Le tribunal judiciaire de Besançon a condamné la mère de la jeune femme à deux ans de prison ferme pour tentative d'enlèvement d'enfant, violences commises en réunion avec préméditation et menaces. Son père a été condamné à 18 mois ferme, sa tante et le frère de cette dernière à six mois ferme, conformément aux réquisitions du parquet.
La jeune fille avait été placée à l'Aide sociale à l'enfance après des violences subies de la part de ses parents qui refusaient sa relation avec un homme d'origine macédonienne.
Tondue par sa mère
Sa mère a tenté de vérifier l'état de sa virginité en lui écartant les jambes devant d'autres femmes de sa famille, puis lui a tondu les cheveux après avoir appris qu'elle avait eu une relation sexuelle avec son petit ami.
"J'étais inquiète pour ma fille", a tenté de justifier la mère à l'audience. "Au sein de notre communauté, les relations sexuelles hors mariage ne sont pas autorisées. C'est notre culture", a-t-elle dit, affirmant qu’une "relation entre une Roumaine et un Macédonien n'est pas possible".
En février 2025, alors que la fille de 17 ans était déjà placée et que sa famille avait interdiction de la contacter, ils se sont rendus chez la famille du petit ami. Menaces et invectives ont fusé, et des gens cagoulés -qui n’ont pas été identifiés lors de l'enquête- ont traîné de force l'adolescente dans une voiture pour la ramener en Roumanie. Le véhicule a été intercepté à la frontière franco-allemande.
"J'étais terrifiée à l'idée de devoir vivre recluse en Roumanie", avait déclaré la jeune femme lors de l'instruction.
"C'est une peine qui, même si elle est sévère, me paraît conforme à la réalité de ce dossier", a déclaré à l'AFP l'avocat de la principale prévenue, Yacine Hakkar, qui a dit lui avoir conseillé de ne pas faire appel. "Ce sera un soulagement. Parce que la justice est passée et que ma cliente a été entendue par rapport à tout ce qu'elle a pu dénoncer", a affirmé l'avocate de la jeune femme, Céline Party.
Les condamnés ont interdiction d'entrer en contact avec les victimes, et de séjourner à Besançon, pendant trois ans.
(AFP)


