JO d'hiver 2030 : après Paris, les Alpes françaises seule candidature retenue par le CIO

Publié le 30/11/2023 - 09:21
Mis à jour le 30/11/2023 - 12:00

La candidature des Alpes françaises à l'organisation des JO d'hiver en 2030 a franchi un pas important mercredi, aux dépens de la Suisse et de la Suède, en entrant seule en "dialogue ciblé" avec le Comité international olympique qui désignera l'hôte l'an prochain, a annoncé mercredi le CIO.

jeux olympiques Lausanne © Hélène Loget
jeux olympiques Lausanne © Hélène Loget

Par cette décision de la commission exécutive du CIO réunie à Paris, la France passe de "partie intéressée" à "hôte pressenti" de la compétition, alors même que Paris accueillera déjà les JO d'été dans huit mois.

Les Alpes françaises, qui ont lancé leur candidature l'été dernier en même temps que la Suisse --la Suède étant en lice depuis février-- doivent désormais franchir plusieurs mois d'évaluation détaillée de leur dossier, de la carte des sites à l'héritage prévu, en passant par l'impact environnemental, le financement et le soutien politique.

Campagne express

Le projet, qui assure se baser sur 95% de sites existants, s'étend de Nice au Grand Bornand, distants de près de 500 km, avec un pôle ski alpin sur les sites de Courchevel-Méribel et de Val d'Isère, le ski de fond à La Clusaz, et un village olympique basé à Nice, tout comme les épreuves de patinage.

Si l'exécutif du CIO juge suffisantes les garanties françaises, il recommandera sa désignation comme hôte des JO-2030 lors d'une session l'an prochain -qui devrait être celle de Paris en juillet, juste avant les JO-2024, a annoncé Karl Stoss. Cela nécessitera toutefois d'amender au préalable la Charte olympique qui ne permet pas à ce jour d'attribuer une édition des Jeux au pays hôte d'une session du CIO.

À l'inverse, si le dossier français est jugé décevant, l'instance olympique peut renvoyer la candidature en "dialogue permanent", c'est-à-dire reprendre la procédure à zéro, une hypothèse toutefois peu probable à moins de sept ans de la compétition.

Pour la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra, cette étape valide "l'expérience reconnue de la France dans l'organisation d'évènements sportifs internationaux". "Le CIO sait que quand la France s'engage, elle délivre", a-t-elle dit lors d'une visio-conférence aux cotés notamment des deux présidents des régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), Renaud Muselier et Laurent Wauquiez, qui ont porté cette candidature.

Ce projet, monté en quelques mois, et qui a pris un tournant décisif cet été avec l'arrivée au comité olympique français (CNOSF) de David Lappartient, membre du CIO, a donc réussi une campagne express. La candidature, adoubée par l'Elysée cet été, a passé avec succès les points d'étapes obligatoires relatifs à l'agenda fixé par l'administration olympique. A savoir, le dossier déposé dans les temps le 7 novembre, et un grand oral de trente minutes le 21, face aux membres de la commission dédiée du CIO, avec la ministre des Sports accompagnée des deux présidents de région, et du président du comité olympique français David Lappartient.

"Affreux" pour les écologistes

Elle n'avait pourtant pas que des soutiens. Des fédérations écologistes EELV avaient notamment dénoncé cet été "une caution présidentielle qui viendrait à l'encontre de lois zéro artificialisation nette et qui se moquerait des pénuries d'eau, les JO entraînant une accélération phénoménale du bétonnage de nos belles montagnes".

La question de l'enneigement, qui faiblit d'année en année, tout comme celle du paradoxe d'investir massivement dans les sports d'hiver en plein réchauffement climatique, sont régulièrement soulevées par les opposants.

"On est repartis pour sept ans de combat et on ne lâchera rien", a réagi auprès de l'AFP Stéphane Passeron, membre du collectif No-JO et ancien skieur de fond de haut niveau. "Il va y avoir des problèmes, il risque d’y avoir un soulèvement, un soulèvement mauvais. On ne peut pas en même temps être à Dubaï (COP 28, ndlr), dire que le monde s’effondre et faire ça sans aucune concertation, prendre une décision en six mois qui engage l’économie des Alpes pendant trente ans, ce n’est pas possible. C’est affreux".

(AFP)

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