes à caractère sexuel", a-t-il soutenu, affirmant que la victime exerçait une "ascendance" sur son meurtrier.

Regrettant une peine "assez lourde" à l'énoncé du verdict, il s'est réservé la possibilité d'interjeter appel. Stéphane Dieterich, âgé de 24 ans au moment des faits, avait été tué dans la nuit du 4 au 5 juillet 1994. Son corps, lardé de onze coups de couteau, avait été retrouvé dans un bois, à Essert, une commune voisine de Belfort.

Rappel des faits

A l'époque, Christophe Blind avait été placé en garde de vue, figurant parmi les nombreuses pistes explorées par les enquêteurs. Le jeune homme, qui apparaissait comme l'une des dernières personnes à avoir vu la victime vivante, avait toutefois été mis hors de cause par une ordonnance de non-lieu rendue en octobre 2001.

La famille avait fait appel de cette décision, qui avait été définitivement confirmée en 2003 par la Cour de cassation. Mais en 2013, l'affaire a connu un rebondissement, des scellés non exploités étant analysés grâce aux avancées techniques. Un rapport d'expertise a entraîné la saisine d'un juge d'instruction en février et l'enquête a été relancée, quelques mois avant que les faits soient prescrits.

Deux émissions de télévision consacrées à ce meurtre non élucidé, ainsi que l'activité de la famille pour faire vivre la mémoire de Stéphane Dieterich, ont suscité aussi de nouveaux témoignages.

En décembre 2015, Christophe Blind a de nouveau été placé en garde à vue et a fini par avouer être l'auteur de cet homicide avant d'être mis en examen pour meurtre et écroué. La chambre de l'instruction a ensuite requalifié les poursuites en assassinat, comme l'avait requis le parquet.

(Source AFP)

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