"Une fois de plus, le Premier ministre préfère culpabiliser ses concitoyens en les accusant de ne pas comprendre l'intérêt de la limitation de vitesse à 80 km/h.
A aucun moment, il ne remet en question son absence totale de pédagogie, qui pourtant explique en grande partie le rejet et la colère des automobilistes.
Ce qu'il qualifiait en janvier 2018 de « mesure de rupture » témoigne indiscutablement de la fausse route prise par le Premier ministre : les mesures d'une politique ambitieuse - surtout en matière de sécurité routière - doivent être empreintes d’une forte acceptabilité sociale. Si cette condition d’acceptabilité n'est pas remplie, il est illusoire de penser que l’on peut atteindre des objectifs ambitieux.
Une nouvelle fois, il ne répond pas sur le fond, évacue tout débat sur l’efficacité réelle de la mesure et fait mine d'oublier la proposition sénatoriale d’appliquer la réduction de vitesse de manière décentralisée au niveau des départements afin de l’adapter aux réalités des territoires.
Cette proposition empreinte de pragmatisme, permettra, si elle est accompagnée d'une véritable politique de prévention des comportements à risques, de donner une nouvelle impulsion à la politique de lutte contre l’insécurité routière.
Entre la parole du Président de la République favorable à une adaptation de la mesure et cette sortie du Premier ministre qui sème le doute, les députés doivent trancher : l'occasion leur est donnée en adoptant l’amendement du Sénat au projet de loi mobilité".
(Communiqué)


