Département du Doubs : l'opposition dénonce des “renoncements silencieux” sur le budget et le climat

Publié le 23/06/2026 - 15:00
Mis à jour le 23/06/2026 - 12:12

Dans un communiqué, suite à l'assemblée départementale de ce lundi 22 juin, le groupe d’opposition Doubs Solidaire critique fortement la gestion budgétaire et les choix politiques de la majorité départementale, évoquant notamment des écarts entre les annonces et les réalisations, ainsi qu’un recul des investissements et des politiques climatiques.

Archives © Élodie R.
Archives © Élodie R.

Le groupe estime que ”le compte administratif est le moment de vérité : il ne reflète pas ce que le Département du Doubs avait l’intention de faire, mais bien ce qu’il a réellement accompli. Et la réalité est sans appel : l’écart entre les annonces et les actes n’a jamais été aussi grand.”

Un budget en baisse et un recul marqué de l’investissement

Selon les élus de Doubs Solidaire, ”en 2025, le Département a dépensé 13,3 M€ de moins qu’en 2024, soit une récession de 2 % en valeur nominale, davantage en valeur réelle, compte tenu de l’inflation.”

Ils attribuent cette baisse principalement à l’investissement : ”cette baisse est intégralement imputable à l’effondrement de l’investissement de -20 %, alors que les dépenses de fonctionnement stagnent à +0,5 %, soit en dessous du taux d’inflation.”

Le communiqué insiste sur l’impact concret de cette évolution : ”19 M€ d’investissement en moins : c’est l’équivalent de tous les travaux sur les collèges, les routes et les ouvrages d’art reportés ou annulés. Un choix lourd de conséquences pour l’avenir de notre territoire.”

Des ajustements budgétaires jugés peu lisibles

Les élus d’opposition s’interrogent également sur la gestion en cours d’année : ”la majorité a ajouté 12 M€ au budget jusqu’à mi-novembre… pour terminer l’année en dépensant moins que ce que prévoyait le budget primitif. Comment est-ce possible ? Défaut de pilotage financier ? Manque de transparence ?”

Ils dénoncent aussi la gestion des dépenses sociales : ”les dépenses de RSA ont été sciemment minorées au budget primitif et réabondées en cours d’année pour correspondre aux besoins réels. Résultat ? Des économies ont été absorbées en silence sur d’autres postes, sans aucun débat démocratique.”

Le texte met en avant un contraste : ”alors que les dépenses de RSA augmentent de 5 % en 2025, la politique d’insertion, qui permet de remettre les allocataires du RSA sur le chemin de l’emploi, baisse, elle, de 17,5 %.”

Un excédent jugé artificiel

Pour Doubs Solidaire, l’excédent budgétaire ne refléterait pas une bonne gestion mais des arbitrages contestés : ”l’excédent constaté n’est pas un heureux hasard. Il est construit par des renoncements à l’investissement, des emprunts surcalibrés, une épargne dégagée par la sous-exécution des dépenses votées et des coupes budgétaires pour certaines invisibles.”

Le groupe s’interroge également sur l’absence de stratégie affichée et se demande : ”Où est le plan de rigueur ? Le Département ne l’a jamais présenté, encore moins expliqué aux Doubiennes et aux Doubiens. Pourtant, les économies sont bien réelles.”

Le FATCE : un recul des engagements climatiques

Le communiqué revient aussi sur le Fonds d’Adaptation à la Transition Climatique et Énergétique (FATCE), voté en 2023 : ”le FATCE (…) a été voté en grande pompe avec 6 M€ annoncés.” Selon l’opposition, sa mise en œuvre est fortement réduite : ”aujourd’hui, en pleine vague de chaleur qui symbolise tout le chemin à parcourir, le Département liquide ce fonds et tourne le dos à ses engagements.”

Les chiffres avancés sont les suivants : ”1,6 M€ retirés, soit plus de 25 % de réduction de l’enveloppe initiale. Seulement 540 000 € effectivement payés fin 2025 sur les 6 M€ votés en 2023.”

Le groupe Doubs Solidaire conclut sur une critique de la méthode de gouvernance : ”gérer une collectivité, ce n’est pas faire des économies à tout prix. C’est faire des choix clairs, les assumer et les expliquer aux citoyens.” Et d’ajouter : ”le Doubs mérite mieux que des économies invisibles et des renoncements silencieux.”

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