"Malgré les efforts méthodiques déployés, la détermination des gendarmes et les moyens spécialisés (...), aucune découverte significative n'a été réalisée", a précisé dans un communiqué la procureure Marie-Denise Pichonnier.
Les fouilles, achevées mardi soir après quinze jours, ont été menées "afin de rechercher le reste" du corps de Marie-Jeanne Ambroisine Coussin, une nouvelle victime potentielle d'Emile Louis, mort en prison à 79 ans en 2013. En décembre 2018, un "morceau" de sa "voûte crânienne" avait été exhumé sur le même site de fouilles situé dans le petit village de Rouvray, à environ 17 km au nord-est d'Auxerre, a rappelé la procureure.
Marie-Jeanne Ambroisine Coussin, disparue en 1975, était une enfant de l'assistance publique, comme les sept victimes connues du tueur en série et pour lesquelles il a été condamné à la perpétuité en 2006. Marie-Jeanne Ambroisine Coussin avait, comme presque toutes ces sept jeunes femmes, emprunté le bus scolaire conduit par Émile Louis. Elle était handicapée mentale, comme les sept autres victimes portées disparues dans l'Yonne entre 1975 et 1979.
"Etait également envisagée la découverte d'ossements correspondant aux victimes identifiées d'Emile Louis dès lors que les fouilles étaient réalisées dans des zones ciblées d'ensevelissement de leurs corps", a ajouté la procureure dans son bref communiqué qui ne donne pas plus de précisions.
"Il aurait fallu fouiller toute la zone dès 2000, avec Emile Louis. Maintenant, c'est compliqué"
Cinquante-et-un ans après les premières disparitions, les restes de cinq des sept victimes d'Emile Louis n'ont en effet toujours pas été retrouvés. Seuls deux squelettes ont pu être exhumés après qu'Emile Louis, en 2000, pointe sept sites sur un périmètre d'environ 1.500 m sur 500, dans une zone de champs et de sous-bois située à Rouvray (Yonne). Habitant le village voisin de Seignelay, Emile Louis disposait d'un abri à cet endroit, traversé par une petite rivière, le Serein, où il avait l'habitude de pêcher. Les nouvelles recherches étaient les troisièmes en moins de deux ans, après des fouilles effectuées à l'automne 2024 puis en mai 2025. Ces dernières avaient été suspendues par le décès accidentel d'un gendarme sur les lieux.
Ces deux opérations n'avaient pas, elles non plus, été réellement concluantes. Seuls des vêtements et un vélo avaient été retrouvés, sans qu'un lien ne soit établi avec les victimes, potentielles ou non. "Bien évidemment, on va arrêter" de fouiller, a reconnu Pierre Monnoir, président de l'Association de défense des handicapées de l'Yonne (ADHY) et partie civile.
"Je pense qu'il est trop tard maintenant", a-t-il ajouté à l'AFP. "Il aurait fallu fouiller toute la zone dès 2000, avec Emile Louis. Maintenant, c'est compliqué", a-t-il estimé. "Mais il fallait le faire. Il fallait aller au bout des choses pour les familles", a-t-il ajouté.
(Source AFP)


