Plainte d'une soprano pour agression sexuelle : la police judiciaire saisie

Publié le 16/10/2020 - 14:50
Mis à jour le 16/10/2020 - 14:50

Le parquet de Besançon a saisi la police judiciaire pour poursuivre l’enquête ouverte après la plainte pour agression sexuelle de la soprano française Chloé Briot contre un baryton, a-t-on appris vendredi auprès du procureur.

L'inondation, opéra avec Chloé Briot ©
L'inondation, opéra avec Chloé Briot ©

"Mme Briot a été entendue pendant quatre heures par la sûreté départementale de Besançon, elle a apporté beaucoup de détails sur les faits qu'elle dénonce", a indiqué  le procureur Etienne Manteaux "L'enquête se poursuit sous la qualification d'agressions sexuelle", a précisé M. Manteaux, relevant que "les faits dénoncés se sont produits sur scène devant de nombreux témoins".

L'antenne de la PJ de Besançon, la PJ de Rennes et l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) ont été saisis par le magistrat pour "accomplir des actes d'enquête et recueillir toutes les auditions des témoins" dans différentes villes. "Le mis en cause sera ensuite entendu", selon le procureur. Le ministère de la Culture avait lui-même procédé début septembre à un signalement auprès du procureur de la République.

La soprano Chloé Briot, 32 ans, accuse d'agressions sexuelles répétées un collègue chanteur qui tenait le rôle principal masculin dans la production de l'opéra "L'inondation" de Joël Pommerat.

Selon elle, les faits se sont produits d'octobre 2019 à février 2020, sur le plateau de l'Opéra-Comique à Paris où le spectacle a été créé, ainsi qu'aux Opéras de Rennes et de Nantes, où il avait été repris.

Une enquête préliminaire a été ouverte le 15 mai par le parquet de Besançon, après réception de la plainte de la chanteuse, le parquet bisontin étant compétant car le baryton est domicilié sur son ressort.

Début septembre, les avocats du chanteur ont affirmé qu'il avait déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Interrogé par l'AFP, le parquet de Besançon a toutefois indiqué qu'il n'avait pas reçu cette plainte à ce jour.

Dans un entretien à "La lettre du musicien", la soprano a expliqué qu'elle s'était tue durant les répétitions avant la première à l'Opéra-Comique car elle était "terrorisée à l'idée de mettre le bazar dans la production".

"Certes, nous devions jouer une scène de sexe, mais il agissait toujours au-delà du cadre des propositions du metteur en scène et me faisait systématiquement passer pour une +chieuse+ auprès de ce dernier", a déclaré l'artiste, qui tenait le premier rôle. "En pleine représentation, il a palpé mon sein droit comme de la pâte à modeler" et dans une autre scène "il a écarté violemment mes jambes en mettant sa tête sur mon sexe", a-t-elle précisé.

La soprano affirme que ce comportement n'a pas changé bien qu'elle l'ait signalé au metteur en scène et aux directeurs d'opéra concernés, jusqu'à ce qu'Olivier Mantei, directeur de l'Opéra-Comique, écarte le chanteur des reprises prévues jusqu'en 2024.

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