Grève des transports 2019-2020 : l'UFC Que choisir se penche sur l'impact sur les usagers

Publié le 07/02/2020 - 11:45
Mis à jour le 07/02/2020 - 11:08

Comment les Français ont-ils vécu la grève de cet hiver, qui a duré un mois et demi ? Les résultats de l’enquête de l’UFC Que choisir montrent que la satisfaction des usagers de la SNCF ou des transports en commun s’avère bien modeste dans un communiqué du 7 février…

 © Alexane Alfaro
© Alexane Alfaro

Durant les mois de décembre 2019 et janvier 2020, les lignes ferroviaires ont connu de fortes perturbations à la suite du mouvement social contestant le projet de réforme des retraites du gouvernement. SNCF et réseaux de transports en commun se sont mobilisés, dans toute la France. Un nouveau sondage de l’UFC-Que Choisir, effectué entre le 15 et le 30 janvier derniers auprès de 2 351 personnes touchées par les événements, révèle un taux de satisfaction faible, mais en hausse par rapport à la grève perlée de 2018.

Information délivrée : "des progrès insuffisants"

L’exactitude des informations délivrées par la SNCF remporte la meilleure note (68 % des répondants satisfaits, contre 51 % en 2018). Le critère « les informations sont communiquées suffisamment en avance » a lui aussi augmenté à 51 %, contre 36 % l’an passé. Mais au global, la note de satisfaction demeure faible à 5,4/10, même si elle connaît une amélioration par rapport à 2018 (4,8/10, un taux particulièrement bas). Les Français abonnés aux transports en commun sont encore plus sévères sur ce critère, avec une note globale de 5,3/10. 58 % estiment que les informations communiquées étaient exactes et seulement 46 %, qu’elles étaient délivrées suffisamment à l’avance. En revanche, ces personnes ont trouvé plus aisé de savoir où trouver les informations des sociétés de transports (61 %) que celles empruntant le réseau SNCF (48 %).

"Un dédommagement pas à la hauteur"

Seuls 18 % des usagers SNCF n’ont eu aucune procédure à effectuer pour être remboursés. Les 82 % restants, qui ont réalisé une demande de remboursement, ressortent cependant relativement satisfaits des informations reçues lors de cette démarche (note globale de 5,7/10, contre 4,2 avec la grève perlée). Ils sont 64 % à juger positivement la durée entre leur demande et l’obtention d’un dédommagement (46 % en 2018).

En revanche, 33 % des demandeurs déclarent avoir éprouvé des difficultés, à commencer par un format d’indemnisation qui ne correspondait ni à leurs attentes ni aux informations communiquées par la SNCF. Les sommes dues ont été reversées sous forme de bons d’achat valables un an et non d’argent reversé. Une pirouette de la part de la SNCF qui a suscité la colère de nombreux consommateurs, certains fustigeant notamment l’inutilité de ces bons. « Je n’ai pas eu de remboursement, mais un avoir. Qu’en faire, nous ne prenions le TGV que pour un événement familial exceptionnel ! », témoigne l’un des répondants. « La SNCF communique sur le fait que les billets de trains annulés seraient remboursés, mais il n'en est rien : le remboursement a lieu sous forme de bon d'achat pour un autre train. Pire, ce bon d'achat n'est valable que pour certains trains. En pratique il est quasi inutilisable, c'est une escroquerie », se désole un autre.

La complexité de la démarche a également été soulignée : « Je me suis déplacée à la Gare de Lyon où l'on m'a remboursé le TGV annulé. Le billet racheté avait une correspondance : TER puis Ouigo. Le TER a été lui aussi annulé. Et là, cela se complique parce que la réclamation doit être faite sur le site de la région. Ce billet-là ne m'est toujours pas remboursé. »

"Des modes de déplacement alternatifs"

Que ce soit pour effectuer des trajets ponctuels ou quotidiens, les répondants révèlent avoir eu recours à des solutions alternatives. 71 % des usagers SNCF ont maintenu leur voyage, soit en utilisant un autre moyen (voiture, covoiturage, car longue distance), soit en prenant un autre train que celui initialement prévu.

Les abonnés aux transports en commun ont perdu en moyenne 63 minutes par jour (69 minutes en Île-de-France et 42 minutes en dehors). Ils sont 50 % à avoir utilisé un moyen de déplacement alternatif : la voiture arrive en tête en province (32 %). La région parisienne a plébiscité en majeure partie la marche à pied (39 %). Tous usagers confondus, nombre de modes de locomotion ont cependant été sollicités pour se rendre au travail : covoiturage (14 %), vélo ou trottinette (12 %) ou encore taxi ou VTC (9 %).

(UFC Que choisir - https://www.quechoisir.org/)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Transports

Sondage – Pensez-vous que le durcissement des sanctions permettra de réduire les grands excès de vitesse ?

Depuis le 29 décembre 2025, les grands excès de vitesse de plus de 50 km/h seront désormais considérés comme un délit pénal, avec des sanctions renforcées, dont une possible peine de prison et une inscription au casier judiciaire. Pensez-vous que ce durcissement des sanctions permettra de réduire les grands excès de vitesse ? C'est notre sondage de la semaine.

Prison, amende, casier judiciaire… Les excès de vitesse de plus de 50 km/h deviennent un délit

À partir de lundi 29 décembre 2025, les excès de vitesse de plus de 50 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée changent de statut juridique. En application de la loi du 9 juillet, ces infractions ne relèveront plus du régime contraventionnel mais seront désormais qualifiées de délit.

Les contrôleurs des transports bientôt équipés d’une caméra-piéton

Depuis le 19 décembre 2025, les contrôleurs des transports en commun peuvent utiliser une caméra-piéton pour constater une infraction, ou prévenir des incidents, apprend-on sur le site service-public.gouv.fr. Ce dispositif, pérennisé par un décret du 15 décembre dernier, ne concerne pour l’instant que les agents de contrôle de la SNCF et de la RATP. 11 000 agents seront ainsi équipés en France. 

Poids lourds interdits sur la RN 83 : FNE demande un report du projet de la RN 57

Dans un communiqué du 23 décembre 2025, France Nature environnement Doubs a salué la récente décision de l’État actant l’interdiction du trafic de poids lourds en transit sur la RN83 entre les échangeurs autoroutiers de Bersaillin (vers Poligny, Jura) et Valentin Nord à Besançon. Une mesure qui, pour l’association, amène à repenser également le projet de mise en 2x2 voies de la RN57 entre Besançon et Beure. 

RN83 entre Besançon et le Jura : les poids lourds en transit interdits à partir du 1er janvier 2026

Les préfets du Doubs et du Jura ont signé, vendredi 19 décembre 2025, un arrêté interdisant la circulation des poids lourds en transit sur la RN83 entre Besançon et Poligny. Une mesure qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026 et qui vise à réduire significativement le trafic de camions sur cet axe très fréquenté.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 -5.4
ciel dégagé
le 01/01 à 06h00
Vent
1.66 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
75 %