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La mobilisation contre la carte scolaire a-t-elle été efficace ?

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Vendredi dernier, une cinquantaine de parents et d'enseignants étaient à nouveau mobilisés à Deluz pour « la nuit de l'école » contre la carte scolaire dans le Doubs. A un peu plus d'un mois des vacances scolaires, que reste-t-il de cette mobilisation du collectif des parents et enseignants en colère alors que l'inspection académique reste inflexible ? Quelles sont les actions à venir ? Des membres du collectif ont répondu à nos questions et font le point.

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Combien de parents et d’enseignants sont actifs au sein du collectif ?

Notre collectif n'étant pas une association, il est donc difficile de vous donner un nombre exact d'adhérent. Mais quelques chiffres peuvent donner des indicateurs, comme par exemple le nombre d'abonnés à liste mail -de diffusion et de discussion- du collectif, qui s'est mise en place à Besançon courant février 2011, qui est actuellement de 145 personnes. Le collectif plus local de Deluz-Laissey, à l'initiative de la farandole pour l'école du 20 mai compte lui plus d'une quarantaine de parents. Pour le collectif Rezosaône, enfin, qui s'est constitué plus récemment autour des collèges de Saône et de Roulans et de 11 écoles, la liste mail spécifique compte également une trentaine de personnes, mais a priori l'opération collège mort à Saône du 2 mai a montré que l'adhésion était plus large.

Le collectif PEC a organisé vendredi 20 mai une farandole de l’école et en lien avec la FCPE, la nuit des écoles. En quoi consistaient-ces deux actions et que réclamez-vous concrètement ? Combien de personnes étaient mobilisées ?

Une cinquantaine de personnes étaient présentes comprenant des parents membres de l'association FCPE ou non, des enseignants syndiqués (Snuipp/FSU et Snes) ou non, des lycéens, des élus.

Cette soirée à Deluz s'est inscrite dans la continuité de notre mobilisation depuis février dernier pour réclamer le retour des postes supprimés dans le Département et l'Académie. Le collectif de Deluz-Laissey ayant choisi d'initier une action localement,  le collectif plus large de Besançon et du Doubs a trouvé logique de s'y associer.

Nous tenions aussi à répondre  l'appel de la FCPE pour une nuit des écoles car notre volonté est bien à présent de nous faire entendre au niveau national, compte tenu de l'absence totale d'écoute, de dialogue, et de réponse obtenue au niveau local.

Les parents et enseignants ont rarement mené autant d’actions coordonnées contre une carte scolaire. Cette mobilisation est-elle efficace au final ?

Clairement, malgré une très forte mobilisation des parents et des enseignants , des interpellations des politiques, un vote à l'unanimité moins une voix des membres du CDEN le 6 mai dernier, nous n'avons rien obtenu puisque l'Inspectrice a maintenu lors du CTPD de mars et du CDEN les suppressions de postes telles qu'elle les avaient été annoncées prévisionnellement en janvier dernier.

Pour autant, la mobilisation reste forte et en sort même renforcée dans ces fondements car elle témoigne d'une prise de conscience de la part notamment des parents d'élèves, du désengagement de l'Etat vis à vis de l'Ecole publique. Désengagement  qui se manifeste par une vision purement comptable de l'Ecole. Nos  dirigeants sont d'ailleurs totalement décomplexés par rapport à ces décisions puisqu'ils affirment qu'avec la carte scolaire, il ne s'agit pas de traiter des besoins du système éducatif mais d'appliquer une politique de restriction budgétaire.

Dans ce contexte, la mobilisation des parents et des enseignants pour contester ces suppressions -qui est loin d'être spécifique à notre ville et à notre Département mais commune à de nombreuses villes et régions en France (on peut citer la Corrèze, le Lot, Brest ou encore l'Ouest parisien mais ça bouge presque toutes les régions) - a le mérite de réaffirmer que l'école doit être un priorité nationale, l'objectif étant clairement comme nous le disions précédemment de placer cette question au coeur du débat publique pour les prochaines élections.

Les nombreux articles fouillés sur la question de l'éducation ayant fleuri dans les médias ces dernières semaines (reportage dans Marianne, Une du Journal du Dimanche,  nombreux articles dans Libération depuis début mai, plus récemment Une de Télérama du 19 mai, article dans Le Monde du 20 mai...), malgré une actualité chargée,  et la pétition nationale*** lancée par le collectif de l'Ouest Parisien montre que ce mouvement est un mouvement de fond.

