Ca tourne pas rond à la formation horlogère de Besançon !

Publié le 12/06/2014 - 14:37
Mis à jour le 16/04/2019 - 09:36

En septembre 2013, une vingtaine d'élèves se sont inscrits à la formation horlogère FTSH à Besançon pour préparer le CAP Horloger. Coût de la formation : 6.400 euros. Le problème, c'est que cette école n'aurait pas respecté son contrat ni envers les élèves, ni les professeurs. Aujourd'hui, Jérémy Jacquet, élève, Frédérik Creismeas, professeur, ainsi qu'un collectif composé de 12 personnes, veulent dénoncer cette "escroquerie" et souhaitent obtenir gain de cause. Le président de la formation, Yannick Moricci, parle de "mensonges" et de "diffamation".

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La formation FTSH ©Jérémy Jacquet

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Jérémy Jacquet s’est inscrit à la Formation transmission des savoirs horlogers (FTSH) au centre de formation au 2, chemin de Palente à Besançon en septembre 2013. Lors de l’inscription, la formation garantissait 800 heures en centre et 140 heures en entreprise. Elle a pour objectif de préparer les élèves au CAP Horloger en candidat libre. L’année coûterait 6.400 euros mais Jérémy Jacquet a pu déboursé 4.750 euros grâce à un prêt, « le prix variant en fonction des personnes » nous indique-t-il.

Du côté du professeur de technologie horlogère, Frédérik Creismeas, « Je n’ai pas touché un dixième de ce que je devais toucher » depuis le début de l’année. 

Le président de la formation, Yannick Morrici, déclare que Jérémy Jacquet n’a pas été assidu aux cours :« Je ne l’ai pas vu depuis trois mois. Quand il venait, il arrivait en retard,(…) il ne fout rien,(…) c’est un menteur ». En ce qui concerne le professeur, M. Moricci indique qu’il a été « congédié de la formation après avoir été condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir agressé une personne âgée ». « Vous comprenez bien que je ne pouvais pas garder quelqu’un qui est condamné à faire de la prison, enseigner à des jeunes ! » Selon lui, après cet événement, les élèves auraient « boudé » et ne seraient plus venus en formation « même si le professeur a été remplacé ».

« L’achat du matériel était à nos frais » : « un mensonge ! »

La formation proposée à Palente est une « escroquerie » selon Jérémy Jacquet. « Le contrat que l’on a signé en début d’année n’a pas été respecté, toute l’année, nous avons cruellement manqué de matériel, de professeurs, de cours etc. » explique-t-il. « Nous avons un immense retard, le CAP commence mercredi 11 juin 2014, et depuis janvier, nous avons dû terminer notre formation en autodidacte ! Nous ne sommes pas préparé à l’examen » ajoute-t-il.

Par ailleurs, Jérémy Jacquet confie que l’achat du matériel était aux frais des élèves. « Les mouvements qu’on nous donnait étaient en mauvais état, il n’y avait presque pas de fournitures, du coup on était bloqué sur nos mouvements pendant très longtemps ».

Catégorique, Yannick Moricci nous répond que « C’est complètement faux », il ajoute que « les élèves ont eu plus de mouvements que personne n’en a eu au Greta par exemple ». Pour répondre aux accusations de l’élève, le président de l’association précise que « Si M. Jacquet n’était pas là, il n’a pas pu voir (…) S’il n’a pas le niveau pour passer le CAP, il ne peut s’en prendre qu’à lui ».

« Nous avons essayé de porter plainte mais ça nous a été refusé » 

D’après Jérémy Jacquet, ce ne serait pas la première fois que le Yannick Moricci est sujet à des problèmes de ce type. « Il a déjà été viré du Greta de Morteau pour détournement d’argent et radié de tous les services publics » indique-t-il, « nous ne sommes pas les premières victimes de cet homme malhonnête ! » 

Yannick Moricci nous raconte qu’il a effectivement eu des problèmes : « J’ai été en chargé du CAP au Greta et j’ai acheté des mouvements avec de l’argent d’une formation, mais je n’avais pas choix, sinon, on n’en avait pas ». Il ajoute que « mon casier est vierge ».

Jérémy Jacquet et le collectif auraient envoyé deux courriers recommandés à Yannick Moricci mais sans réponse. Ils auraient également interpellé de nombreuses fois le conseil régional, le conseil général, Pôle emploi, ainsi que le procureur de la république mais « sans succès ». Du coup, ils pensent qu’il est « protégé » par des personnes « haut placées ».

Par ailleurs, M. Creismeas dit préférer régler cette histoire « à l’amiable ». Il nous explique que M. Moricci lui donne parfois ce qu’il lui doit mais « il n’y arrive pas ».

Le président de la formation nous confie que « si Jérémy Jacquet continue à raconter des mensonges, je vais finir par déposer une plainte pour diffamation, ça commence à bien faire ! »

« J’ai réussi à sauver ma place en travaillant dans un SAV »

Aujourd’hui, Jérémy Jacquet dit avoir « sauver sa place » en travaillant dans un service après-vente d’horlogerie d’une marque à Besançon et a pu prolonger son stage « pour mettre le plus de chance de mon côté pour obtenir mon diplôme » précise-t-il, » car si j’ai le CAP, je serai peut-être embauché ! »

Quant à M. Creismeas, il a retrouvé un emploi de formateur horloger en Suisse.

Du côté de la formation FTSH, 2 chemin de Palente à Besançon, Yannick Moricci informe qu’il y aura une rentrée en septembre prochain.

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