Pierre Moscovici, le social-démocrate qui n’en finit pas de rebondir politiquement

Publié le 01/06/2020 - 10:52
Mis à jour le 01/06/2020 - 10:52

Pierre Moscovici va accéder le mercredi 3 juin 2020 à la présidence de la Cour des comptes. Retour sur la carrière l’ancien député du Doubs et ancien président de Pays de Montbéliard.

Pierre Moscovici ©roman ©
Pierre Moscovici ©roman ©

Pierre Moscovici  fut aussi ministre de Lionel Jospin et de Jean-Marc Ayrault.

Il a souvent semblé hors-jeu politiquement, et a toujours réussi à revenir dans la partie: cette fois, c’est dans le fauteuil de Premier président de la Cour des comptes que Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste et commissaire européen, va s’installer dans quelques jours. Des remarques acerbes rapportées l’été dernier par le journal Le Monde sur le "populisme mainstream" du président Emmanuel Macron semblaient lui avoir coûté le poste de Premier président de la prestigieuse institution de la rue Cambon à Paris. "Il peut toujours aller se faire voir", aurait alors commenté le chef de l’Etat, selon Le Canard enchaîné.

Parisien pur jus

Agé de 62 ans et père d’un jeune enfant, le commissaire européen aux Affaires économiques avait donc terminé son mandat le 30 novembre dernier sans poste en vue. Comme tout ancien élève de l’ENA en quête de point de chute, il avait repris le chemin du corps qu’il avait intégré en 1984, la Cour des comptes, comme simple "conseiller-maître". Mais il n’a certainement jamais eu l’intention de finir sa longue carrière politique en cirant les bancs.

Ce Parisien pur jus, qui n’a pas son permis et qui fréquente volontiers le Café de Flore, a paradoxalement fait ses armes électorales en terre ouvrière et automobile.

Pierre Moscovici, a en effet été parachuté dans le pays de Montbéliard en 1994 pour des élections cantonales sur les terres de Peugeot, et de l’usine historique de Sochaux. Il a aussi été député du Doubs, mais n’est jamais parvenu à conquérir la mairie de Montbéliard. Il a présidé Pays de Montbéliard Agglomération de 2008 à 2012.

Il a également été député européen, et deux fois ministre: des Affaires européennes sous Lionel Jospin, puis patron de Bercy au début du mandat de François Hollande, dans deux gouvernements successifs de Jean-Marc Ayrault.

Fils d’un couple de grands intellectuels juifs venus d’Europe de l’Est – son père, le psychosociologue Serge Moscovici, a marqué la pensée de l’écologie politique tandis que sa mère, Marie Bromberg, a été une psychanalyste de renom – Pierre Moscovici a, dans sa jeunesse, flirté avec le trotskysme.

Il revendique désormais, et depuis de longues années, un positionnement social-démocrate.

Entré au parti socialiste en 1984, et ensuite fidèle parmi les fidèles de Dominique Strauss-Kahn, il a rebondi au sein de l’équipe de campagne de François Hollande après que son mentor a été balayé en 2011 par un scandale sexuel.

Pierre Moscovici peut aujourd’hui compter sur des contacts dans le premier cercle d’Emmanuel Macron. Alexis Kohler, bras droit du président, a ainsi été son directeur de cabinet adjoint à Bercy.

Cette fois, c’est donc au poste de Premier président de la Cour des comptes que Pierre Moscovici revient dans le jeu, après plusieurs mois d’attente et de spéculation, son prédécesseur Didier Migaud ayant lâché les rênes il y a déjà six mois pour diriger la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Passer le budget de l'Etat à la loupe

Le scénario rappelle celui qui avait vu Pierre Moscovici atterrir à la Commission européenne en 2014, après avoir perdu le ministère de l’Economie et des Finances, et suite à de longues hésitations du président François Hollande. A la tête de la Cour des comptes, l’ancien Commissaire européen retrouvera un exercice familier: passer à la loupe les projets de budget de l’Etat français.

Il avait lui-même rendu des comptes à Bruxelles lorsqu’il était ministre des Finances de 2012 à 2014, et que la France malmenait l’objectif d’un déficit budgétaire inférieur à 3% du Produit intérieur brut.

A l’époque, Pierre Moscovici avait fait parler de lui en dénonçant le "ras-le-bol fiscal", qui était revenue ensuite en boomerang à la tête de l’exécutif tout au long du quinquennat Hollande.

Ministre, il avait plaidé pour de la "flexibilité" dans l’application des règles de la zone euro, alors menacée d’implosion par la crise des dettes souveraines.

