Macron accélère sur le déconfinement et promet de tirer les "leçons" de la crise

Publié le 14/06/2020 - 20:00
Mis à jour le 14/06/2020 - 21:28

Emmanuel Macron a achevé plus tôt que prévu le déconfinement en annonçant, ce dimanche 14 juin 2020, que toute la France, sauf la Guyane et Mayotte, passera au « vert » dès lundi ainsi que la réouverture très attendue des cafés et restaurants en Ile-de-France.

"Heureux de cette première victoire contre le virus", M. Macron a également dit souhaiter tirer "toutes les leçons" de la crise sanitaire, assurant que "nos forces, nous les conforterons, nos faiblesses, nous les corrigerons vite et fort".

"Dès demain, tout le territoire, à l'exception de Mayotte et de la Guyane où le virus circule encore activement, (...) passera dans (...) la zone verte ce qui permettra notamment une reprise plus forte du travail et la réouverture des cafés et restaurants en Ile-de-France", a déclaré M. Macron lors de sa quatrième allocution solennelle prononcée à l'Elysée depuis le début de la crise du coronavirus.

Les écoles et les collèges, mais pas les lycées, accueilleront tous les élèves à partir du 22 juin, a ajouté le chef de l'Etat. "Dès demain en Hexagone comme en Outre-mer, les crèches, les écoles, les collèges se préparent à accueillir à partir du 22 juin tous les élèves de manière obligatoire et selon les règles de présence normales", a-t-il déclaré.

Dans les maisons de retraite et les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les visites seront "autorisées" dès lundi.

Quant au deuxième tour des élections municipales, il pourra bien "se dérouler dans les communes concernées le 28 juin", a-t-il annoncé, ajoutant qu'il faudra cependant "éviter au maximum les rassemblements" qui resteront "très encadrés" car "ils sont la principale occasion de propagation du virus".

"Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait et de notre pays. Bien sûr cette épreuve a aussi révélé des failles, des fragilités: notre dépendance à d'autres continents pour nous procurer certains produits, nos lourdeurs d'organisation, nos inégalités sociales et territoriales. Je veux que nous tirions toutes les leçons de ce que nous avons vécu", a déclaré le président de la République.

Face à la crise économique brutale qui s'annonce, il a exclu d'augmenter les impôts pour financer les dépenses liées à la crise, mais prévenu qu'il fallait "travailler et produire davantage".

"La reconstruction économique, écologique et solidaire sera la clé de notre indépendance", a-t-il dit. Le chef de l'Etat a également annoncé un "investissement massif pour l'instruction, la formation et les emplois de la jeunesse", particulièrement menacée par la crise économique.

Au lendemain de manifestations contre les violences policières et le racisme à travers la France, il a promis "de nouvelles décisions fortes pour l'égalité des chances", en assurant que "nous serons intraitables face au racisme, à l'antisémitisme et aux discriminations".

Policiers et gendarmes "méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation", a-t-il insisté. "La République n'effacera aucun nom ou aucune trace de son histoire", a-t-il ajouté au sujet des monuments liés à l'histoire coloniale ou la traite esclavagiste.

Emmanuel Macron s'est exprimé une quatrième fois sur la crise sanitaire ce dimanche. Il l'avait fait une première fois le 12 mars, puis le 16 mars lors du début du confinement et le 13 avril annonçant la date du déconfinement.

Cette allocution télévisée intervient à la veille de la réouverture des frontières avec la Suisse, l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique.

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a indiqué à l'issue du Conseil des ministres que deux conseils de défense "spécifiquement consacrés à la question sanitaire" se dérouleraient vendredi et la semaine prochaine.

(Avec AFP)

Politique

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