Bac 2022 : le calendrier incertain des épreuves de spécialité

Publié le 26/01/2022 - 09:08
Mis à jour le 27/01/2022 - 16:03

Épidémie de Covid-19 oblige, les épreuves de spécialité du bac, prévues du 14 au 16 mars 2022, pourraient être aménagées ou reportées à fin mars, mai ou juin. Le ministère consulte syndicats et représentants de parents et d’élèves avant d’annoncer sa décision dans les prochains jours. Le ministre de l’Éducation nationale a assuré lundi, lors d’un déplacement à Tourcoing, qu’une décision allait être prise « d’ici huit jours ». Elle pourrait intervenir dès la fin de la semaine.

Ces épreuves de spécialité qui concernent les deux "spécialités" choisies par les lycéens en terminale sont nées de la réforme du baccalauréat décidée par Jean-Michel Blanquer, et comptent pour 32 % de la note finale de cet examen. Elles n'ont encore jamais été organisées en raison de la crise sanitaire.

En 2021 (première année du nouveau bac), ces épreuves avaient été annulées et remplacées par le contrôle continu. Cette fois-ci, ce n'est pas une annulation, mais un report qui est étudié avec les syndicats et le Conseil national de la vie lycéenne.

Le ministre a accepté ces discussions, demandées par plusieurs organisations, lors de la journée de mobilisation du 13 janvier. Ces épreuves seront-elles simplement aménagées et maintenues en mars comme l'espèrent majoritairement les lycéens et les parents de la Peep, une des fédérations qui représentent les parents d'élèves ? Des lycéens souhaitent le maintien des épreuves en mars, éventuellement reportées d'une ou deux semaines maximum, avec des aménagements d'épreuves, tels que par exemple deux sujets au choix pour une épreuve (à la place d'un seul). "C'est aussi très important d'avoir des épreuves nationales et anonymes qui comptent dans nos dossiers Parcoursup", relève Ruben Carius, président de l'organisation Les Lycéens !

Tension

Seront-elles reportées en mai comme le proposent les chefs d'établissement ? "Mars, c'est trop tôt, car janvier et février ont été ou vont être très perturbés. Juin, c'est trop tard, car les professeurs de spécialité ne peuvent pas à la fois corriger les copies et faire passer le grand oral. Mai nous semble être le mieux pour les élèves", déclare à l'Agence France-Presse Claire Krepper, secrétaire nationale du SE-Unsa, sur la même ligne que le principal syndicat des chefs d'établissement.

"Maintenir les épreuves en mars risque de mettre tout le monde dans une situation de tension, car on a encore de 12 % à 15 % de professeurs absents en raison du Covid", note Catherine Nave-Bekhti, du syndicat Sgen-CFDT. "Reporter est compliqué. Mais si cela rassure et sécurise les élèves alors pourquoi ne pas décaler à avril ou mai ?" D'autres syndicats, dont le Snes (premier chez les enseignants des collèges et lycées), penchent pour un report en juin. "Une grande partie des élèves sont à distance ou malades. C'est compliqué d'avancer correctement, car beaucoup sont manquants et nous n'avons jamais les mêmes élèves face à nous, au gré des cas contacts et des malades. C'est impossible de finir les programmes et l'idée est donc de se laisser du temps pour mieux préparer" les élèves, déclare Sophie Vénétitay, du Snes-FSU.

Depuis plusieurs semaines, les enseignements sont perturbés par les absences de professeurs et d'élèves contaminés par le Covid. Mais un report en juin signifierait que les lycéens de terminale enchaîneront les deux épreuves de spécialité, la philo, puis le grand oral, une épreuve qui sort de l'ordinaire pour les élèves français. Et les enseignants correcteurs de ces épreuves devront, en même temps, faire passer le grand oral, les épreuves anticipées de français et les épreuves de philosophie. Toutes les hypothèses sont encore sur la table du ministre. Élèves, enseignants et parents, s'ils ne sont pas toud d'accord sur le calendrier souhaité, réclament une réponse "rapide".

Education

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