La soeur de Maëlys à Lelandais: "C'est vous le déchet!"

Publié le 07/02/2022 - 19:17
Mis à jour le 07/02/2022 - 19:17

« Avez-vous violé ma soeur ? » « Vos mensonges on en a marre ! » La soeur de Maëlys, 16 ans, a éreinté lundi Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre de sa cadette, lors de son procès en assises, sans parvenir à le faire craquer.

Maëlys ©DR ©
Maëlys ©DR ©

S'adressant directement à lui, l'adolescente l'a pressé d'un flot de questions sur un ton offensif pour qu'il révèle enfin dans quelles circonstances il a donné la mort à la fillette de huit ans, disparue lors d'un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017.

"Quels ont été ses derniers mots ?", "regardez-moi dans les yeux", "en fait c'est vous le déchet", lui lance-t-elle sur un débit de mitraillette. "Vous avez eu plein d'occasions de dire la vérité, vous n'avez pensé qu'à vous", lui lance-t-elle.

"Ayez ce courage et cette dignité comme j'ai moi de vous parler", poursuit-elle ensuite en le fusillant du regard, réclamant avec insistance qu'il réponde à deux questions en particulier. "Avez-vous violé ma soeur? " et "qu'est-ce qui vous empêchait de dire où était ma soeur pendant des mois ?" alors que le corps n'avait pas encore été retrouvé.

"Non, je n'ai pas violé votre soeur", répond l'accusé, avant de tenter un faible "Je m'expliquerai" à la seconde question.

"Moi je vous demande les réponses maintenant !", réplique la jeune fille avec détermination. Elle n'aura pas gain de cause, l'accusé, visiblement embarrassé, se murant à nouveau dans le silence.

"Papa perdu en mer"

Témoignant juste avant leur fille aînée au procès de l'ancien maître-chien militaire de 38 ans, le père et la mère de Maëlys avaient décrit le naufrage de leur existence après sa disparition.

Aujourd'hui divorcés, ils avaient dépeint l'"héroïne", le "petit ange, guerrier de lumière" qui a "mis un dangereux criminel en prison". "Je n'ai pas su te protéger des méchants, je n'ai pas tenu la promesse que je t'ai faite", a lancé sa mère, Jennifer Cleyet-Marrel, s'adressant à un portrait de la fillette posé devant elle.

"J'aurai cette culpabilité en moi jusqu'à la fin de ma vie", dit-elle, avant de faire projeter à la cour un long diaporama de photos où la fillette apparaît heureuse, sur fond musical.

Son père Joachim, se décrit de son côté comme un "papa perdu en mer (...) qui tente de sortir la tête de l'eau" et victime du "mauvais sort". Il a perdu "25 kilos" depuis le drame, témoigne un ami d'enfance.

"Des mots sur les actes"

De nouveau confronté lundi matin à des vidéos d'agressions sexuelles de petites-cousines qu'il a reconnu avoir commises et filmées, Nordahl Lelandais a admis pour la première fois avoir éprouvé des penchants "pédophiles", tout en niant avoir ressenti ces pulsions pour la jeune Maëlys.

Il est accusé d'avoir agressé deux fillettes, âgées à l'époque de 4 ans et 6 ans, à l'été 2017, peu avant la disparition de Maëlys à la fin août de la même année. Ces actes avaient été découverts pendant l'enquête sur la disparition de Maëlys lorsque les enquêteurs avaient mis la main sur des vidéos des attouchements filmées par téléphone.

"Qu'est-ce que c'est ? Quel est le terme générique pour cela ?", l'interroge lors de l'audience Me Yves Crespin, l'avocat de deux associations d'aide à l'enfance après la projection devant la cour des vidéos très crues de ces actes, qui ont bouleversé l'assistance.

"De la pédophilie", concède l'accusé.

"Il fallait que les mots soient posés sur les actes. Je crois que c'est la première fois qu'il admet ce penchant pédophile. (...) Peut-être que ça lui permettra d'aller un peu plus loin dans la connaissance que nous avons des faits", a relevé Me Crespin.

"J'aurais tellement voulu la protéger, qu'il ne lui arrive jamais ça", avait auparavant déploré à la barre la mère de l'une des deux petites-cousines. Ces images "vont me hanter", a-t-elle ajouté en pleurant.

Déjà condamné à Chambéry en mai 2021 à 20 ans de réclusion pour le meurtre du jeune soldat Arthur Noyer, l'accusé n'a pas fait appel. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Maëlys. Le verdict est attendu autour du 18 février.

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Incendie à Crans-Montana : un plaignant réclame la récusation des procureures chargées de l’enquête

L'avocat du père d'une victime de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse, a réclamé vendredi 6 février 2026 la récusation des procureures chargées de l'enquête, qu'il accuse de "grave manquements".

Incendie mortel à Crans-Montana : “pas un seul instant nous ne pensons pas aux victimes”, assure le co-propriétaire

Jacques Moretti, co-propriétaire avec son épouse du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station suisse de Crans-Montana, a assuré vendredi 6 février 2026 que le couple ne passait "pas un seul instant" sans penser aux victimes du drame, qui a fait 41 morts et 115 blessés.moretti

Affaire Péchier : la demande de mise en liberté examinée le 11 février par le tribunal de Besançon

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 crimes d’empoisonnement, l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier verra sa demande de mise en liberté examinée le 11 février 2026 par le tribunal de Besançon. L’accès à l’audience sera limité en raison de la capacité réduite de la salle.

Besançon : 15 ans de réclusion pour le meurtre d’un Bosniaque sur fond de trafic de drogue

Un homme de 20 ans a été condamné mercredi à 6 février 202615 ans de réclusion pour le meurtre d'un quadragénaire bosniaque à Besançon en 2023 sur fond de trafic de drogue, des faits commis alors qu'il était mineur, a-t-on appris auprès des avocats impliqués.

Un des deux évadés de Dijon condamné à 12 ans de réclusion pour violences sur son ex

Un des deux hommes qui s'était évadé fin novembre de la prison de Dijon, avant d'être rapidement repris, a été condamné lundi à Lons-le-Saunier à 12 ans de réclusion pour des violences sur son ex-compagne, qu'il avait éborgnée en lui plantant une fourchette dans l'oeil.

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 2.47
peu nuageux
le 09/02 à 03h00
Vent
1.01 m/s
Pression
1007 hPa
Humidité
94 %