Agriculture : un projet de loi pour calmer la colère, étrillé par la gauche et les ONG

Publié le 03/04/2024 - 14:46
Mis à jour le 03/04/2024 - 14:21

Le gouvernement présente mercredi 3 avril 2024 son projet de loi pour l'agriculture, critiqué par ONG et députés de gauche depuis qu'il a été étoffé, après les manifestations d'agriculteurs, de mesures pour accélérer la construction de réserves d'eau ou alléger les sanctions en cas d'atteinte à la nature.

 © Hélène Loget
© Hélène Loget

La présentation en conseil des ministres de ce texte, en préparation depuis plus d'un an, a été repoussée à plusieurs reprises. Devant l'explosion de colère du monde agricole cet hiver, le gouvernement a augmenté son volume pour satisfaire une partie des revendications du syndicat majoritaire FNSEA.

Dans l'exposé des motifs, le gouvernement explique adresser "un message de confiance" au monde agricole, "dont l'activité sera libérée de normes et de contraintes devenues superflues, contradictoires ou excessivement lourdes".

Pour les ONG et l'opposition de gauche, il omet les enjeux de rémunération et manque d'ambition pour embarquer l'agriculture dans sa nécessaire transition face au dérèglement climatique : limiter son impact sur la nature, émettre moins de carbone, être plus économe en eau, moins consommatrice d'engrais et pesticides...

Un texte qui garde "une trajectoire d'industrialisation et de négation de l'urgence environnementale"

"Si le terme de transition agroécologique est récurrent dans le texte, les mesures concrètes pour la mettre en œuvre sont presque inexistantes et certaines d'entre elles entraînent même un retour en arrière", estime dans un communiqué Thomas Uthayakumar, directeur du plaidoyer de la Fondation pour la nature et l'homme (FNH).

L'association Agir pour l'environnement dénonce un texte qui "frappe par son absence totale d'ambition en matière d'installations ou de transition agro-écologique. Pire, il consacre une trajectoire d'industrialisation et de négation de l'urgence environnementale, cédant à toutes les exigences cyniques des syndicats productivistes". "L'agrobusiness en a rêvé, la FNSEA l'a demandé, le gouvernement l'a fait", tacle encore Greenpeace.

Le syndicat minoritaire Confédération paysanne, classé à gauche, dénonce une "fuite en avant" du gouvernement, qui "utilise les vieilles recettes du passé (...) au profit de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre".

Pour l'organisation, "le volet ajouté au lendemain de la colère paysanne multiplie les régressions : affaiblissement du droit pénal de l'environnement, accélération de la destruction des haies, facilitation des projets de mégabassines [réserves d'eau pour l'irrigation], d'élevages industriels et de fermes usines aquacoles".

Cette loi "entérine de graves régressions environnementales, plutôt que d'offrir aux agriculteurs les moyens de faire la bifurcation agro-écologique", déplore la députée LFI Aurélie Trouvé, dans une vidéo publiée sur X.

"Intérêt général majeur"

Le texte s'appelle désormais "projet de loi d'orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture". Le gouvernement, qui ne fixe pas d'objectif chiffré de nouvelles installations, espère enrayer la chute continue de la population agricole. La France a perdu 100.000 fermes en dix ans.

Le premier article de la loi, ainsi que l'exigeait la FNSEA, consacre l'agriculture, la pêche et l'aquaculture au rang d'"intérêt général majeur en tant qu'elles garantissent la souveraineté alimentaire de la Nation".

Cette disposition est destinée à "nourrir la réflexion du juge administratif" quand il aura à trancher un litige autour d'un projet agricole, selon le cabinet du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau. Autrement dit, quand il faudra mettre dans la balance production de nourriture et impératif de protection de la nature.

Le texte vise aussi à réduire les procédures autour des constructions de réserves d'eau pour l'irrigation et de bâtiments d'élevage.

"La question, ce n'est pas d'en rabattre sur la question de l'environnement, (...) c'est de ne pas avoir des projets qui durent cinq, sept, huit, dix ans" avant de sortir de terre voire d'être abandonnés, a déclaré Marc Fesneau mercredi matin sur RTL.

En l'état, le texte autorise le gouvernement à revoir par ordonnance l'échelle des peines en cas de dommage sur l'environnement (destruction de haie par exemple).

"Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de peines pour des destructions ou pour des atteintes à l'environnement qui sont graves. Cela veut dire qu'on va essayer d'adapter les sanctions et l'échelle des peines (...) à la réalité des situations", assure le cabinet de M. Fesneau.

Le projet de loi doit être examiné à partir du 13 mai en séance à l'Assemblée nationale, puis pendant la deuxième quinzaine du mois de juin au Sénat, pour une adoption espérée dans la foulée.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Municipales 2026 : Nicole Friess mènera la liste “Lutte Ouvrière – le camp des travailleurs” à Besançon

Nicole Friess a annoncé samedi 29 novembre 2025 par voie de communiqué qu’elle conduira la liste "Lutte Ouvrière – le camp des travailleurs" lors des prochaines élections municipales à Besançon. La candidate inscrit cette démarche dans une volonté de porter un programme centré sur la défense du monde du travail.

