Côte-d'Or : un septuagénaire condamné à 15 ans de prison pour assassinat sur fond de déception sentimentale

Publié le 30/01/2019 - 05:33
Mis à jour le 30/01/2019 - 07:38

Un homme de 78 ans a été condamné mardi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Côte-d’Or pour l’assassinat d’une sexagénaire, après s’être senti « berné » dans leur relation affective, a-t-on appris par ses avocats.

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Cette peine est inférieure aux réquisitions du ministère public, qui avait demandé une peine de 20 ans de prison à l'encontre de Jean Gay, mécanicien à la retraite, qui encourrait la perpétuité pour ces faits remontant au soir du 12 juin 2016.

M. Gay, dont la compagne était décédée en 2012, fréquentait cette retraitée de 67 ans, qu'il a retrouvée ce soir-là dans le parking souterrain de sa résidence à Talant, près de Dijon, fortement contrarié après une conversation téléphonique qu'ils avaient eue. C'est là que le corps de la victime a été découvert, l'autopsie dénombrant plus de 50 plaies au crâne, au cou ou encore au thorax.

Aux enquêteurs, qui l'interrogent après le crime, le septuagénaire reconnaît l'avoir frappée à de nombreuses reprises à l'aide d'un marteau et d'un couteau, après l'avoir aspergée d'une bombe aérosol de produit destiné à l'entretien des véhicules. Il décrit une "pulsion" après "avoir eu le sentiment d'être une nouvelle fois grugé par une femme avec laquelle il espérait entretenir une relation affective et à laquelle il avait offert plusieurs cadeaux". Pour les avocats de la défense, Me Samuel Estève et Me Pierre-Henry Billard, la victime était "une femme qui jouait avec les hommes en les prenant, les jetant, les reprenant, en en profitant économiquement".

Les conseils espéraient voir la préméditation écartée par le jury et les faits requalifiés en meurtre. "Quel qu'ait été son comportement, méritait-elle la peine de mort?", a rétorqué Me Thierry Berland, l'avocat des parties civiles, pour qui la préméditation ne faisait aucun doute.

Les jurés lui ont finalement donné raison, reconnaissant l'assassinat mais réduisant la peine demandée par l'avocat général. "Nous sommes très satisfaits", ont commenté les avocats de la défense mardi soir à l'AFP, indiquant qu'ils ne feraient pas appel.

En 2017, cent trente femmes sont mortes en France sous les coups de leur compagnon, leur petit ami ou leur ex-conjoint, selon des données communiquées par le ministère de l'Intérieur, soit une tous les trois jours.

(AFP)

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