Charles Belle expose un univers nocturne au musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon

Publié le 23/05/2022 - 07:00
Mis à jour le 02/08/2022 - 13:24

PUBLI-INFO • Jusqu’au 18 septembre 2022, les visiteurs du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon peuvent venir admirer une vingtaine d’oeuvres peintes par l’artiste bisontin Charles Belles dans le cadre d’une grande retrospective en Bourgogne Franche-Comté. Les peintures choisies ici ne sont pas celles que vous croyez…

Afin d’offrir au public la première grande exposition monographique consacrée à Charles Belle, ne fallait-il pas moins de sept structures de Bourgogne-Franche- Comté ? Pensées comme autant de chapitres, chacune d’elles adopte un regard à la fois différent et complémentaire sur une œuvre aux facettes multiples. 

Dans ce contexte, exposer Charles Belle au musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon peut sembler une évidence, tant ce musée s’attache à mettre en regard ses propres collections et l’art contemporain. 

Si le musée a acquis 23 dessins de Charles Belle en 2006 pour son cabinet d’arts graphiques, la peinture monumentale est cette fois-ci à l’honneur. Une vingtaine d’œuvres prend ainsi place dans la grande salle d’exposition temporaire du musée. Choisies avec l’artiste avec le désir d’éveiller chez le spectateur un questionnement à la fois pictural, littéraire et philosophique, elles s’imposent par leur présence magnifique d’expressivité et frappent par la puissance de la représentation.

Des oeuvres différentes de Charles Belle

Au musée des beaux-arts et d’archéologie, l’exposition présente "quelque chose d’assez différent et d’assez inhabituel pour Charles Belle", souligne Nicolas Surlapierre, "certains connaissent ses arbres, on connaît bien ses peintures de fleurs, et finalement on ne s’est pas orienté vers cela, mais plutôt vers une réflexion sur comment la peinture est imperceptible."

L’accrochage de l’exposition s’articule autour de la grande peinture le mont analogue, issue des collections du Centre national des arts plastiques (CNAP) et de l’œuvre tous les reliefs d’une nuit qui a donné son nom à l’exposition. "D’une certaine manière, elles se répondent et conditionnent certains choix", commente Nicolas Surlapierre, directeur du musée des beaux-arts et d’archéologie, "le mont analogue est un rocher dans le Finistère qui n’est plus du tout un rocher, ça devient un mamelon, une montagne, un grand cétacé… par la peinture sur le motif, Charles Belle parvient à dépasser le motif, on est autorisé à voir autre chose et il aime bien cette idée qu’on puisse voir d’autres images au lieu de se nicher dans l’image qu’il propose, il n’y a pas une version autoritaire."

La deuxième oeuvre, tous les reliefs d’une nuit, qui a donné le nom à l’exposition, propose la vue d’un grand arbre dénudé. "Ca peut donner un sens inquiétant, mais finalement, parce qu’il y a une vie à l’intérieur, une vie faite d’images et notamment des images cachées comme souvent avec Charles Belle, c'est extrêmement intéressant, ça montre que l’arbre n’est pas seul", explique le directeur du MBAA.  

Est proposée ici une réflexion sur les différentes manières de représenter la nuit, métaphorique ou encore poétique. Une illusion de la vision nocturne révélée à travers la superposition des couleurs, une obscurité qui se prête à l’imagination, au dépassement du motif, un monde invisible s’offre à celui ou celle qui saura regarder le travail immense de Charles Belle.

"Le visiteur va voir une exposition qui est plutôt une réflexion sur la nuit, mais pas la nuit littérale, plutôt la nuit des images, la nuit de la peinture", confirme Nicolas Surlapierre, "on est dans quelque chose d’un peu sombre, mais qui prépare cette germination vers la lumière"… celle par exemple des fleurs très colorées qui font aussi le succès de l’artiste bisontin.

Un artiste vivant au musée des beaux-arts

La plupart du temps, les expositions du musée des beaux-arts et d’archéologie met en avant des oeuvres d’artistes disparus depuis de nombreuses années voire depuis plusieurs siècles. Ici, Charles Belle est parmi nous et cette différence apporte beaucoup dans l’élaboration de l’exposition selon le directeur du musée. "Quand on construit le projet de l’exposition, on le construit en fonction des logiques de collection, c’est-à-dire que c’est aussi le regard de Charles Belle sur les collections, ce qui a édicté nos choix, ça oriente le choix des oeuvres dans l’exposition et ça lui donne sa coloration qui est aussi une réflexion sur la peinture, la pérennité des formes et de certains sujets dans la peinture", explique Nicolas Surlapierre, "c’est en ça que cette exposition est différente des autres propositions sur la région".

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