Entre inquiétudes mondiales et humour local, le préfet du Doubs présente ses vœux

Publié le 09/01/2026 - 11:40
Mis à jour le 09/01/2026 - 11:48

À l’occasion de la cérémonie des vœux à la préfecture, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a dressé un bilan de l’année 2025 et présenté les grandes priorités de l’État pour 2026. Comme à son habitude, il a aussi glissé une touche d’humour et de légèreté, bienvenue ”dans une période qui en manque singulièrement” , dans un contexte international tendu.

Avant même que Rémi Bastille ne prenne la parole, le vestibule de la préfecture du Doubs était déjà en musique. Des élèves du Conservatoire à rayonnement régional du Grand Besançon ont accueilli les invités avec plusieurs morceaux, dont le célèbre thème du film Le Parrain, suscitant des sourires complices de quelques cinéphiles mélomanes en ce bâtiment de la République.

Revenant sur les inquiétudes de l’an passé liées à l’absence de budget voté, le préfet a revendiqué la pertinence de ses analyses de 2025 non sans une pointe de dérision. ”Rien n’a été arrêté et malgré quelques mesures d’économies, les projets locaux (…) ont pu largement être financés”, a-t-il souligné.

Au total, 250 projets communaux et intercommunaux ont été soutenus par différents dispositifs (DETR, DSIL, Fonds vert, ANRU…), pour plus de 500 M€ versés aux collectivités du département. Pour 2026, Rémi Bastille a néanmoins averti : ”Pour que rien ne s’arrête, il nous faut un budget.”

Un territoire ”collectif” et ”résilient”

Le préfet a salué la mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux. ”En 2025, j’ai vu un territoire où les élus assument leur responsabilité, où les services publics remplissent leur mission (…) et où tous continuent à œuvrer dans l’intérêt collectif”, a-t-il déclaré.
Il a aussi rappelé que ”l’État (…) a été présent, mobilisé, partenaire” et que ”l’action publique dans le Doubs est demeurée collective, ancrée, sincère et toujours fondée sur le dialogue”.

“Le dernier kilomètre” de l’action publique

S’appuyant sur un texte du préfet Jean Debry (pendant 13 ans) au XIX? siècle sous le Second empire, Rémi Bastille a insisté sur l’importance d’une administration proche du terrain. Il a cité le principe selon lequel ”on peut gouverner de loin, mais qu’on n’administre bien que de près”.

Cette logique se traduit, selon lui, par des actions concrètes : nouvelles règles de circulation des poids lourds sur la RN83, ouverture de deux Maisons France services à Métabief et Grand-Charmont, ou encore 110 places supplémentaires d’hébergement d’urgence en 2025.

Sécurité, écologie et entreprises au cœur de 2026

Parmi les priorités, le préfet a cité la défense des valeurs républicaines telles que la laïcité, la sécurité et la lutte contre l’immigration irrégulière, la transition écologique et le soutien aux entreprises. Le bilan 2025 en matière de sécurité fait état notamment de 1.749 infractions liées au narcotrafic (+16,5 %) et de 2.952 victimes de violences intrafamiliales identifiées.

Sur le volet environnemental, il a évoqué un arrêté de protection de biotope sur près de 2 000 ha de forêt d’altitude pour préserver le grand tétras, ainsi que 27 M€ d’aides à la rénovation énergétique via l’ANAH.

Municipales et note d’optimisme

Alors que 2026 sera l’année des élections municipales, Rémi Bastille a rappelé ”la reconnaissance et la gratitude de la Nation envers les élus municipaux” après un mandat marqué par les crises.

Pour conclure, fidèle à son style, le préfet a voulu mêler gravité et légèreté : ”Le sérieux, sans la gaieté, n’est que morosité (…) La gravité, sans légèreté, n’est que pesanteur.” Un message d’équilibre et d’optimisme pour un département qu’il a qualifié de ”territoire d’action, de solidarité et d’avenir”.

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