Procès Péchier : les médecins "comploteurs" visés par l'empoisonneur

Publié le 25/11/2025 - 14:30
Mis à jour le 25/11/2025 - 14:11

Deux patients de médecins "considérés comme des comploteurs" par l'anesthésiste Frédéric Péchier ont été la cible d'empoisonnements à l'automne 2016, a estimé mardi 25 novembre 2025 un enquêteur devant la cour d'assises du Doubs.

Fréderic Péchier et son avocat maitre Randall Schwerdorffer. © Elodie R.
Fréderic Péchier et son avocat maitre Randall Schwerdorffer. © Elodie R.

La cour, devant laquelle Frédéric Péchier comparaît pour 30 empoisonnements - dont 12 sont mortels - entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon, a débuté mardi l'étude des deux derniers cas suspects imputés à l'anesthésiste.

Bertrand Collette, 56 ans, et Henri Quenillet, 73 ans, sont tous deux décédés, respectivement en octobre et novembre 2016, après des arrêts cardiaques suspects lors de leurs opérations à la clinique Saint-Vincent. Plusieurs points communs ont été relevés par les policiers : les deux patients étaient les premiers de la journée opératoire ; les deux jours, le docteur Péchier était arrivé bien avant ses collègues, dès 6h00 du matin, à la clinique ; il travaillait dans le bloc contigu à celui où étaient opérés ces patients et s'était présenté pour aider à leur réanimation.

Les enquêteurs soupçonnent le docteur Péchier d'avoir introduit, le matin même des interventions, du potassium dans les poches de perfusion utilisées pour les anesthésies afin de provoquer des arrêts cardiaques. L'accusé de 53 ans conteste et a toujours clamé son innocence.

Le directeur d'enquête Olivier Verguet a décrit l'ambiance "complètement délétère" qui régnait en 2016 au sein du groupe d'anesthésistes de la clinique Saint-Vincent et souligné que le docteur Péchier était en conflit ouvert avec les anesthésistes de ces deux patients, Sylvain Serri et Loubna Assila, qu'il qualifiait de "décideurs comploteurs". Le docteur Assila avait repris la gestion de la Société des anesthésistes, avec le Dr Serri comme co-gérant. Elle avait tenté de "mettre le docteur Péchier face à ses responsabilités" concernant le dysfonctionnement de celle-ci, relève le policier.

Frédéric Péchier s'était alors montré virulent. Très éprouvée par ses attaques, Loubna Assila avait quitté la direction du groupe 15 jours seulement après avoir été nommée. Enceinte, elle avait été placée en arrêt maladie six semaines. Le jour de son retour, son premier patient, Henri Quenillet, était décédé d'un arrêt cardiaque suspect. Le docteur Sylvain Serri était en conflit avec le docteur Péchier depuis un repas avec leurs épouses.

Frédéric Péchier comparaît libre, mais encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 19 décembre.

(AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Un des deux évadés de Dijon condamné à 12 ans de réclusion pour violences sur son ex

Un des deux hommes qui s'était évadé fin novembre de la prison de Dijon, avant d'être rapidement repris, a été condamné lundi à Lons-le-Saunier à 12 ans de réclusion pour des violences sur son ex-compagne, qu'il avait éborgnée en lui plantant une fourchette dans l'oeil.

Il avait tué son compagnon en l’écrasant : peine de 15 ans de prison confirmée en appel   

Un homme de 46 ans a été condamné jeudi 22 janvier 2026 en appel à Lons-le-Saunier à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son compagnon en 2022 en lui roulant dessus avec sa voiture, la même peine que celle infligée il y a un an en première instance. L'accusation avait requis 25 ans de réclusion.

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 3.44
couvert
le 01/02 à 09h00
Vent
2.19 m/s
Pression
1010 hPa
Humidité
91 %