Pénaliser les clients des prostitué(e)s : Aline Peugeot, ex-travailleuse du sexe à Valentigney, monte au créneau

Publié le 02/10/2024 - 12:26
Mis à jour le 02/10/2024 - 11:16

Dans un communiqué du 2 octobre 2024, Aline Peugeot, ancienne prostituée et militante engagée à Valentigney, monte au créneau pour dénoncer la récente décision de la Cour européennes des Droits de l’Homme (CEDH) de valider la loi française de 2016 pénalisant les clients des travailleuses et travailleurs du sexe.

Aline Peugeot © DR
Aline Peugeot © DR

Aline Peugeot remet en question cette décision, en rappelant que ”contraintes à la clandestinité, les personnes prostituées sont davantage exposées aux agressions et aux infections sexuellement transmissibles. Leurs conditions de travail se sont aussi dégradées : face à la baisse du nombre de clients, elles sont souvent obligées d'accepter des pratiques qu'elles auraient refusées auparavant ou des tarifs à la baisse.” 

Face à cette situation, 261 hommes et femmes prostitué(e)s ont saisi la CEDH, avec le soutien d'une vingtaine d'associations. Le 25 juillet dernier, la CEDH a rendu son verdict : la loi du 13 avril 2016 ne viole pas la Convention européenne des droits de l’homme (source). Les clients des prostitué(e)s restent donc toujours passibles d’une amende de 1.500 euros (3.750 euros en cas de récidive). 

”Parler de -désir- démontre à quel point les décisionnaires ne connaissent pas le sujet”

Pour Aline Peugeot, fille adoptive du petit-fils du grand industriel automobile Henri Peugeot, cette décision est une ”aberration”. Cette ancienne prostituée déplore que ”la voix des principales intéressées ne soit pas entendue” et regrette qu l’”on écoute des parlementaires qui ne connaissent absolument rien au problème de la prostitution puisqu'ils ne l'ont pas vécue ! Actuellement, les seules informations dont ils disposent sont filtrées par des associations abolitionnistes telles que Le Nid”, dénonce-t-elle, ”d’autant plus qu'ils créent des inégalités dans le milieu puisque les personnes frontalières peuvent aisément pratiquer en toute légalité hors de France.” 

Par ailleurs, pour Aline Peugeot, ”parler de -désir- démontre à quel point les décisionnaires ne connaissent pas le sujet, car une "passe" a pour but de satisfaire le client, comme pour toute transaction d'ailleurs. L'affinité ou l'attirance n'entrent absolument pas en ligne de compte ! Les prostituées ne sont pas toutes des nymphomanes, le but et l'intérêt premier de l'activité étant financier." 

Une priorité : intègre les constats et les retours des personnes prostituées”

Aline Peugeot raconte dans son communiqué être contactée ”de plus en plus par de jeunes femmes qui envisagent de se prostituer pour boucler leurs fin de mois.” L’ancienne travailleuse du sexe veut ”tordre le cou à une idée reçue : non, pénaliser les clients ne mettra pas un terme à la prostitution.”

Selon elle, ”la loi de 2016 ne supprime pas le problème, elle le déplace et elle l’aggrave, car elle a un effet pervers : en poussant les prostituées et leurs clients à la clandestinité, elle exacerbe la violence inhérente à ce milieu.” Et d’ajouter : ”Les agressions, les vols, les pressions pour refuser le port du préservatif se multiplient. Il est aussi devenu beaucoup plus difficile pour les associations d'aller à la rencontre des prostituées pour les aider à s'en sortir." 

À contre-courant de la mouvance abolitionniste, et parce qu'elle a travaillé durant 20 ans dans une maison close de Strasbourg, Aline Peugeot veut privilégier ”une approche pragmatique de la question de la prostitution.” Elle se déclare notamment favorable à sa légalisation et à sa reconnaissance, afin de créer un cadre véritablement sécurisé pour les travailleuses du sexe. ”Ce qui implique notamment, pour éviter toute situation irrégulière, une réelle prise en compte de ce métier, sans discriminations, par les administrations”, conclut-elle.

Infos +

Aline Peugeot est aujourd’hui l’auteure de plusieurs ouvrages, conférencière et formatrice en développement personnel.

