En Suisse, funérailles en montagne pour un glacier disparu

Publié le 24/09/2019 - 08:38
Mis à jour le 24/09/2019 - 08:40

Comme en Islande il y a quelques semaines, des Suisse ont commémoré ce dimanche 22 septembre 2019, par une longue « marche funèbre » en montagne, la disparition d’un des glaciers alpins les plus étudiés, le Pizol, sous l’effet du réchauffement climatique.

Marche pour le glacier disparu Pizol Suisse septembre 2019 © 
Initiative pour les glaciers
@ClimatSuisse
 ©
Marche pour le glacier disparu Pizol Suisse septembre 2019 © Initiative pour les glaciers @ClimatSuisse ©

Environ 250 personnes, dont certaines étaient vêtues de noir, ont rejoint après deux heures de marche le pied de l'ancien glacier situé près du Liechtenstein et de l'Autriche, aux alentours de 2.700 mètres d'altitude.

"Nous sommes là pour dire +Au revoir+" au Pizol, a déclaré à la foule Matthias Huss, glaciologue à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich, tandis qu'Eric Petrini, l'aumonier paroissial de Mels, la commune où se situait le glacier, en a appelé "à l'aide de Dieu pour relever le défi énorme du changement climatique".

Cette cérémonie intervient à la veille du sommet spécial de l'ONU sur le climat, lundi à New York, auquel participeront plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, qui sont appelés à renforcer leurs engagements pour limiter le réchauffement du globe à 1,5°C ou 2°C par rapport à la période préindustrielle, au XIXe siècle.

En Suisse, le Pizol "a tellement perdu de sa substance que, d'un point de vue scientifique, il n'est plus du tout un glacier", a expliqué à l'AFP Alessandra Degiacomi, de l'Association suisse pour la Protection du Climat, une des ONG à l'origine des funérailles. Les participants, parmi lesquels figuraient des enfants, ont déposé des fleurs, mais aucune plaque commémorative contrairement à ce qu'avaient fait les Islandais le 18 août, à la mémoire de l'Okjökull, le premier glacier de l'île à avoir perdu son statut. Mais en Suisse comme en Islande, deux pays connus pour leurs glaciers, l'inquiétude des scientifiques est la même face au réchauffement climatique.

Pas le premier

"Depuis 1850, on estime qu'il y a plus que 500 glaciers suisses qui ont complètement disparu", dont seulement 50 avaient un nom, a expliqué à l'AFP M. Huss, quelques jours avant la cérémonie. "Alors le Pizol, ce n'est pas le premier. Mais, on peut le considérer comme le premier glacier suisse en train de disparaître qui a été très bien étudié", et ce depuis 1893, a-t-il souligné.

Le constat est sans appel : depuis 2006, il a perdu 80 à 90% de son volume. Seuls subsistent 26.000 m² de glace, soit "moins que quatre terrains de football", a raconté M. Huss.

Selon le Réseau suisse de relevés glaciologiques (GLAMOS), le Pizol appartenait à la catégorie des "glacierets", soit de très petits glaciers, qui constituent près de 80% du nombre total des glaciers suisses. Situé à une altitude relativement basse (de 2.630 à 2.780 mètres d'altitude), il dépendait des quantités de neige accumulées l'hiver.

Référendum populaire

A l'image du Pizol, les quelque 4.000 glaciers alpins, des attraits touristiques qui fournissent aussi de l'eau en été à des millions de personnes, risquent de fondre de plus de 90% d'ici à la fin du siècle si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, selon une étude de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Et quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers. Situé en Suisse, le glacier d'Aletsch, le plus grand des Alpes, pourrait ainsi disparaître d'ici à 2100 si rien n'est fait pour freiner le réchauffement de la planète.

Les funérailles du Pizol ont été, pour les ONG qui ont organisé l'événement, dont Greenpeace, l'occasion de rappeler que le changement climatique met aussi en péril "nos moyens de subsistance" et menace "la civilisation humaine telle que nous la connaissons en Suisse et dans le monde entier". C'est pour cette raison que l'Association suisse pour la Protection du Climat a d'ailleurs mis sur les rails un référendum d'initiative populaire, dit "Initiative pour les glaciers", afin d'exiger que les émissions nettes de gaz à effet de serre en Suisse soient réduites à zéro au plus tard en 2050.

L'urgence climatique étant en tête des préoccupations des Suisses aux côtés des frais de santé, le gouvernement s'est aussi emparé du dossier, déclarant à son tour fin août que la Suisse devait réduire à zéro ses émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

Un Français n’obtient pas la naturalisation suisse… après avoir tondu le gazon les jours fériés

INSOLITE • Un résident français de Clos-du-Doubs, commune suisse du canton du Jura, s’est vu refuser la naturalisation suisse lors de l’assemblée communale du canton du Jura le 10 avril 2024. Pourquoi ? Il lui a été reproché notamment d’avoir tondu sa pelouse pendant des jours fériés, rapporte nos confrères du Quotidien Jurassien.

Besançon et Montbéliard : 4.500 personnes et 3.500 véhicules contrôlés en 5 jours

Du 8 au 12 avril 2024, une opération "Place Nette" de grande ampleur s’est déroulée dans le département du Doubs. Réalisée en étroite coordination avec les procureurs de Besançon et de Montbéliard, cette action "coup de poing" s’inscrit dans le cadre des actions de lutte contre la délinquance liée aux trafics de stupéfiants, à l’économie souterraine et au proxénétisme voulues par le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer et le Garde des Sceaux. L'heure est au bilan...

Effondrement rue de Vesoul : une période charnière commence…

Les études, investigations et travaux menés jusqu’ici permettent de dire que la période actuelle est une période charnière, selon le dernier communiqué du Département du Doubs en date du 12 avril 2024 : les travaux restant à effectuer et leurs délais de réalisation pour le rétablissement de la route départementale 572 demeurent de plus en plus concrets.

La maire de Besançon harcelée en ligne après sa plainte contre les pancartes anti-migrants

La maire de Besançon Anne Vignot a annoncé vendredi 12 avril 2024 porter plainte après avoir été la cible d'un cyber-harcèlement "d'une extrême violence" faisant suite à une première plainte de l'élue contre des pancartes anti-migrants brandies dimanche lors du carnaval de sa ville.
 

Problèmes de stationnement du personnel du CHU : un syndicat ouvre le parking de la direction à tous

À 6 heures du matin mercredi 10 avril 2024, des membres du syndicat Sud Santé Sociaux du CHU de Besançon ont ouvert les parkings de la direction entourant le bâtiment blanc à tous les personnels de l’établissement hospitalier. ”Se garer au CHU, c’est dur pout tout le monde, les privilèges, ça suffit !” selon le syndicat.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 7.37
légère pluie
le 16/04 à 18h00
Vent
3.77 m/s
Pression
1014 hPa
Humidité
86 %