Réforme des lycées : le CTA et le rectorat de l'académie de Besançon en désaccord…

Publié le 20/12/2018 - 17:16
Mis à jour le 20/12/2018 - 17:16

Le Comité Technique Académique (CTA) qui s’est tenu mardi 18 décembre 2018 au rectorat à Besançon avait pour principal objet l’examen de l’offre académique des enseignements de spécialité et optionnels proposée dans le cadre de la réforme du lycée.

Image libre de droit  © Komsomolec - Pixabay
Image libre de droit © Komsomolec - Pixabay

Parmi les dernières évolutions figure le maintien de la spécialité Sciences de l’ingénieur au lycée Paul-Émile Victor de Champagnole. En conséquence, la localisation de la spécialité Numérique et sciences informatiques va faire l’objet d’une étude complémentaire. Les membres du CTA se sont prononcés contre le projet.

Le CTA s'est prononcé à l'unanimité contre la carte des spécialités et options établie par le rectorat dans le cadre de la réforme du lycée et du baccalauréat.

"Malgré des votes défavorables en Comité Technique Ministériel et au Conseil Supérieur de l'Éducation, de nombreuses manifestations et mobilisations de lycéens, de parents et d’enseignant.e.s partout en France, le ministère et ses rectorats persistent à affirmer les bienfaits de réformes douteuses dont les conditions de mises en œuvre annoncées ne font que sanctionner un accès de plus en plus inégalitaire à la formation et à la culture" indique le syndicat SNES-FSU.

Un CTA de repli fin décembre

Le recteur Jean-François Chanet souhaite "montrer l’importance qu’il attache au dialogue social" en se déplaçant dans différents lycées de l’académie. Il s’est rendu la semaine dernière en Haute-Saône, aux lycées Georges Colomb de Lure et Augustin Cournot de Gray. Il a, lors du séminaire inter-académique de la vie lycéenne, échangé avec

les lycéens nouvellement élus titulaires des conseils académiques à la vie lycéenne (CAVL) de Besançon et de Dijon, à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. Ce jeudi 20 décembre, le recteur a rencontré les élus et les équipes des lycées Ferdinand Fillod de Saint-Amour, Victor Considérant de Salins-les-Bains et Paul-Émile Victor de Champagnole. Le vendredi 11 janvier prochain, il ira au lycée du Bois de Mouchard.

Pour le SNES-FSU, "Monsieur le Recteur a pris son bâton de pèlerin et passe de lycée en lycée pour éteindre les feux qu’il a lui-même allumés". Il doit présenter un nouveau projet aux élu.e.s des personnels.

Un CTA de repli est donc prévu avant la fin décembre.

Information aux élèves et à leur famille du rectorat

Avant les congés de fin d’année, le projet de carte des enseignements de spécialité proposés par chaque lycée sera communiqué aux lycéens et à leur famille.

Ainsi, après les vacances de fin d’année, les lycéens de seconde pourront commencer à réfléchir, avec leur famille et en dialogue avec leurs professeurs, aux enseignements de spécialité qu’ils choisiront définitivement en juin.

Le recteur Jean-François Chanet tient à rappeler que des outils sont d’ores et déjà en ligne pour accompagner les élèves, particulièrement le site www.secondes2018-2019.fr . L’ONISEP ouvrira d’ici la fin de cette semaine un site "HORIZONS 202" à destination des élèves de seconde et de leur famille. Il s’agit d’un outil d’aide au choix d’enseignements de spécialité de la voie générale. Il permet aux élèves d’en connaître le contenu et surtout de découvrir les horizons proposés par chaque enseignement de spécialité ou découlant de leurs combinaisons. L’ONISEP publiera également une information nationale, après consolidation de toutes les académies.

"Davantage de liberté et d’approfondissement"

Le rectorat explique que "chacun constatera à ce moment-là qu’au lieu d’opter entre trois séries (L, ES, S) qui avaient des prestiges différents et enfermaient dans des couloirs, c’est désormais un parcours plus personnalisé qui s’offre à chaque lycéen". Selon lui, "cela signifie davantage de choix possibles, guidés par les goûts, les passions et les centres d’intérêt". Et d'ajouter : "Ces choix se feront aussi en cohérence avec les projets d’avenir qui s’affineront tout au long des années de lycée. Avec trois spécialités en classe de première, puis deux spécialités en classe de terminale, la réforme du lycée d’enseignement général permet aux élèves de disposer d’un choix d’enseignement beaucoup plus important qu’auparavant."

Principes d’établissement de la carte des spécialités

La carte des enseignements de spécialité des lycées privés sous contrat et des lycées publics a été préparée à partir du mois de septembre dans un dialogue entre le rectorat et chaque établissement. Des réunions se sont tenues dans l’académie afin d’avoir "une définition harmonieuse de la carte des enseignements de spécialité. Cette carte tient compte des ressources humaines présentes dans les établissements" précise le rectorat.

Des principes ont été définis nationalement pour la composition de cette carte :

  • sept spécialités seront implantées dans la très grande majorité des établissements (mathématiques, sciences physique-chimie, SVT, SES, histoire géographie-géopolitique-sciences politiques, humanités littérature et philosophie, littérature et langues vivantes) ;
  • cinq spécialités font l’objet d’implantations académiques par bassin de formation (langues et cultures de l’Antiquité, numérique et sciences informatiques, arts, sciences de l’ingénieur, biologie – écologie.
  • Afin de contribuer à l’attractivité des établissements excentrés ou localisés dans de petites villes, certains enseignements de spécialité, moins courants ou très demandés, y seront installés.
  • Les établissements peuvent également conventionner pour élargir l’offre proposée à leurs élèves.

Le rectorat rappelle qu’"aujourd’hui certains lycées publics n’offrent pas les trois séries (L, ES, et S). Nombre d’entre eux proposeront sept enseignements de spécialité. Il y aura donc un enrichissement et une diversification de l’offre pour les élèves par rapport au système actuel de séries."

(Communiqués)

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