Mondial féminin : France-Maroc, un duel riche en symboles pour une place en quarts

Publié le 08/08/2023 - 08:56
Mis à jour le 08/08/2023 - 09:34

Bien lancée dans sa Coupe du monde, l'équipe de France féminine défie ce mardi 8 août à 13h00 le Maroc pour une place en quarts de finale, une affiche aussi inattendue que symbolique pour Hervé Renard et plusieurs joueuses, à Adélaïde.

 © Facebook équipe de France de football
© Facebook équipe de France de football

Quelle nation rejoindra l'Australie en quarts pour un sommet face au pays co-organisateur samedi à Brisbane ? Une chose est certaine, son sélectionneur sera Français : Hervé Renard comme Reynald Pedros ont des allures de chefs de meute à la tête des Bleues et des Lionnes de l'Atlas.

"C'est un clin d'oeil du destin", a remarqué Pedros, qui connaît les Bleues par coeur pour en avoir entraîné six lors de son passage à Lyon comme entraîneur (2017-19). Quand à Renard, arrivé au printemps pour guider la France vers un premier titre international tant espéré, il garde "de merveilleux souvenirs" du Maroc, dont il a dirigé l'équipe masculine entre 2016 et 2019.

Les Lionnes de l'Atlas vivent un rêve éveillé

Riche en symboles, ce match à l'autre bout du monde ravive aussi un souvenir plus récent, celui de la demi-finale France-Maroc du Mondial qatari (2-0), il y a presque huit mois.

Lancées dans une épopée similaire et encore moins attendue que leurs homologues masculins, les Lionnes de l'Atlas vivent un rêve éveillé en Australie, pour la première Coupe du monde de leur histoire.

La France de Wendie Renard et Kadidiatou Diani, 5e nation mondiale, ne peut pas se permettre le moindre faux pas contre les Marocaines, équipe la moins bien classée des huitièmes (72e). Une élimination éteindrait en effet brusquement toutes les promesses apportées par Hervé Renard, nommé en avril à la tête des Bleues.

"Ne pas tomber dans le piège"

"Même quand on fait un petit match entre amis, on le fait pour le gagner", a prévenu Hervé Renard, refusant de céder à l'émotion de ces retrouvailles. "À nous de ne pas tomber dans le piège, de penser que notre parcours est plus facile qu'un autre", a prévenu la milieu Kenza Dali, précieuse en poules contre le Brésil (2-1), un "match référence" dont les Bleues veulent se servir.

Trop de favorites (Allemagne, Canada, Etats-Unis) ont déjà chuté dans ce Mondial riche en surprises pour que les Bleues aient le culot de s'imaginer trop vite en quarts.

Avec une équipe alliant joueuses locales de l'AS FAR (Rabat), le principal club féminin du pays, et binationales récemment convaincues, les Lionnes de l'Atlas comptent surfer sur une dynamique insensée, celle qui leur a permis de se relever après une gifle subie d'entrée contre l'Allemagne (6-0).

Pic d’audience attendu

À leur tête, Pedros symbolise cette nation en plein développement. "Je suis français et mon staff est français. Mais mon cœur est marocain. Je n'aurai aucun remords ni scrupule à battre la France", s'enthousiasme l'ancienne vedette de Nantes.

Comme le France-Maroc de décembre, ce duel dans le foot féminin - seulement le deuxième de l'histoire - prend également une dimension particulière pour les centaines de milliers de binationaux vivant dans l'Hexagone, laissant présager d'un pic d'audience malgré le décalage horaire.

Des retrouvailles entre amies 

Ce paysage unique résonne aussi différemment pour plusieurs actrices de la rencontre. L'effectif du Maroc compte sept joueuses nées en France et encore plus de binationales passées par la D1 dans l'Hexagone. Pour la Française Grace Geyoro et la Marocaine Anissa Lahmari, il s'agit même de retrouvailles entre amies intimes.

Et du côté de Miramas près de Marseille, la famille de la défenseure des Bleues Sakina Karchaoui, née en France de parents marocains, s'apprête à vivre un moment unique. "On connaît la place que le Maroc a dans notre famille, au même titre que la France", assure la joueuse du Paris SG. "Cela va être un match plein d'émotions".

Info +

À Besançon, la rencontre sera retransmise en direct à l'espace Vital'été de la Malcombe.

(avec AFP)

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