La Loue, un paradis de la pêche à la mouche en danger

Publié le 21/07/2012 - 08:40
Mis à jour le 16/08/2012 - 17:31

Les amateurs de pêche à la mouche se font chaque été plus rares sur les rives de la Loue, un site franc-comtois d'exception menacé par une dégradation générale depuis 30 ans, et qui flirte désormais avec le point de non-retour.

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Classée comme l’une des plus belles rivières d’Europe pour la pêche à la mouche, la Loue éventre le massif du Jura pour faire naître d’abruptes falaises calcaires, au pied desquelles moucheurs locaux et touristes aiment venir titiller la truite et l’ombre.

Mais depuis 1973 « la population piscicole a diminué de 70 à 80% sur certains secteurs de la Loue » qui s’écoule d’Ouhans dans le Doubs à Parcey dans le Jura, affirme Thomas Groubatch, chargé de mission à la Fédération de pêche du Doubs.

« La vallée a connu un tourisme de masse lié à la pêche à la mouche, avec des personnes qui avaient les moyens et venaient de toute l’Europe. Mais depuis le début des années 2000, les pêcheurs fuient cette rivière dans un état lamentable, où ils voient les poissons mourir », constate Alexandre Cheval, garde pêche dans la Vallée de la Loue.

« Aujourd’hui, ils préfèrent aller en Slovénie ou en Roumanie sur des cours d’eau comparables à la Loue il y a 30 ans », ajoute-t-il. Le nombre des cartes de pêche enregistrées par la fédération sur le secteur de la Loue est passé de 2000 il y a dix ans à près 400 l’année dernière.

En 2010 et 2011, cette rivière de première catégorie du domaine privé a connu plusieurs pics de mortalité piscicole, résultat d’une « dégradation générale de la Loue, qui date d’au moins 30 ans » et dont les causes sont « complexes et multiples », a conclu en mars un groupe d’experts nationaux mandaté par le préfet du Doubs.

Ils estiment néanmoins que « les eaux de la Loue restent de bonne qualité comparativement à d’autres cours d’eau français ».

Des polluants d’origines diverses (population humaine, agriculture ou industrie), ainsi que l’aménagement des rivières (seuils et barrages) sont notamment mis en cause.

« Ce n’est pas une pollution ponctuelle, mais chronique. La rivière se dégrade de plus en plus et les milieux naturels ont de plus en plus de mal à supporter la pollution. La situation est plus qu’alarmante », s’inquiète Alexandre Cheval, qui redoute qu’un « point de non-retour » ait été atteint.

Thomas Groubatch pense qu’il « reste quelques secteurs refuges, mais ils sont rares. Il faut agir vite pendant que ces zones existent encore ».

Pour lutter contre cette pollution, les services de l’Etat ont engagé une série d’actions comme le renforcement des règles d’épandage du lisier, l’installation de passes à poissons ou un effort de sensibilisation des industriels.

En Franche-Comté, le Doubs franco-suisse, dont la Loue est à la fois un affluent et une résurgence, le Dessoubre et le Cusancin sont confrontés à un même problème de pollution et de mortalité piscicole.

D’après une étude de l’Université de Neuchâtel (Suisse), rendue publique fin mai, la surmortalité piscicole dans la Loue et le Doubs pourrait avoir été causée par un champignon (saprolegnia parasitica) récemment introduit dans ces rivières par l’activité humaine. Cette hypothèse est contestée par certains professionnels de la pêche.

Et comme l’eau n’a pas de frontières, des associations françaises et suisses ont déposé plainte au niveau régional, national et européen pour exiger des mesures concrètes de protection de ces rivières.

(source : AFP)

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