Sous les ors de la Cour des comptes, dont la mission se fonde sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen – qui dispose que "la société a droit de demander compte à tout agent public de son administration" -, il fera face à une situation budgétaire hors du commun. En raison de la pandémie de coronavirus, et de mesures de confinement qui ont paralysé l’économie, le déficit public français pourrait flirter cette année avec les 10% du PIB, selon Bruxelles.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Climat, santé, commerces, Citadelle : Anne Vignot détaille ses premiers engagements pour Besançon

MUNICIPALES 2026 • La maire sortante de Besançon, Anne Vignot, candidate aux élections municipales, a présenté ce samedi 31 janvier une série de premiers engagements de campagne, entourée de plusieurs représentants de sa liste d’union de la gauche et des écologistes : Hasni Alem (Parti communiste), Marc Paulin (Debout !), Anthony Poulin (EELV), Jean-Sébastien Leuba (Parti socialiste) et Jérémy Jeanvoine (Génération.s).

Ludovic Fagaut défend un projet de développement économique “en totale rupture”

L’équipe de « Ensemble, Besançon avance » menée par le candidat LR à l’élection municipale Ludovic Fagaut a tenu sa seconde conférence de presse programmatique ce vendredi 30 janvier 2026 au Comptoir Général, situé rue d’Alsace. Le candidat et son équipe ont consacré ce temps à la présentation de leurs ambitions en terme de développement économique. 

Mercosur : le Département du Doubs refuse les produits ne respectant pas les normes européennes pour ses cantines

Le Département du Doubs a annoncé le 30 janvier 2026, une position claire concernant l’approvisionnement alimentaire de ses collèges publics, dans le contexte de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. La collectivité affirme vouloir garantir une cohérence entre les exigences imposées aux agriculteurs français et le contenu des repas servis aux collégiens.

Grand Besançon Métropole : un dernier budget en hausse avant les élections municipales

Parmi les débats à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire prévu ce jeudi 29 janvier 2026, figure celui des orientations budgétaires. Gabriel Beaulieu, premier vice-président en charge des finances, fait le point sur les évolutions prévisionnelles des dépenses de fonctionnement et d’investissement, cela malgré un contexte financier national difficile. 

Le préfet de région valide le Schéma régional des carrières en Bourgogne-Franche-Comté

Le préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté a officiellement approuvé le Schéma régional des carrières (SRC) le 26 janvier 2026, un document stratégique qui encadrera l’exploitation des ressources minérales pour les douze prochaines années. 

Jérôme Durain alerte sur la fragilisation des CESER par une réforme parlementaire

Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain, a exprimé, dans un communiqué du 28 janvier 2026, son opposition à une disposition que le Parlement s’apprête à adopter et qui, selon lui, fragiliserait les Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER).

Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans, les députés votent ce lundi

Faut-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et les téléphones portables dans les lycées ? Les députés auront à se prononcer ce lundi 26 janvier 2026 sur ces mesures cherchant à protéger la santé des adolescents, soutenues de tout leur poids par le gouvernement et Emmanuel Macron. La proposition de loi sera examinée à partir de 15h, et devrait, sauf surprise, recevoir le feu vert de l’Assemblée nationale, la chambre basse. Le texte ira ensuite au Sénat.

Municipale 2026 à Besançon : La France Insoumise veut présenter “un programme systémique” ou “tout se tient, tout va ensemble”

Séverine Vézies, candidate LFI à l’élection municipale de Besançon, a présenté ce samedi 24 janvier 2026 lors d’une conférence de presse les grands axes de son programme. Ce dernier se décline en cinq principes fondamentaux, quatre piliers, quatre alter-projets et 200 mesures.

Municipales à Besançon : Jean-Sébastien Leuba (PS) rejoint finalement la liste d’Anne Vignot

Exclusivité • Jusqu’il y a encore quelques semaines, Jean-Sébastien Leuba menait campagne à Besançon à la tête de la liste socialiste "Besançon Forte et Solidaire". Malgré un accord national entre le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts, le candidat n’avait pas immédiatement annoncé s’il poursuivrait l’aventure aux côtés de la maire écologiste sortante, Anne Vignot, contrairement à plusieurs memebres locaux du PS. Finalement, Jean-Sébastien Leuba a tranché. Ce vendredi 23 janvier 2026, il annonce officiellement rejoindre la liste d’Anne Vignot.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 2.75
couvert
le 01/02 à 09h00
Vent
1.69 m/s
Pression
1010 hPa
Humidité
93 %