 Pour rappel, quelles sont les décisions prises par l’Inspection Académique du Doubs ?

Concernant les écoles du Département, les décisions sont les suivantes :

- suppression de postes d’enseignants et accroissement important du nombre d’élèves par classe : 35 postes en moins et 250 élèves en plus. Les maternelles seront particulièrement concernées puisque les enfants de 2 ans ne sont plus comptés dans les effectifs ;

- suppression progressive des Réseaux d’Aides Spécialisés aux Élèves en Difficulté (RASED): 7 postes en moins.

- suppression des décharges de direction : certains directeurs d’école ne seront plus "déchargés" pour assumer leur fonction de direction.

Deux autres conséquences directes sont inéluctables : les remplacements seront de moins en moins assurés et les Zones d'Education Prioritaires (ZEP) perdent des postes qui tentaient de "réparer " l'inégalité sociale.

Il faut préciser que le désengagement de l'Etat dans l'éducation de nos enfants touchent aussi le secondaire, avec 177 postes en moins dans l'académie (55 en collège, 122 en lycée), d'où la mobilisation dans les collèges et lycées qui s'étend et d'où les liens que nous avons opéré avec les mouvements constitués dans le secondaire.

Selon un article des Echos du 13 mai 2011, "Nicolas Sarkozy et François Fillon ont réaffirmé ces dernières semaines leur volonté de continuer d'appliquer strictement la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le projet de loi de Finances 2012, en préparation, prévoira ainsi « environ 30.000 » suppressions de postes."

 Dans l'Education Nationale cela devrait se traduire par 16 000 postes en moins ! Comment pourrait-on rester inactifs et accepter sans broncher que l'on ampute ainsi les moyens consacrés à l'éducation et donc à l'avenir de nos enfants?

 Quelles sont les prochaines pistes d’actions. Que comptez-vous faire si vos demandes ne sont à nouveau pas entendues?

Nous envisageons de poursuivre les actions et la mobilisation localement en proposant notamment un nouveau rendez-vous "veillée de l'école qui résiste" mardi 28 juin à 20h00 place de la révolution  à Besançon à toutes les personne que cette question préoccupe, et d'autres actions concrètes pour faire remonter les besoins et les attentes des écoles et établissements, interpeller les parlementaires pour la constitution d'un collectif budgétaire.

Les parents et enseignants prennent progressivement conscience que si leur école  ou leur(s) enfant(s) ne sont pas concerné cette année, il y a de très forte chance qu'ils le soient l'an prochain, c'est le cas à Deluz, ça l'est aussi à l'école de Bregille-Plateau par exemple, mais ce n'est pas encore le cas pour beaucoup. D'où l'importance de leur apporter l'information.

Au niveau national, nous avons d'ailleurs pris l'initiative de lancer un appel pour créer une coordination nationale via une liste mail créé courant avril. Plus d'une vingtaine de collectifs de différentes régions ont répondu favorablement pour les mêmes raisons que nous.

Une première action commune  pourrait être la publication d'une tribune dans un quotidien national avec l'objectif évoqué précédemment de mettre la question " quel projet pour l'Ecole dans notre société?" au  coeur du débat politique et citoyen.

Avec les contributions de

  • Isabelle Cauwet, déléguée départementale FCPE et parent d'élèves, Besançon
  • Nadine Lassus Castioni, enseignante, représentante du Syndicat Snuipp-FSU
  • Benédicte Ponçot, parent d'élève, Deluz
  • Sandrine Vieillard, parent d'élève, Besançon

 

***http://www.petitions24.net/leducation_doit_redevenir_une_priorite_nationale

un lien également vers pétition FCPE:

 http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/p/petition2485.php

Pour plus d'information sur le collectif des parents et enseignants en colère de Besançon et du Doubs :

site internet : http://www.parents-enseignants25.venez.fr

miniblog : http://ecoleendanger25.tumblr.com/

sur twitter : https://twitter.com/ecoleendanger25 compte @ecoleendanger25

sur facebook :  http://www.facebook.com/home.php#!/pages/Collectif-des-parents-etenseignants-en-col%C3%A8re-du-Doubs/121493201262078

 

Damien