Marché de Noël à Besançon : LFI dénonce “la logique du profit”

La France insoumise (LFI) Besançon exprime ses préoccupations quant au changement d’organisation du marché de Noël, place Granvelle. Dans un communiqué du 28 novembre, journée d’ouverture des festivités, le parti réagit aux inquiétudes formulées par certains exposants concernant le coût des chalets et les conditions d’accueil.

Face aux menaces russes, Emmanuel Macron va présenter un service militaire nouvelle génération

Emmanuel Macron doit présenter jeudi 27 novembre 2025 dans les Alpes un nouveau service militaire volontaire, plus long et nettement plus militarisé que le service national universel (SNU). L’objectif affiché : renforcer les capacités des armées face à la montée des menaces russes et constituer un vivier de jeunes mobilisables en cas de conflit.

La maire de Besançon appelle l’État à renforcer les moyens contre les violences faites aux femmes

À la suite du féminicide récemment survenu à Besançon et d’un quadruple féminicide le même jour en France, la maire de Besançon, Anne Vignot, a adressé le 25 novembre 2025, journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, un courrier à la ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé. Elle y relaie les inquiétudes locales sur la persistance des violences malgré les dispositifs existants.

Protoxyde d’azote : Laurent Croizier tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué du 25 novembre 2025, le député du Doubs a évoqué le "fléau de plus en plus récurrent" concernant l’usage détourné du protoxyde d’azote notamment chez les jeunes et a insisté sur la nécessité de définir un cadre législatif "strict" lors de la réunion d’un groupe parlementaire et d’élus locaux au ministère de l’Intérieur. 

Commission permanente : la Région Bourgogne – Franche-Comté vote 61,2 M€ de financements

Réunis à Besançon vendredi 21 novembre 2025, les élus régionaux ont adopté 61,2 millions d’euros de financements destinés à soutenir l’économie, la transition écologique, la formation, le tourisme et l’attractivité locale. Cette enveloppe vise à "soutenir l’économie, la transition écologique, la formation et l’attractivité des territoires".

Ensemble! valide sa dissolution et acte la création d’une nouvelle dynamique politique avec L’Après

Ensemble!, Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire, a annoncé sa dissolution volontaire à compter du 15 décembre 2025. Cette décision marque l’aboutissement d’un processus engagé de longue date. Pour autant, ses adhérent(e)s n’arrêtent pas leur engagement à cette décision, en rejoignant L’Après. Explications.

Marie-Guite Dufay et Dominique Voynet appellent à “l’union des forces de la gauche et de l’écologie” à Besançon

Municipales 2026 • L’ancienne présidente socialiste de la Région Bourgogne - Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, et la députée écologiste du Doubs, Dominique Voynet, publient une lettre ouverte ce lundi 24 novembre appelant à l’unité de la majorité municipale sortante autour de la maire Anne Vignot (EELV), en vue des prochaines échéances locales. 

Municipale 2026 : la liste Besançon Forte et Solidaire de Jean-Sébastien Leuba “dans une dynamique de construction”

La liste Besançon Forte et Solidaire portée par le candidat socialiste Jean-Sébastien Leuba à la mairie de Besançon a tenu ce vendredi 21 novembre 2025 une conférence de presse dans la capitale comtoise. Parmi les points évoqués, l’apport du Parti radical de gauche, quelques tacles au candidat LR Ludovic Fagaut, un appel aux citoyens désireux de s’investir et des discussions avec Anne Vignot qui semblent toujours en cours. 

Election municipale 2026 : “Nous serons en tête au premier tour des opposants à Besançon” selon le candidat RN Jacques Ricciardetti

Avant son meeting prévu ce 21 novembre 2025 à Besançon, Jacques Ricciardetti, candidat à l’élection municipale de Besançon pour le Rassemblement National a tenu une conférence de presse aux côtés de ses trois premiers colistiers, Anaïs Vial, responsable du RNJ sur circonscription 1 et 2 du Doubs, Thomas Lutz, conseiller régional RN et Géraldine Grangier, députée RN du Doubs.

Municipales 2026 à Besançon : Séverine Véziès lance officiellement sa campagne sous le slogan ”Faire mieux pour Besançon”

La candidate de La France insoumise (LFI) a lancé ce vendredi 21 novembre sa campagne pour les élections municipales de 2025 lors d’une conférence de presse organisée au Bodega, au cœur du quartier Battant à Besançon. Séverine Véziès a été officialisée comme tête de liste d’une ”union populaire”, accompagnée de son co-chef de file, Martin Meilhon et de citoyens engagés avec la candidate.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 6.22
nuageux
le 30/11 à 00h00
Vent
0.81 m/s
Pression
1011 hPa
Humidité
93 %