La crise frappe à la porte du conseil régional

Publié le 10/11/2011 - 22:06
Mis à jour le 10/11/2011 - 22:06

L’examen de la deuxième décision modificative du budget régional a entrainé ce jeudi à Besançon un débat sur la gestion de la Région qui, selon l’opposition, n’est pas assez « rigoureuse ». 

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Tout le monde a reconnu que cette décision modificative n’avait pas une grande portée par rapport au budget initial. Le Front national n’avait même pas envisagé d’intervenir sur le sujet… Mais l’intervention d’Annie Genevard, responsable du groupe d’opposition UMP, a mis le feu aux poudres. « De 2008 à 2011, les effectifs sont passés de 1627 postes à 1863 postes, soit une augmentation de 236 emplois en 4 ans, soit plus 15%. Est-ce bien raisonnable ? », s’est interrogée la maire de Morteau en faisant sortir Marie-Guite Dufay de ses gonds.

« Ce sont uniquement des transferts liés à la prise en charge des personnels techniciens, ouvriers et de service des lycées (TOS) », a immédiatement précisé la présidente PS, se targuant d’avoir titularisé ces personnels. Mais le débat était lancé. « Hors TOS, la Région n’a créé que 10 postes », a-t-elle rajouté. « A vérifier, donc », a pris acte Annie Genevard estimant qu’il fallait « arrêter de se renvoyer la balle, car la cure est nécessaire pour une question de bonne gestion ». Le Haut-Saônois Loïc Niepçeron a déploré ce débat récurrent qui laisse entendre que « les Régions ne savent pas gérer ».

« La dette ce n’est pas seulement l’Etat, c’est aussi les collectivités », a enfoncé le clou le député UMP Jacques Grosperrin. Le maire PS de Maiche, Joseph Parrenin, a eu bien du mal à calmer les esprits. « Le souci d’économie est partagé par la droite et la gauche. Il n’y a pas d‘abus dans notre collectivité. Les emplois créés l’ont été par rapport à des besoins », a-t-il avancé.

Denis Sommer, vice-président PS, n’a pas pris les mêmes précautions oratoires. « C’est l’incendiaire qui joue les pompiers. C’est vous qui avez créé la situation actuelle du pays. Nous dire aujourd’hui qu’il faut être attentifs… 60% de la dette est à imputer à vos choix politiques au niveau national », a lancé le maire de Grand-Charmont.

« C’est un spectacle désolant. Ca ne me fait même plus rire », s’est lamenté Sophie Montel (FN) en observant les échanges entre UMP et PS et en regrettant que les parlementaires ont refusé d’accepter une baisse de leurs indemnités. Ce qui a permis à Jacques Grosperrin de rappeler qu’il avait signé à l’Assemblée un amendement réclamant une baisse de 10% de l’indemnité des députés. Avant de clore le débat autour de la décision modificative, Marie-Guite Dufay a invité ses collègues «  à faire attention à ce qui est dit ». « Il n’y a pas de service au conseil régional où l’on se tourne les pouces ».

Finalement, la décision modificative n°2 a été adoptée. UMP et FN se sont abstenus. 

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