Les quotidiens régionaux ont-ils à craindre des sites d'information locale ?

Publié le 31/05/2010 - 18:07
Mis à jour le 31/05/2010 - 18:07

Le monde médiatique dijonnais est en émoi. Le Bien Public et le Journal de Saône-et-Loire ont décidé de poursuivre en justice Dijonscope, un site d’information locale, sous prétexte que ce dernier citait ces deux journaux dans sa revue de presse.

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"Il y a derrière cette action la  crainte de la concurrence du numérique au moment où la presse écrite est en grande difficulté", a estimé ce lundi à Dijon Jean-Pierre Mignard, avocat spécialisé dans le droit de la presse et maître de conférence à Sciences Po Paris, qui est venu volé au secours de Sabine Torres, patronne du site dijonnais créé il y a dix mois et qui enregistre entre 15 000 et 20 000 visites par semaine avec l'envoi quotidien d'une newsletter à 4000 destinataires.

Edwy Plenel, président de Mediapart, journal d'information en ligne, et du SPIL (Syndicat de la presse d'information indépendante en ligne), a également débarqué de Paris pour "dénoncer ce procès fait par des patrons qui s'attribuent le travail des journalistes".

"Comment un journal peut-il interdire de parler lui alors qu'il est cité dans les règles de l'art dans une revue de presse ? C'est une mutilation et non du pillage", a estimé Me Mignard devant "ce cas d'école".

Alors que tous les médias et journalistes cherchent à être "repris", Le Bien Public et le Journal de Saône-et-Loire assignent un concurrent en référé... "C'est vraiment régressif et cette action ne portera pas ses fruits", a conlu l'avocat parisien.

"C'est un procès injuste et irresponsable. La revue de presse est au coeur du partage de l'info et la concurrence est le moteur de la presse", a insisté Edwy Plenel au moment où tout le monde devrait se serrer les coudes pour "inventer une nouvelle presse". "La revitalisation de l'info locale par le numérique est une opportunité", a-t-il poursuivi en soulignant que derrière "cette attaque, il y a deux quotidiens régionaux qui veulent faire la police et tuer le pluralisme naissant".

Chaque journal réclame 20 000€ à Dijonscope.

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