Féminicide rue Battant : la victime a reçu 18 coups de couteau

Publié le 19/01/2022 - 17:39
Mis à jour le 19/01/2022 - 18:27

La vice-procureure de la République de Besançon, Christine de Curraize, a convoqué les journalistes locaux à une conférence de presse ce mercredi 19 janvier à 17h30 pour le point sur l'avancée de l'enquête du meurtre de Céline, 20 ans, morte sous les coups de son compagnon lundi dernier dans un appartement de la rue Battant à Besançon.

D'après les premiers éléments, la jeune femme a été blessée à la gorge de manière très importante avec une arme blanche, avait précisé le procureur Etienne Manteaux le soir des faits.

Le compagnon de la victime, âgé de 34 ans, a été interpellé par la police "à proximité immédiate de l'appartement" où se sont déroulés les faits. Il a été placé en garde à vue. Une enquête a été ouverte, confiée par la sûreté départementale de Besançon.

Mardi soir, un rassemblement s'est déroulé place Pasteur à l'initiative de l'association Solidarité femmes. Environ 200 personnes ont participé à cet hommage.

18 coups de couteau, des traces de coups et des lésions de défense

L'autopsie révèle que Céline Jardon a reçu 18 plaies franches par arme blanche principalement dans des zones létales au niveau du cou, à droite et à gauche, et dans le dos au niveau de l'hémothorax gauche, avec une plaie profonde entrainant une lésion au niveau du poumon et sectionnant partiellement l'aorte. Cette plaie a occasionné une importante hémorragie interne provoquant le décès.

Selon la vice-procureure, "les plaies sont compatibles avec l'utilisation d'un couteau, qui a été retrouvé à proximité immédiate du corps de Céline Jardon."

De nombreuses traces de coups ont également été relevées sur les bras, la région cervicale antérieure, la face antérieure et postérieure du crâne de la victime, "compatibles avec des coups et témoignant d'une scène particulièrement violente."

Enfin, la victime présentait des lésions de défense en cohérence avec la constatation d'un désordre à l'intérieur du domicile, "compatible avec une scène de lutte."

À ce stade, l'enquête a permis de déterminer que le couple se connaissait depuis environ 3 ans et que des séparations avaient déjà émaillé leur relation. Les proches de la victime ont fait état de "tensions dans le couple, de disputes sur fond de jalousie et de plusieurs épisodes de violences conjugales dont aurait été victime Céline Jardon", indique Christine de Curraize.

Les circonstances du drame

Le jour des faits, mardi 18 janvier, l'amie de la victime, qui a été à l'origine du déclenchement des secours, a indiqué avoir été en contact téléphonique avec Céline très peu de temps avant le drame. La victime était alors à son domicile avec son compagnon. Elles avaient convenu de sortir ensemble dans la soirée. Céline l'avait rappelée très peu de temps après, apeurée, elle lui avait demandé de venir à son secours et d'appeler la police. Le téléphone étant resté allumé, l'amie de la victime dit avoir entendu des bruits de coups et les cris de Céline, demandant à son agresseur d'arrêter. Elle s'est alors immédiatement rendue sur place et a découvert Céline Jardon inanimée.

Aucune plainte pour violences conjugales contre le suspect

Lors de sa garde à vue, l'auteur a reconnu les faits, mais s'est dit dans l'incapacité de préciser les circonstances de son passage à l'acte. Il a affirmé être sous le choc et ne conserver des souvenirs que très parcellaires des faits.

Cet homme a déjà été condamné à de nombreuses reprises, mais principalement pour des infractions d'atteinte aux biens. Il n'a jamais été condamné pour des faits de violences conjugales ni même fait l'objet d'une enquête pour ce type de faits.

Céline n'avait jamais déposé plainte contre son compagnon. Elle avait toutefois sollicité l'intervention de la police en avril 2021 à son domicile, à la suite d'une altercation avec le suspect qu'elle avait désigné alors comme son ex-conjoint. Elle avait fait état de violences subies et de dégradations dans son appartement. Les policiers avaient noté un hématome au creux de son coude et l'avaient invitée à se rendre au commissariat pour déposer plainte, "démarche qu'elle n'avait malheureusement pas entreprise", précise la vice-procureure.

Quelques jours après cette altercation, l'intervenante sociale avait été sollicitée par le psychologue du commissariat de Besançon en application du protocole établi pour le traitement des violences intra familiale. Ce protocole implique une relecture de l'ensemble des mains courantes et une prise de contact avec les victimes qui n'ont initialement pas souhaité déposer plainte ni même être auditionnée. "C'est dans ce cadre que l'intervenante sociale a contacté Céline Jardon afin de lui proposer un accompagnement social et psychologique qui aurait pu également favoriser l'audition par un service de police", indique Christine de Curraize. "Malheureusement, Céline n'a pas donné suite à cet appel téléphonique ni recontacté le commissariat."

"Homicide sur conjoint" et "violences habituelles sur conjoint"

Une information judiciaire a été ouverte ce mercredi 19 janvier pour homicide sur conjoint et violences habituelles sur conjoint. Un placement en détention provisoire a été sollicité. Les investigations vont se poursuivre sur commission rogatoire afin de préciser l'historique du couple, les circonstances du passage à l'acte criminel et la personnalité du mis en cause.

Infos +

Cette jeune femme est la deuxième femme tuée à l'arme blanche à Besançon en moins d'un mois.

Selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, 102 femmes avaient été tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2020. Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes a dénombré 113 féminicides en 2021.

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