Société

À Besançon, la fresque de Nacle en hommage à Lyhanna reste en place… pour l’instant

Dimanche 14 juin 2026, le graffeur bisontin Nacle a dévoilé sa nouvelle fresque située niveau du boulevard Diderot à Besançon en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée assassinée dans le Gers au début du mois. Réalisée sans autorisation, il a été question de son nettoyage. Dans l’attente d’un compromis, la Ville de Besançon a souhaité réagir ce lundi dans un communiqué.

Il revenait de Suisse avec une tonne de ferraille à Morteau : son camion saisi par les douanes, 10 ans de prison encourus…

La direction régionale des Douanes de Besançon lance une campagne d’information sur les règles encadrant le transport transfrontalier de déchets entre la Suisse et la France. À cette occasion, elle met en avant une saisie réalisée fin mai 2026 par la brigade de Morteau, présentée comme une illustration d’un phénomène régulièrement constaté sur la frontière franco-suisse.

Sondage – La Fête de la musique est-elle encore un événement incontournable pour vous ?

Depuis plus de 40 ans, la Fête de la musique marque le début de l'été et rassemble chaque année des milliers de personnes dans les rues, les places et les bars. Entre concerts amateurs, artistes confirmés et ambiance festive, l'événement conserve une place particulière dans le calendrier culturel. À quelques jours de l'édition 2026, nous souhaitons connaître votre avis : la Fête de la musique est-elle encore un événement incontournable ? C'est notre sondage de la semaine.

Loi intégrale contre les violences sexuelles : nouveau rassemblement ce lundi à Besançon

À la suite de l’affaire Lyhanna, l’intersyndicale féministe du Doubs Solidaires FSU-CGT Éducation appelle à un nouveau rassemblement ce lundi 15 juin 2026 devant le tribunal judiciaire de Besançon afin d’exiger une loi cadre intégrale contre les violences sexuelles.

Un exercice de sécurité civile à Deluz pour tester le dispositif FR-Alert

Le mercredi 24 juin 2026, la préfecture du Doubs organise un exercice de sécurité civile "risque industriel" dans la commune de Deluz dès 8h30. Cet exercice permettra aux services de l’État de tester le dispositif FR-Alert, prévient la préfecture du Doubs dans son communiqué.  

Concours régional “Tous à table !” : les professionnels de la restauration scolaire à l’honneur

La cérémonie de remise des prix du 3ª concours régional "Tous à table!", destiné aux équipes de cuisine des établissements de Bourgogne Franche-Comté, a eu lieu mercredi 10 juin 2026 au lycée François Mitterrand à Château-Chinon (Nièvre).

Symbole “d’une décarbonation réussie”, la cheminée de Planoise disparaît

VIDÉO • La cheminée de la chaufferie de Planoise, témoin de l’ère du fioul et du charbon, est aujourd’hui devenue obsolète. Sa déconstruction a débuté ce mercredi 10 juin 2026 à Besançon en présence des représentants de Grand Besançon métropole et de l’exploitant du réseau de chaleur urbain ENGIE lors d’une visite de chantier ouverte à la presse.

En Bourgogne-Franche-Comté, des maraîchers cultivent l’autonomie alimentaire

Un collectif de fermes et de maraîchers de Bourgogne-Franche-Comté, est réunie autour du projet “Populations évolutives et pré-sélectionnées“ (PEPs). Objectif : atteindre l’autonomie alimentaire par la création variétale de légumes d’ici 2027. Sébastien Desgeorges, maraîcher et membre du collectif nous en parle...

“En Boîte Le Plat France” vise 5.000 adhérents pour accélérer le réemploi des emballages consignés

L'association En Boîte Le Plat France a lancé fin avril 2026 une campagne nationale d'adhésion avec l'objectif de rassembler 5.000 adhérents afin de soutenir le développement du réemploi des emballages alimentaires. Relayée notamment par En Boîte Le Plat Besançon, cette mobilisation s'inscrit dans la continuité d'un projet citoyen né à Toulouse en 2019 pour réduire l'usage des emballages jetables dans la restauration à emporter.

Don d’organes : le CHU Besançon Franche-Comté multiplie les actions de sensibilisation auprès du public

À l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs le 22 juin 2026, le CHU Besançon Franche-Comté organise plusieurs événements destinés à informer et sensibiliser le grand public. L’établissement met l’accent sur un message central : connaître la réglementation, exprimer sa position sur le don d’organes et de tissus et, surtout, en parler à ses proches.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 19.43
couvert
le 16/06 à 09h00
Vent
1.57 m/s
Pression
1018 hPa
Humidité
83 %

Sondage